Père et fille (texte de A. Ernaux, photo de Niki de Saint-Phalle)

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Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Se raconter, se représenter
Type : Sujet complet | Année : 2016 | Académie : Inédit

 

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Sujet inédit • Se raconter, se représenter

50 points

Père et fille

Ce sujet regroupe tous les exercices de français de la 2de épreuve écrite.

1re partie • Analyse et interprétation de textes et de documents (1 heure)

Document A Texte littéraire

Dans cet ouvrage, Annie Ernaux retrace la vie de son père, ouvrier peu cultivé qui, en achetant un café-épicerie dans une ville de province, accède au statut de petit-commerçant.

Sous le bonheur, la crispation de l’aisance gagnée à l’arraché. Je n’ai pas quatre bras. Même pas une minute pour aller au petit endroit. La grippe, moi, je la fais en marchant. Etc. Chant quotidien.

Comment décrire la vision d’un monde où tout coûte cher. Il y a l’odeur du linge frais d’un matin d’octobre, la dernière chanson du poste qui bruit dans la tête. Soudain ma robe s’accroche par la poche à la poignée du vélo, se déchire. Le drame, les cris, la journée est finie. « Cette gosse ne compte rien ! »

Sacralisation obligée des choses. Et sous toutes les paroles, des uns et des autres, les miennes, soupçonner des envies et des comparaisons. Quand je disais, « il y a une fille qui a visité les châteaux de la Loire », aussitôt, fâchés, « Tu as bien le temps d’y aller. Sois heureuse avec ce que tu as ». Un manque continuel, sans fond.

Mais désirer pour désirer, car ne pas savoir au fond ce qui est beau, ce qu’il faudrait aimer. Mon père s’en est toujours remis aux conseils du peintre, du menuisier, pour les couleurs et les formes, ce qui se fait. Ignorer jusqu’à l’idée qu’on puisse s’entourer d’objets choisis un par un. Dans leur chambre, aucune décoration, juste des photos encadrées, des napperons fabriqués pour la fête des mères, et sur la cheminée, un grand buste d’enfant en céramique, que le marchand de meubles avait joint en prime pour l’achat d’un cosy-corner1.

La peur d’être déplacé, d’avoir honte. Un jour, il est monté par erreur en première avec un billet de seconde. Le contrôleur lui a fait payer le supplément. Autre souvenir de honte : chez le notaire, il a dû écrire le premier « lu et approuvé », il ne savait pas comment orthographier, il a choisi « à prouver ». Gêne, obsession de cette faute, sur la route du retour. L’ombre de l’indignité. […]

Devant les personnes qu’il jugeait importantes, il avait une raideur timide, ne posant jamais aucune question. Bref, se comportant avec intelligence. Celle-ci consistait à percevoir notre infériorité et à la refuser en la cachant du mieux possible. Toute une soirée à nous demander ce que la directrice avait bien pu vouloir dire par : « Pour ce rôle, votre petite fille sera en costume de ville. » Honte d’ignorer ce qu’on aurait forcément su si nous n’avions pas été ce que nous étions, c’est-à-dire des inférieurs.

Obsessions : « Qu’est-ce qu’on va penser de nous ? » (les voisins, les clients, tout le monde).

Règle : déjouer constamment le regard critique des autres, par la politesse, l’absence d’opinion, une attention minutieuse aux humeurs qui risquent de vous atteindre. […]

Je dis souvent « nous » maintenant, parce que j’ai longtemps pensé de cette façon et je ne sais pas quand j’ai cessé de le faire.

Annie Ernaux, La Place, 1983, © Éditions Gallimard.

1. Cosy-corner : meuble d’angle composé d’un lit encastré dans des étagères.

Document B Daddy, Niki de Saint-Phalle et Peter Whitehead

Cette photo est tirée du film Daddy que l’artiste Niki de Saint-Phalle a réalisé en collaboration avec Peter Whitehead en 1973, où elle explore la relation entre un père et sa fille. Dans la dernière scène du film, l’artiste tire à la carabine sur une silhouette représentant son père.

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2016 Niki Charitable Art Fondation/ADAGP, Paris – ph © Hervé Véronèse/Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN – Grand Palais

questions 20 points

Les réponses doivent être entièrement rédigées.

