Mobilités et croissance des aires urbaines

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Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Dynamiques territoriales de la France contemporaine
Année : 2017 | Académie : Centres étrangers

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Centres étrangers • Juin 2017

analyser des documents • 20 points

Mobilités et croissance des aires urbaines

document 1 Un exemple de mobilité au quotidien

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D’après J.-B. Bouron et P.-M. Georges, Les territoires ruraux en France, 2015.

document 2 Des Français hypermobiles

 

L’augmentation des vitesses qui favorise les déplacements a permis une dissociation des lieux de vie et d’habitat, de travail, de consommation et de loisirs. Chaque individu va ainsi pouvoir construire son territoire au sens d’espace de vie. Ce territoire va pouvoir varier au cours du temps.C’est à l’échelle locale que les transformations sont les plus visibles […] Certains individus vivent à l’échelle de leur quartier quand d’autres parcourent chaque jour des dizaines de kilomètres pour se rendre à leur travail. Pour certains, les déplacements ­domicile-travail se font entre des villes distantes de plusieurs centaines de kilomètres : ils « navettent » grâce au train à grande vitesse ou à l’avion.

 

Extrait de M. Reghezza-Zitt, La France, une géographie en mouvement, La Documentation photographique, no 8096, 2013.

document 1

1. Identifiez le lieu où Juliette et Xavier ont habité et le lieu où ils habitent aujourd’hui. (2 points)

2. Expliquez deux raisons de ce changement de lieu de vie. (6 points)

3. Relevez une contrainte liée à ce choix de lieu de vie. (2 points)

documents 1 et 2

4. Sélectionnez la proposition qui caractérise le mieux les déplacements de Xavier. Recopiez-la et justifiez votre choix. (4 points)

a) « Certains individus vivent à l’échelle de leur quartier. »

b) « D’autres parcourent chaque jour des dizaines de kilomètres pour se rendre à leur travail. »

c) « Pour certains, les déplacements domicile-travail se font entre des villes distantes de plusieurs centaines de kilomètres. »

5. Expliquez pourquoi les mobilités favorisent la croissance des aires urbaines. (6 points)

Les clés du sujet

Comprendre les documents

Le document 1 est original : il représente sur une carte les mobilités dans la vie quotidienne d’un couple. Le document 2 complète le premier en remettant en perspective ces mobilités sur un plan plus général.

Le document 1 n’est pas difficile à comprendre, mais exige une lecture précise de son contenu. Le document 2 est d’un accès plus délicat, il comporte des termes scientifiques que tu as dû voir en cours : « hypermobilité », « dissociation des lieux de vie », « espace de vie », « navetteurs ».

Répondre aux questions

1. Il faut à la fois lire les textes sur la carte et la légende de la carte.

2. Le texte associé à la carte donne les réponses. Attention à ne pas oublier un argument : il y en a trois.

3. Tu connaîs cette contrainte grâce à ton cours, mais elle figure aussi sur le document.

4. Il faut mettre en relation les idées du document 2 avec les déplacements de Xavier (pas de Juliette) du document 1. Chaque proposition correspond à une échelle de distance. Combien Xavier parcourt-il de kilomètres pour aller à son travail (doc. 1) ? N’oublie pas de justifier ton choix.

5. N’hésite pas à utiliser les documents pour illustrer tes idées.

Corrigé

Corrigé

1. Juliette et Xavier habitaient à Lyon, mais ils ont déménagé et résident désormais à La Tour-du-Pin, à 70 km de Lyon, qui se situe pratiquement à équidistance de Lyon, Chambéry et Grenoble.

Gagne des points

Pour les deux questions à 6 points (2 et 5), ta réponse doit être détaillée : rédige un développement de quelques lignes, afin de récolter tous les points.

2. Xavier et Juliette ont choisi cette localisation en couronne périurbaine par une conjugaison de facteurs : c’est d’abord un choix de vie (la campagne, mais pas le rural profond) ; l’éloignement des centres leur permet d’avoir accès à un immobilier moins cher ou plus spacieux (maison de village) ; enfin, leur localisation équidistante à trois bassins d’emplois leur permet de maximiser leurs opportunités d’emploi. L’existence de moyens de communication cadencés (train) et rapides (autoroute) leur permet cette dissociation entre lieu de résidence et lieu de travail. Le déclencheur de ce changement de vie a été, comme très souvent, la naissance de leur premier enfant.

3. La contrainte principale de ce choix de vie est la longueur des trajets (et donc leur coût). C’est particulièrement vrai pour Juliette, qui travaille à Grenoble, et fait donc 180 km aller-retour, soit 3 h 20 perdues dans les transports, 5 jours par semaine, même si elle peut occasionnellement travailler depuis chez elle (télétravail).

4. La bonne proposition est la b) : « D’autres parcourent chaque jour des dizaines de kilomètres pour se rendre à leur travail. » Aller-retour, Xavier effectue en effet 70 km entre La Tour du Pin, où il habite, et Lyon, où il travaille. C’est moins que Juliette, qui relèverait davantage de la proposition c) (180 km).

5. Les aires urbaines se composent de différents espaces, connectés entre eux par des réseaux de communication rapides. La ville-centre et la banlieue constituent l’agglomération, autour de laquelle s’étend, en tache d’huile, avec une préférence le long des axes de communication, la couronne périurbaine.

Depuis les années 1960, avec la hausse du niveau de vie des Français et le développement de l’usage de l’automobile, ces espaces périurbains se sont considérablement étendus : 25 % de la population française y résident aujourd’hui, profitant d’atouts incontestables (espace, qualité de vie, coût). L’espace périurbain grignote l’espace rural.

Gagne des points

N’hésite pas à réutiliser le vocabulaire scientifique du document 2.

Cette croissance des aires urbaines par le périurbain est liée au développement des mobilités : le développement des moyens de transport modernes (l’autoroute, LGV notamment, voire l’avion) permet une dissociation croissante des lieux de vie : habitat, travail, consommation, loisirs ne se situent plus nécessairement à courte distance. Cette « hypermobilité » maximise les atouts des espaces périurbains, favorisant ainsi la croissance des aires urbaines au prix de longues et coûteuses migrations pendulaires.