Pôle « Politiques et dispositifs pour favoriser le bien-être social »

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ST2S | Thème(s) : La santé et le bien être social

Sujet de type Bac

L’épreuve de sciences et techniques sanitaires et sociales permet d’évaluer les compétences suivantes :

– identifier et analyser les besoins de santé et de bien-être social des individus et des groupes ;

– caractériser un ou plusieurs faits sanitaires et sociaux ;

– mettre en évidence le lien entre une demande sociale et les politiques sanitaires et sociales, les dispositifs qui concourent à les mettre en œuvre et les institutions concernées ;

– mobiliser les connaissances du programme ;

– analyser, argumenter, synthétiser ;

– exploiter les documents avec pertinence (en particulier : sélectionner, trier et hiérarchiser les informations) ;

– rédiger avec clarté et rigueur.

Le sujet est constitué d’un dossier documentaire et de questions relatives aux publics, aux politiques sanitaires et sociales, aux dispositifs institutionnels. Le dossier documentaire est composé de textes, de graphiques, de tableaux, etc. Le sujet, qui ne contient pas plus de 6 annexes, n’excède pas 6 pages. Les sujets d’étude sont inédits. Les sujets Bac proposés contiennent une partie des annexes.

Sujet d’étude n° 1 : Le plan national de prévention et de lutte contre Ebola - 2015

La maladie à virus Ebola : risque de diffusion mondiale

L’extension de la maladie à virus Ebola, identifiée en 1976, est restée limitée jusqu’à 2014 à des flambées contenues dans des zones géographiques restreintes, faisant au maximum quelques centaines de victimes et qui cessaient le plus souvent en quelques semaines sous le double effet de la réponse sanitaire et de la faible densité de population. L’épidémie qui a été notifiée à l’OMS en mars 2014 s’est au contraire fortement développée dès lors que des mouvements de personnes l’ont étendue à des zones urbaines de forte densité.

Alors que l’augmentation du nombre de cas officiellement déclarés ne ralentit pas, la probabilité d’introduction du virus dans nos pays n’est désormais plus marginale et il convient d’y être prêt.

Par ailleurs, des communautés françaises parfois importantes vivent dans des pays menacés mais aussi, pour certains d’entre eux, déjà confrontés à l’épidémie.

Au-delà de son aspect sanitaire, la maladie à virus Ebola, pourrait entraîner, par les craintes qu’elle suscite, des perturbations de la vie sociale, y compris dans le système de soins, les transports voire l’éducation.

Source : Plan national de prévention et de lutte « Maladie à virus Ebola » n° 600/SGDSN/PSE/PSN du 12 novembre 2014

Pour lutter contre la pandémie Ebola, de nombreux organismes au niveau national et international sont mobilisés. Après avoir expliqué en quoi consiste un plan national (1), vous donnerez trois exemples d’organismes impliqués dans la lutte en expliquant leurs rôles (2).

Sujet d’étude n° 2 : Le cancer

En 2012, le nombre de nouveaux cas de cancer en France métropolitaine est estimé à 355 000 dont 200 000 chez l’homme et 155 000 chez la femme. Les cancers de la prostate, du sein, du côlon-rectum et du poumon sont les cancers les plus fréquents.

En 2012, le nombre de décès par cancer est estimé à 148 000 (85 000 hommes et 63 000 femmes). Le cancer du poumon reste de loin le cancer le plus meurtrier chez l’homme avec 21 300 décès estimés, devant le cancer colorectal et le cancer de la prostate. Chez la femme, le cancer du sein se situe en tête de la mortalité, avec 11 900 décès, devant le cancer du poumon et le cancer colorectal.

Source : Institut National du cancer, janvier 2015.

Pourquoi peut-on dire que le cancer est un problème de santé publique en France en 2015 ?

Sujet d’étude n° 3 : Les principales causes de décès en 2010

Répondez aux questions à partir du tableau ci-dessous.

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Source : INSERM-CépiDc. Champ : France métropolitaine

1. Qu’entend-on par taux de mortalité ; taux de mortalité infantile ?

2. Commentez le tableau en mettant en évidence les tendances.

3. Expliquez la diminution du taux de mortalité en France. Quels constats faites-vous ?

4. À partir de vos connaissances, expliquez les causes des disparités en matière de santé.

Sujet de type Bac n° 4 (extrait)

« Il y a un impératif d’équité à considérer les inégalités sociales de santé. C’est une des fonctions de l’État de veiller à la santé de la population. L’accès aux soins et à la santé fait partie des droits de la personne humaine et ce droit est affirmé dans de nombreux textes fondateurs de notre pays ».