Sur le texte littéraire (document A)

▶ 1. Qui est la narratrice de ce texte ? Que pouvez-vous en déduire sur le genre de l’œuvre dont il est extrait ? (2 points)

▶ 2. Pour quelle raison certaines expressions sont en italique dans le premier paragraphe ? À quel niveau de langue appartiennent-elles ? Que mettent-elles en évidence ? (1,5 point)

▶ 3. a) Relevez précisément les différentes préoccupations parentales mentionnées tout au long du texte. (2 points)

b) Quel est le sentiment qui donne naissance à toutes ces préoccupations ? (1 point)

▶ 4. « La peur d’être déplacé, d’avoir honte. » (ligne 22) (1,5 point)

a) Comment le mot en italique est-il construit ?

b) Que signifie-t-il généralement ?

c) Quel sens précis prend-il dans ce texte ?

▶ 5. « Soudain ma robe s’accroche par la poche […] » (ligne 6)/« Je dis souvent “nous” maintenant […] » (ligne 41)

a) Quel est le temps et le mode dans ces phrases ? (0,5 point)

b) Justifiez son emploi dans la première phrase, puis dans la seconde. (2 points)

▶ 6. Expliquez l’épisode qui s’est déroulé chez le notaire. Quels sont les traits de caractère du père ainsi mis en évidence ? (2 points)

▶ 7. « Sacralisation obligée des choses. » (ligne 9) (1,5 point)

a) Quelle est la particularité syntaxique de cette phrase ?

b) Relevez une autre phrase construite de la même manière.

c) Pourquoi, selon vous, ce procédé est-il employé à plusieurs reprises ?

▶ 8. À votre avis, la narratrice partage-t-elle la manière de penser des parents ? Justifiez votre réponse à l’aide du texte. (2 points)

Sur le texte et l’image (documents A et B)

▶ 9. Selon vous, quels sont les éléments qui permettent de rapprocher la photo et le texte ? (2 points)

▶ 10. Quelles impressions suscitent en vous cette photo ? Le texte a-t-il produit en vous les mêmes impressions ? Pourquoi ? (2 points)

2de partie • Rédaction et maîtrise de la langue (2 heures)

dictée 5 points

Le titre, la source de l’extrait et le mot « châtié » sont écrits au tableau au début de la dictée. Le pronom « je » désigne la narratrice.

Annie Ernaux

La Place, 1983
© Éditions Gallimard

Le langage de la souffrance

Enfant, quand je m’efforçais de m’exprimer dans un langage châtié, j’avais l’impression de me jeter dans le vide. Une de mes frayeurs imaginaires, avoir un père instituteur qui m’aurait obligée à bien parler sans arrêt, en détachant les mots. On parlait avec la bouche.

Puisque la maîtresse me reprenait, plus tard j’ai voulu reprendre mon père […]. Il est entré dans une violente colère. Une autre fois : « Comment voulez-vous que je ne me fasse pas reprendre, si vous parlez mal tout le temps ! » Je pleurais. Il était malheureux. Tout ce qui touche au langage est dans mon souvenir motif de rancœur […], bien plus que l’argent.

réécriture 5 points

« Je dis souvent “nous” maintenant, parce que j’ai longtemps pensé de cette façon et je ne sais pas quand j’ai cessé de le faire. »

Réécrivez ce passage en remplaçant je par ils. Vous ferez toutes les modifications nécessaires.

travail d’écriture 20 points

Vous traiterez au choix le sujet A ou le sujet B.

Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (300 mots environ).

Sujet A

Vous avez, un jour, eu honte du comportement d’un de vos proches, que vous avez jugé « déplacé ». Racontez cet épisode, en insistant particulièrement sur les sentiments ressentis à cette occasion. Vous penserez également à mentionner le regard que vous portez aujourd’hui sur cet événement passé.

Sujet B

À votre avis, quelles raisons peuvent pousser un adolescent à vouloir se différencier totalement de ses parents ? Vous présenterez votre réflexion de manière structurée, dans un texte organisé en paragraphes.

