Molière, Le Malade imaginaire, acte I, scène 5

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re Générale | Thème(s) : Molière, Le Malade imaginaire - Spectacle et comédie
Type : Sujet d'oral | Année : 2020 | Académie : Inédit


Sujet d’oral • Explication & entretien

Molière, Le Malade imaginaire, acte I, scène 5

20 minutes

20 points

1. Lisez le texte à voix haute.

Puis proposez-en une explication.

Document 

En présence de sa servante Toinette, Argan vient d’annoncer à sa fille Angélique son intention ferme de la marier, non pas à son amant Cléante, mais à Thomas Diafoirus, fils d’un médecin.

Toinette. – Mon Dieu ! je vous connais, vous êtes bon naturellement.

Argan, avec emportement. – Je ne suis point bon, et je suis méchant quand je veux.

Toinette. – Doucement, Monsieur : vous ne songez pas que vous êtes malade.

Argan. – Je lui commande absolument de se préparer à prendre le mari que je dis.

Toinette. – Et moi, je lui défends absolument d’en faire rien.

Argan. – Où est-ce donc que nous sommes ? et quelle audace est-ce là à une coquine de servante de parler de la sorte devant son maître ?

Toinette. – Quand un maître ne songe pas à ce qu’il fait, une servante bien sensée est en droit de le redresser1.

Argan, court après Toinette. – Ah ! insolente, il faut que je t’assomme.

Toinette, se sauve de lui. – Il est de mon devoir de m’opposer aux choses qui vous peuvent déshonorer.

Argan, en colère, court après elle autour de sa chaise, son bâton à la main. – Viens, viens, que je t’apprenne à parler.

Toinette, courant, et se sauvant du côté de la chaise où n’est pas Argan. – Je m’intéresse, comme je dois, à ne vous point laisser faire de folie.

Argan, de même. – Chienne !

Toinette, de même. – Non, je ne consentirai jamais à ce mariage.

Argan, de même. – Pendarde2 !

Toinette, de même. – Je ne veux point qu’elle épouse votre Thomas Diafoirus.

Argan, de même. – Carogne3 !

Toinette, de même. – Et elle m’obéira plutôt qu’à vous.

Argan, s’arrêtant. – Angélique, tu ne veux pas m’arrêter cette coquine-là ?

Angélique. – Hé ! mon père, ne vous faites point malade.

Argan, à Angélique. – Si tu ne me l’arrêtes, je te donnerai ma malédiction.

Toinette, en s’en allant. – Et moi, je la déshériterai, si elle vous obéit.

Argan, se jette dans sa chaise, étant las de courir après elle. – Ah ! ah ! je n’en puis plus. Voilà pour me faire mourir.

Molière, Le Malade imaginaire, acte i, scène 5, 1673.

1. Redresser : corriger, remettre dans le droit chemin.

2. Pendarde : qui mérite d’être pendue.

3. Carogne : femme méchante, hargneuse.

2. question de grammaire. Analysez l’expression de la négation dans la phrase : « Non, je ne consentirai jamais à ce mariage. » (l. 25).

 

Conseils

1. Le texte

Faire une lecture expressive

Faites bien entendre le contraste entre les deux personnages : le ton d’Argan est celui d’un homme colérique ; Toinette, elle, est déterminée et moqueuse.

Faites sentir la vivacité comique du dialogue lorsque la course-poursuite autour du fauteuil démarre.

Situer le texte, en dégager l’enjeu

Il s’agit d’une scène de confrontation entre deux personnages : Argan et sa servante Toinette. Étudiez-en l’enjeu.

Observez qui l’emporte et mesurez la force comique de la scène.

2. La question de grammaire

Vous devez relever deux négations.

Comment est construite la seconde ? Quelle est sa portée ?

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