Rapport du Haut Comité de Santé Publique, « Les inégalités sociales de santé : sortir de la fatalité », décembre 2009.

« L’objectif de notre système de santé est d’améliorer l’état de santé de la population dans son ensemble et de chacun en particulier, quelle que soit son origine ou son appartenance sociale. Mais, il faut bien reconnaître qu’il peine. Si l’espérance de vie de toutes les catégories sociales augmente, la progression est plus rapide pour les plus favorisés ».

D’après Chantal CASES, Directrice de l’INED(1) et membre du Haut Comité de Santé publique, décembre 2010.

Construisez une réponse argumentée

1. Identifiez les facteurs d’inégalités sociales de santé en France.

2. Parmi les plus démunis, la population des migrants est particulièrement exposée à des problèmes de santé. Caractérisez l’état de santé des migrants en France (votre réponse doit s’appuyer sur les annexes 2 et 3).

ANNEXE 2

Repère sur la santé des migrants

Dans la population immigrée (5 millions en France en 2006 selon l’INSEE), hommes et femmes sont désormais aussi nombreux, par l’effet notamment du regroupement familial. Le niveau de formation s’est nettement élevé pour les immigrés, tout comme pour l’ensemble de la population. Compte tenu du vieillissement des populations résidant depuis longtemps sur le territoire, l’âge moyen des immigrés est plus élevé (45 ans) que celui du reste de la population (38,5 ans). Quatre immigrés sur dix résident en Ile-de-France, un sur dix en Rhône-Alpes et un sur dix en Provence- Alpes-Côte d’Azur.

Estimé entre 200 000 et 400 000 personnes par le ministre de l’Intérieur en 2006, le nombre des étrangers en séjour irrégulier reste très largement sujet à caution(1). Contraints de vivre hors de leur pays d’origine pour des raisons politiques et/ou médicales, les exilés sont originaires de régions très diverses : principalement Europe de l’Est hors Union européenne (37 % des demandeurs d’asile, 27 % des réfugiés), Afrique centrale (25 % des « étrangers malades », 15 % des réfugiés), Asie de l’Est (26 % des réfugiés), Afrique du Nord (22 % des « étrangers malades »), Afrique de l’Ouest (29 % des « étrangers malades »), Asie du Sud (15 % des réfugiés) et Caraïbes (12 % des demandeurs d’asile).

Une vulnérabilité particulière

Lorsqu’elle s’apparente à un déracinement, la migration peut être vécue comme une rupture, source de déséquilibres de tous ordres. Au-delà de l’obstacle linguistique, les migrants se heurtent à d’importantes difficultés de compréhension du fonctionnement du pays d’accueil. La résolution des difficultés d’ordre administratif, économique et social est prioritaire par rapport à la nécessité de prendre soin de sa santé. Le système de soins paraît opaque aux primo-arrivants et la communication avec les professionnels de santé est rendue difficile par la confrontation de représentations et d’expressions différentes de la maladie. De plus, certains migrants sont fragilisés sur le plan psychologique - et physique - par des antécédents de violence au pays d’origine, comme les exilés victimes de torture ou les femmes victimes de mutilation sexuelle.

La vulnérabilité liée à la migration ou à l’exil est renforcée par une exposition particulière à la précarité sociale. Les migrants sont plus souvent en situation précaire que le reste de la population : revenus inférieurs de 32 %, niveau de vie inférieur de 26 %, risque de chômage plus élevé, conditions de logement moins favorables. De surcroît, ils sont exposés à des phénomènes de précarisation spécifiques, notamment du fait de leur statut juridique pour les étrangers en séjour précaire (obstacles à l’hébergement et à l’emploi, exploitation économique), et de discriminations, en particulier dans le domaine de l’accès aux soins.

Des données épidémiologiques utiles mais insuffisantes

En termes de morbidité, les données épidémiologiques caractérisant les migrants sont rares. Pourtant, le recensement de « l’origine » des individus est autorisé dès lors que celle-ci est définie par des variables sociodémographiques classiques (lieu de naissance, nationalité, nationalité des parents, etc.).

S’agissant des maladies infectieuses, les études de l’Institut national de veille sanitaire

(InVS) permettent d’observer des taux de prévalence significativement plus importants dans certaines populations étrangères que dans le reste de la population, en particulier pour le VIH, les hépatites virales chroniques et la tuberculose.