Les clés du sujet

Les documents

Le texte littéraire (document A)

Annie Ernaux écrit ce court roman peu après la mort de son père. Celui-ci, d’origine sociale modeste, espérait que sa fille serait mieux que lui. Mais l’écart entre eux s’est creusé au fur et à mesure que la jeune Annie accomplissait les ambitions paternelles en poursuivant des études. Cette distance qui grandit entre eux est un des thèmes essentiels de ce récit autobiographique.

La photographie (document B)

Niki de Saint Phalle (1930-2002) est une artiste française célèbre pour ses sculptures gigantesques et colorées. Le film Daddy, réalisé en 1973, est souvent présenté comme un règlement de compte entre l’artiste et son père.

Travail d’écriture (Sujet A)

Recherche d’idées

Imagine une situation où l’un de tes parents (ou frères et sœurs), alors que vous vous trouviez en public, s’est comporté de manière inadaptée à la situation. Tu peux choisir différents cadres à ton histoire : une rencontre avec des professeurs, ou avec les parents d’un de tes amis par exemple.

Conseils de rédaction

Ton devoir comportera trois paragraphes. Dans le premier, tu préciseras le lieu, l’époque et les personnages concernés. Dans le deuxième, tu décriras le comportement que tu as jugé déplacé, en insistant sur tes sentiments. Dans le dernier, tu mentionneras le regard rétrospectif que tu portes aujourd’hui sur cet événement.

Travail d’écriture (Sujet B)

Recherche d’idées

Dresse la liste des raisons qui peuvent pousser un adolescent à vouloir se démarquer radicalement de ses parents : l’envie de se sentir indépendant et autonome, le désir d’intégrer un groupe dont il se sent proche par l’âge et les goûts, le rejet d’un modèle dans lequel il ne se reconnaît pas.

Conseils de rédaction

Après l’introduction, dans laquelle tu reformuleras le sujet, tu dois consacrer un paragraphe à chaque idée. Chacune de ces idées doit être expliquée et illustrée par un exemple détaillé, tiré de ton expérience personnelle, de ta culture générale ou de tes lectures. Tu peux, en conclusion, t’efforcer d’élargir la réflexion.

Corrigé

Corrigé

1re partie • Analyse et interprétation de textes et de documents

questions

Zoom

Une autobiographie est un texte où l’auteur raconte sa propre vie, à la première personne et de manière rétrospective, sans chercher à enjoliver ses souvenirs.

▶ 1. La narratrice est la fille d’un couple de petits commerçants de province. Des souvenirs d’enfance sont mentionnés (« un jour d’octobre… »). Un regard rétrospectif est aussi porté sur ces événements (« j’ai longtemps pensé de cette façon »). Ces éléments, ainsi que l’emploi du pronom « je » et les précisions du paratexte, indiquent qu’il s’agit d’un texte autobiographique.

▶ 2. Les expressions en italique dans le premier paragraphe ressemblent à des citations, à des phrases entendues maintes fois par la narratrice durant son enfance. D’un niveau de langue oral et familier, elles soulignent le faible niveau d’instruction de la famille, l’insistance sur le travail à faire et l’absence de moments de détente.

Conseil

Tu peux ajouter que ces préoccupations sont essentiellement présentées sur un mode négatif.

▶ 3. a) Les préoccupations parentales présentées sont les suivantes : ne pas gaspiller l’argent, ne pas envier les autres, ne pas avoir de désir véritable, avoir peur de mal faire, avoir honte de ne pas savoir, craindre le regard de l’autre.

b) Le sentiment de manque est le point de départ de toutes ces préoccupations. Toute la vie familiale semble assujettie à ce sentiment : dans la famille de la narratrice, on manque de temps, d’argent, de désir, de connaissances et de vocabulaire.

▶ 4. a) Le mot déplacé est construit à l’aide du préfixe privatif dé–, suivi du radical plac–, auquel on a rajouté le suffixe –é servant à former l’adjectif.

b) « Déplacé » signifie « qui a changé d’endroit », « qui n’est plus à sa place ».

c) Le mot garde son sens littéral dans le texte : le père, en délaissant son milieu social d’origine, n’est plus à sa place, à l’endroit où il est né. Il prend aussi son sens figuré : le père craint d’avoir un comportement inadapté, malvenu ou grossier.

