Peut-on être soi-même devant les autres ?

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle L | Thème(s) : Autrui
Type : Dissertation | Année : 2016 | Académie : Amérique du Nord

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Amérique du Nord • Mai 2016

dissertation • Série L

Peut-on être soi-même devant les autres ?

Les clés du sujet

Définir les termes du sujet

Être soi-même

Cette expression met l’accent sur la singularité de chacun. En tant qu’êtres humains, nous avons des caractères communs qui justifient notre appartenance à la même espèce. Chaque individu est aussi caractérisé par des particularités qui le rendent unique. Cela justifie des considérations ontologiques, c’est-à-dire qui concernent la nature de notre être.

Mais cette identité a aussi une dimension morale. Elle est synonyme d’authenticité et s’oppose au sentiment d’être aliéné. Être soi-même est donc aussi un objectif. Nous nous efforçons de l’être en dépit de certains obstacles qui nous éloignent de ce que nous sommes vraiment.

Devant

L’adverbe « devant » signifie « en face de » ou « face à ». Il est important dans le cas de la relation à autrui. Autrui est, spontanément, celui que nous voyons et qui nous voit. La relation de vis-à-vis est fondamentale comme le montre le thème du regard chez Sartre.

Les autres

Le pluriel « les autres » est synonyme d’autrui avec une légère nuance. Il s’agit de l’ensemble de nos semblables et non de quelqu’un en particulier. « Les autres » et moi existons dans un monde commun que nous constituons par nos relations. L’imprécision du terme indique qu’il ne s’agit pas de mettre d’abord l’accent sur un rapport particulier comme l’amour ou l’amitié, mais de comprendre comment chacun se définit en partie grâce aux interactions avec ses semblables.

Dégager la problématique et construire un plan

La problématique

La problématique est double. Il faut associer les dimensions ontologique et morale.

Le plan

Sur le premier point, il s’agit d’étudier les rapports existant entre notre être et celui des autres. Nous sommes semblables et tous différents. Quelle est l’importance des autres dans la définition de soi ? Comment suis-je quand je me trouve devant eux ? Comment affectent-ils mon être ?

On suspecte que la présence des autres puisse nous aliéner. Est-ce fondé ? L’idée d’aliénation justifie l’introduction de considérations morales car elle est synonyme de dépossession.

Être devant les autres nous prive-t-il de notre authenticité et de notre liberté ? Est-il légitime de considérer nos semblables comme des obstacles à la connaissance et à la réalisation de notre singularité ?

Éviter les erreurs

Il ne faut pas multiplier les exemples en pensant que ce procédé tiendra lieu d’analyse. Il faut également éviter un traitement purement psychologique qui expose des sentiments sans problématiser le sujet.