Une approche « par conglomérats » (2) faisant la somme de travaux et rapports réalisés sur des échantillons restreints de migrants permet également d’établir un certain nombre d’hypothèses sérieuses sur la santé des migrants. Selon le rapport de l’Anaem (Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrants), réalisé à partir des résultats de 8086 visites médicales obligatoires en mai et novembre 2005, l’obésité, les maladies cardio-vasculaires et le diabète sont les principaux pourvoyeurs de maladies chroniques des étrangers bénéficiaires d’une carte de résident. Les résultats des bilans de santé proposés par le Comede (Comité médical pour les exilés) à 20 000 patients exilés, suivis entre 2000 et 2006, mettent en évidence trois principaux groupes de pathologies : psycho-traumatismes, maladies infectieuses (dont le diagnostic est effectué en France dans 94 % des cas) et maladies chroniques.

Au-delà de l’approche par pathologies, une approche par populations permet de mettre en évidence une plus grande vulnérabilité de certains groupes démographiques : les enfants (deux tiers des enfants défenestrés sont d’origine étrangère), les femmes (prévalence plus élevée de grossesses non désirées et de complications obstétricales chez les étrangères), ou encore les personnes âgées vivant en foyer (capital santé fortement dégradé, vieillissement précoce).

Des difficultés d’accès aux soins

Au cours des vingt dernières années, l’exclusion des soins est apparue comme l’un des grands problèmes de santé en France. Les pouvoirs publics y ont répondu par une succession de réformes conduisant à favoriser l’accès aux soins des Français et des étrangers en séjour stable, au prix toutefois de l’exclusion progressive des étrangers en séjour précaire. Or, pour des patients très démunis financièrement, seule l’obtention d’une protection maladie intégrale (base et complémentaire) permet de garantir la continuité des soins, au-delà des premiers soins, qui peuvent être délivrés dans les dispositifs de soins « gratuits ». Bien qu’ils aient théoriquement droit à une telle protection au terme d’une période de résidence de trois mois, les étrangers en séjour précaire restent confrontés par la suite à la complexité de la réglementation et à sa méconnaissance par les acteurs du système de santé, y compris la Sécurité sociale. Et, si leur intervention permet de résoudre les principales difficultés d’accès à la protection maladie, les associations et professionnels spécialisés sont impuissants face à d’autres problèmes d’accès aux soins, comme l’inexistence d’un service public d’interprétariat(3) ou encore les refus de soins de la part de certains professionnels de santé à l’encontre des bénéficiaires de l’AME ou de la CMU.

Élodie Aïna STANOJEVICH, Arnaud VEISSE, www.inpes-sante.fr, consulté en juillet 2011

(1) sujet à caution : dans ce contexte, difficile à évaluer.

(2) par conglomérats : en réunissant et en confrontant des sources et des données.

(3) Service public d’interprétariat : service qui met à disposition des interprètes qualifiés.

ANNEXE 3

État de santé des migrants et taux de recours aux généralistes et aux spécialistes

Données exprimées en pourcentages

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*Afin d’approcher les besoins de soins, trois questions du mini module santé proposé par Eurostat sont utilisées : « Déclarer avoir un état de santé général moyen, mauvais ou très mauvais versus un état de santé général bon ou très bon » ; « Déclarer avoir une ou plusieurs maladies chroniques » ; « Déclarer être limité dans ses activités depuis au moins six mois en raison d’un problème de santé »..

D’après l’enquête décennale de santé 2002-2003 (Insee), « Le recours aux soins de ville des immigrés en France », Irdes, Questions d’économie de la santé n° 146, septembre 2009.

Corrigé

Sujet d’étude n° 1

1. Un plan interministériel définit une stratégie générale et plurisectorielle de prévention et de lutte contre une maladie.

Il est un outil d’aide à la décision pour les responsables gouvernementaux, les représentants de l’État au niveau territorial et à l’étranger. Il s’adresse également aux élus des collectivités locales, aux professionnels de santé et assimilés, ainsi qu’aux décideurs de nombreux domaines de la vie publique.

2. L’Institut de veille sanitaire (InVS) met en ligne quotidiennement un point épidémiologique sur le nombre de cas en France et dans le monde. Ce point permet de connaître, au jour le jour le nombre de cas en France.