▶ 5. a) Dans ces deux phrases, les verbes sont conjugués au présent de l’indicatif.

b) Dans la première phrase, ce temps est utilisé pour raconter un souvenir passé : c’est un présent de narration. Dans la seconde, ce temps fait référence au moment de l’écriture : c’est du présent de l’énonciation.

▶ 6. N’ayant jamais eu l’occasion d’employer la formule juridique « lu et approuvé », le père, alors qu’il se trouve chez le notaire, choisit une autre orthographe. Sa bévue l’obsède sur le chemin du retour. L’épisode permet de mieux comprendre le caractère du père : il a honte de son ignorance.

▶ 7. a) Il s’agit d’une phrase nominale, sans verbe.

b) On peut relever d’autres phrases construites selon le même procédé : « Chant quotidien », « Un manque continuel, sans fond », « L’ombre de l’indignité ».

c) Ce procédé peut donner à ces énoncés la valeur d’une vérité, d’un jugement rendu par la narratrice. Il peut aussi, par l’économie de mots qu’il implique, rappeler la mentalité familiale où tout compte.

▶ 8. L’emploi du pronom personnel nous, dans lequel la narratrice s’inclut, indique qu’elle partageait cet état d’esprit de manque perpétuel lorsqu’elle vivait avec ses parents. Mais la dernière phrase de l’extrait précise que cela a ensuite changé : « […] j’ai longtemps pensé de cette façon et je ne sais pas quand j’ai cessé de le faire. »

▶ 9. Le texte et la photo traitent tous deux des rapports entretenus entre un père et sa fille. Dans les deux documents, ce rapport n’est pas envisagé sur le mode de la tendresse. Une différence est néanmoins indéniable : dans le texte, la fille semble partager la souffrance paternelle ; la photo tirée du film donne en revanche une image d’opposition violente entre la fille et son père.

▶ 10. La photo, en montrant une image de jolie femme prenant plaisir à tirer, est dérangeante : le plaisir et la violence sont mêlés, la relation entre père et fille est brutale. Le texte en revanche, en traitant surtout d’une souffrance subie et partagée entre père et fille, peut susciter la compassion et la tristesse, mais pas le rejet.

2de partie • Rédaction et maîtrise de la langue

dictée

POINT MÉTHODE

1 Attention à ne pas confondre passé simple et imparfait, pour la 1re personne du singulier des verbes du premier groupe. La prononciation est en effet presque semblable (je pleurai/je pleurais). Pour reconnaître le temps utilisé, change de personne (nous pleurâmes/nous pleurions).

2 Pour différencier le participe passé en –é de l’infinitif en –er des verbes du premier groupe, remplace la forme par un infinitif du troisième groupe et vois si cela fonctionne (l’impression de me jeter/de me battre ; il est entré/il est battre battu).

3 Souviens-toi que le participe passé employé avec avoir peut s’accorder avec le COD si celui-ci est placé avant le verbe : qui m’aurait obligée (m’, COD, est mis pour la narratrice ; l’accord se fera donc au féminin singulier).

Enfant, quand je m’efforçais de m’exprimer dans un langage châtié, j’avais l’impression de me jeter dans le vide. Une de mes frayeurs imaginaires, avoir un père instituteur qui m’aurait obligée à bien parler sans arrêt, en détachant les mots. On parlait avec la bouche.

Puisque la maîtresse me reprenait, plus tard j’ai voulu reprendre mon père […]. Il est entré dans une violente colère. Une autre fois : « Comment voulez-vous que je ne me fasse pas reprendre, si vous parlez mal tout le temps ! » Je pleurais. Il était malheureux. Tout ce qui touche au langage est dans mon souvenir motif de rancœur […], bien plus que l’argent.

réécriture

Les modifications sont mises en couleur.

« Ils disent souvent “eux” maintenant, parce qu’ils ont longtemps pensé de cette façon et ils ne savent pas quand ils ont cessé de le faire. »

travail d’écriture

Voici un exemple de rédaction sur chacun des deux sujets.

Attention les titres en couleur ne doivent pas figurer sur ta copie.

Sujet A

[Présentation du cadre] Lorsque j’ai eu onze ans, mes parents et moi avons quitté la région parisienne, pour aller habiter dans le sud de la France, à Aubagne. J’ai donc fait ma rentrée en classe de cinquième dans un nouvel établissement, où tout était déroutant pour moi : le climat, les habitudes vestimentaires, l’accent. J’étais pourtant parvenu à me couler assez rapidement dans le moule et à ne pas trop me faire remarquer.

Conseil

Pour exprimer tes sentiments, utilise des adjectifs, des expressions, des figures de style ou encore des pensées rapportées au discours indirect libre.

[Le comportement déplacé] Mais c’était sans compter sur mon parrain, qui un jour me couvrit de honte devant toute ma classe. Mon parrain, espagnol, qui séjournait chez nous pour deux semaines, décida de venir me chercher au collège. Il arrriva en avance, et comme je lui avais donné une copie de mon emploi du temps il décida d’aller me chercher dans ma classe. Par malheur, comme la gardienne n’était pas à l’entrée, rien ne pu empêcher sa progression inexorable vers la salle où le cours de mathématiques se déroulait. Il a frappé, est entré, m’a fait un signe de reconnaissance, puis a serré la main et s’est présenté à M. Laveuve, qui avait du mal à cacher son irritation d’être ainsi interrompu. J’étais anéanti : mon parrain ne se rendait-il pas compte que son comportement était totalement déplacé ? Pétrifié sur ma chaise, je baissais la tête, n’osant affronter les regards moqueurs de mes camarades. Il faut dire que mon parrain parle avec un très fort accent espagnol et s’embrouille un peu avec la grammaire française. Sans avoir le moins du monde conscience d’être importun, il remercia chaleureusement M. Laveuve de sa bienveillance envers nous avant d’aller m’attendre dehors. Partagé entre la honte et la colère, je fis semblant de ne pas le voir quand je sortis quelques instants plus tard.

[Le regard rétrospectif] Mon parrain était une personne raisonnable. Je me suis longtemps demandé ce qui lui avait pris d’agir de cette manière. J’ai mis du temps à saisir qu’il s’agissait simplement d’une méconnaissance des usages du système scolaire français. Je lui pardonne aujourd’hui bien volontiers cette bévue, pour laquelle j’ai pourtant refusé de lui parler pendant pratiquement tout le reste de son séjour.

Sujet B

[Introduction] Il est courant de voir des adolescents se différencier radicalement de leurs parents. Ces différences se manifestent dans des domaines variés : l’apparence physique, le comportement, ou même les croyances. Quelles sont alors les raisons qui poussent la nouvelle génération à ne pas ressembler à celle de ses parents ?

Conseil

Pense à utiliser des connecteurs logiques pour introduire tes exemples.

[Adopter les codes de sa génération] On peut, en premier lieu, s’arrêter sur les codes de l’apparence. Les modes changent vite, et les codes sont très différents d’une génération à l’autre. Un jeune peut donc adopter un style bien distinct de celui de ses parents. Ainsi, j’ai un ami qui a adopté la coiffure bien reconnaissable d’un célèbre footballeur, ce que ses parents n’acceptent pas du tout.

[Se sentir indépendant] Grandir, c’est aussi s’émanciper de la tutelle de ses parents. En grandissant, un jeune apprend à avoir ses jugements propres, qui ne seront pas toujours les mêmes que ceux de ses parents. L’apprentissage de l’autonomie passe alors par une opposition. En effet, il n’est pas rare de voir des jeunes adopter des opinions politiques ou des croyances religieuses tout à fait contraires à celles de leurs parents.

[Rejeter un modèle] Enfin, en grandissant, certains entrent dans un monde qui ne ressemble pas à celui de leurs parents ; ils vont alors rejeter l’ancien modèle pour adopter le nouveau. C’est ce que laisse entendre, par exemple, le texte d’Annie Ernaux. En faisant la connaissance, par le biais de ses camarades de classe, d’un monde plus aisé et plus éduqué, la jeune Annie connaît une situation difficile, où elle est amenée à rejeter le monde parental pour se conformer à celui de ses camarades de classe.

[Conclusion] Une génération nouvelle se construit donc souvent en opposition avec la précédente. Cette opposition se révèle souvent positive : on apprend ainsi à s’affirmer et à exprimer sa singularité.