Le ministère de la Santé travaille sur la préparation à la pandémie humaine, en lien avec le secrétariat d’État à l’Enseignement supérieur et à la recherche. Son action porte principalement sur la coordination des services et des agences sanitaires de veille, d’expertise et de communication (InVS, ANSM, INPES, ANSES), l’information et la formation de l’ensemble des professionnels de santé, la communication, l’information, et la sensibilisation des Français sur ce risque. Il assure aussi la coordination européenne et la mobilisation internationale sur la lutte contre le virus.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) joue le rôle de chef de file dans la lutte contre Ebola et crée des partenariats. Elle fixe les priorités de la recherche et incite à acquérir, appliquer et diffuser des connaissances utiles. Elle définit des politiques fondées sur des données probantes. Elle surveille l’évolution de la pandémie et évalue les tendances en matière de santé.

Sujet d’étude n° 2

Le cancer est, en France, la première cause de mortalité et le premier facteur de risque d’affection de longue durée. Le cancer est responsable d’un tiers des décès masculins et d’un quart des décès féminins ; 97 % des personnes décédant du cancer ont plus de 44 ans. Le cancer du poumon reste le plus meurtrier (26 624 décès en 2005) et touche majoritairement les hommes (78 % des 31 000 cas en 2005). Toutefois, la mortalité par cancer du poumon diminue chez l’homme alors qu’elle augmente de façon préoccupante chez la femme entre 2000 et 2005 (+ 4,2 % par an) en lien avec l’évolution du tabagisme. Le cancer n’est pas une maladie nouvelle, mais avec l’augmentation de l’incidence et du nombre de personnes atteintes, il est devenu un véritable enjeu de santé publique. Au cours du xxe siècle, la lutte contre le cancer s’est progressivement institutionnalisée. Elle rassemble aujourd’hui l’ensemble des parties prenantes : les malades, les professionnels de santé, les pouvoirs publics, le milieu associatif concerné. Au fur et à mesure de cette institutionnalisation, les objectifs de l’action publique se sont structurés autour d’enjeux tant médicaux, que scientifiques, économiques et humains. Le plan cancer 2014-2015 a pour objectifs de :

– donner à chacun les mêmes chances de guérir ;

– mettre plus rapidement les innovations au service des malades ;

– prévenir et dépister pour éviter de nouveaux cas de cancer et faire reculer la maladie ;

– améliorer la vie des personnes touchées pendant et après la maladie pour donner à la personne malade sa place dans la société ;

– investir dans la recherche pour une médecine de plus en plus personnalisée.

Sujet d’étude n° 3

1. Taux de mortalité : nombre de décès rapportés à la population.

Taux de mortalité infantile : pourcentage des enfants de moins de un an décédés au cours d’une année civile par rapport aux naissances de la même année.

2. Le nombre de décès atteint 539 083 en 2011 en France métropolitaine. Les principales caractéristiques des causes de mortalité en France :

– les tumeurs (29,5) et les maladies cardio-vasculaires (26,4) représentent les deux premières causes de mortalité : on note une surmortalité masculine due aux tumeurs, en particulier du larynx, bronches et poumon ;

– les causes externes (accidents, suicides) représentent 6,9 : on note une surmortalité masculine.

3. Les progrès de la médecine et l’évolution des modes de vie ont permis de diminuer le taux de mortalité et ont augmenté l’espérance de vie dans les pays industrialisés. En revanche, d’autres maladies, notamment les maladies cardio-vasculaires (surtout pour les plus de 70 ans), les tumeurs (en particulier chez les 35-70 ans), les morts violentes (notamment le suicide), les maladies de l’appareil respiratoire sont les principaux groupes de causes de décès.

4. L’espérance de vie des ouvriers est inférieure à tout âge à celle des enseignants ou des cadres. On estime le décalage des niveaux de santé entre Français à environ 4 ans. Ces inégalités commencent dès la naissance. Les causes de ces inégalités de santé sont nombreuses et complexes (travail, mode de vie, accès aux soins, éducation…). Les dépenses de santé des Français varient beaucoup selon la catégorie professionnelle. À âge et sexe comparables, les ouvriers non qualifiés déboursent moins en consultations médicales que les autres catégories. Les personnes disposant d’une assurance complémentaire consomment plus de médicaments que celles qui n’en disposent pas. L’écart entre hommes et femmes reste stable (7 ans). Les femmes vivent plus longtemps, quelle que soit la catégorie sociale. Les ouvrières ont en moyenne 47 ans à vivre à l’âge de 35 ans, soit davantage que les cadres masculins.

Sujet de type Bac n° 4

1.Introduction

La France a connu une importante amélioration de l’état de santé de sa population, comme en attestent des indicateurs de santé publique : allongement de l’espérance de vie, net recul de la mortalité infantile, etc.

Problématique

Pourtant, les progrès accomplis ne profitent pas à tous de manière équitable. L’amélioration de la santé a été plus importante pour les catégories sociales favorisées. Par exemple, les cadres ont gagné plus d’années de vie que les ouvriers : à ce jour, à 35 ans, un ouvrier a une espérance de vie réduite de sept ans par rapport à celle d’un cadre ou d’un professionnel libéral. Cet écart est de trois ans pour les femmes. Le constat est identique si l’on analyse les différences entre catégories socioprofessionnelles pour les indicateurs de morbidité, de santé perçue, d’incapacités ou d’invalidité, ou pour des pathologies spécifiques… (enquêtes et études de l’Insee, l’Irdes, l’Inserm, la Drees, etc.).

Ces écarts de mortalité selon la catégorie socioprofessionnelle se sont aggravés chez les hommes, alors qu’ils demeurent stables pour les femmes. Par ailleurs, au sein même du pays, s’ajoutent des disparités régionales.

Déterminants de santé

L’épidémiologie clinique a permis de faire des progrès dans l’identification de facteurs de risque (par exemple, l’alcool, le tabac, etc.) responsables de pathologies clairement identifiées comme les premières causes des décès en France (cancer, pathologies cardio-vasculaires, etc.). D’autres facteurs pour lesquels un lien direct n’est pas établi (comme l’est, par exemple, le lien entre tabac et cancer du poumon) apparaissent statistiquement liés à l’état de santé. Ces facteurs, appelés déterminants sociaux de la santé, sont multiples, semblent agir en interactions complexes et avoir un lien avec la répartition socialement observée des comportements défavorables à la santé. Les déterminants structurels sont liés au contexte politique et économique du pays. Ils influent sur la stratification sociale et économique du pays et donc sur la répartition sociale de la population en fonction du revenu, de l’éducation, de la profession, du sexe, de ses origines ethniques. On y trouve : la gouvernance, les politiques macroéconomiques, les politiques sociales, les politiques publiques, la culture et les valeurs de la société, les revenus, l’éducation, l’occupation, la puissance, le prestige, etc. Ces déterminants ont un impact sur la distribution inégale des déterminants intermédiaires.

Les déterminants intermédiaires de l’état de santé renvoient aux conditions matérielles, psychologiques, aux comportements, aux facteurs biologiques et génétiques, ainsi qu’au rôle de l’accès au système de santé. Parmi les éléments pris en compte, on citera pour les conditions matérielles : le logement, la qualité de quartier, la consommation potentielle (c’est-à-dire les moyens financiers d’acheter des aliments sains, des vêtements chauds, etc.), l’environnement physique du travail. Les facteurs psychosociaux renvoient au stress des conditions de vie et de travail, aux relations et au soutien social. Les comportements concernent la nutrition, l’activité physique, la consommation de tabac et d’alcool, qui ont une répartition socialement stratifiée entre les différents groupes sociaux.

Conclusion

Outre la classe sociale, les comportements individuels à risque, de multiples déterminants sociaux autres jouent un rôle dans la construction des inégalités.

2.Votre réponse doit s’appuyer sur les documents.

Les indicateurs de morbidité chez les populations migrantes sont rares. Néanmoins, des études menées par l’InVS, des organismes comme l’Anaem (Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrants) ou les diagnostics faits en France, permettent d’avoir des données par pathologies ou par populations. Du point de vue des pathologies, les taux de prévalence des maladies infectieuses, en particulier pour le VIH, les hépatites virales chroniques et la tuberculose, mettent en évidence des taux plus importants dans certaines populations étrangères que dans le reste de la population. Par ailleurs, l’obésité, les maladies cardio-vasculaires et le diabète sont la cause de maladies chroniques des étrangers. Les principales pathologies sont les psycho-traumatismes, les maladies infectieuses et les maladies chroniques. L’approche par populations permet de mettre en évidence une plus grande vulnérabilité de certains groupes démographiques comme les enfants, les femmes, ou encore les personnes âgées vivant en foyer.

31,2 % des migrants ont une mauvaise santé perçue (contre 25 % dans la population générale). Le recours aux médecins est inférieur à la moyenne. Les difficultés d’accès à la continuité des soins mais aussi la communication difficile avec les professionnels de santé due à des représentations différentes de la maladie, expliquent la vulnérabilité de ces populations qui placent souvent la santé en second plan après la résolution des difficultés administratives économiques et sociales. Si les migrants peuvent bénéficier d’une couverture médicale (AME ou CMU), beaucoup n’en ont pas (34,5 % contre 7,2 %) ce qui freine le recours au système de santé.