Pôles et espaces majeurs de la mondialisation

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle L - Tle ES | Thème(s) : Les territoires dans la mondialisation
Type : Composition | Année : 2013 | Académie : Antilles, Guyane
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Pôles et espaces majeurs de la mondialisation

Les territoires dans la mondialisation

Corrigé

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Géographie

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Antilles, Guyane • Juin 2013

composition

Vous pouvez vous appuyer notamment sur l’étude d’une ville mondiale menée en classe cette année.

  • Il faut ici présenter les pôles et les espaces majeurs de la mondialisation en prenant en compte à la fois leurs fonctions dans le processus de mondialisation et leurs profils. Le sujet insiste explicitement sur la nécessité de s’appuyer sur des exemples. Il y a ici deux écueils à éviter :
  • n’étudier qu’un pôle de la mondialisation : il ne s’agit pas de réciter l’étude de cas, mais de l’utiliser pour trouver les idées et les exemples, tout en la complétant, si possible, par d’autres lieux ;
  • étudier l’ensemble du processus de mondialisation. L’étude doit être conduite de manière fine et s’intéresser aux seuls pôles de la mondialisation.
  • Un pôle pouvant être analysé à une échelle plus ou moins grande, on pourra éviter de répéter sans cesse « pôles et espaces majeurs ».
Corrigé

Les différents types de plan en géographie

La géographie s’intéresse à la localisation des principaux phénomènes, à leurs caractères et aux acteurs qui y sont associés. Elle étudie principalement les éléments contemporains, en s’intéressant à la fois aux généralités mais aussi aux éléments singuliers qui apparaissent souvent lorsqu’on change d’échelle. Un devoir de géographie ne suit jamais une approche chronologique. Deux grands types de plan sont possibles :

1 Le plan de type analytique. Les deux premières parties présentent un des aspects essentiels du phénomène que le sujet invite à étudier. La troisième partie, qui n’est pas à faire de manière systématique, divise l’espace à étudier en sous-ensembles ayant des traits communs : c’est une typologie spatiale. On peut aussi choisir de changer d’échelle dans cette partie.

2 Le plan multiscalaire. Il faut le mettre en œuvre dès que le sujet le permet. Les parties décrivent les principaux aspects du sujet en allant de la petite à la grande échelle, dans un effet de zoom.

Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Accroche et présentation du sujet] La mondialisation est un processus de mise en relation des différentes parties du monde. Cependant, son état d’avancement est très inégal. Alors que certains lieux sont à l’écart, d’autres constituent des pôles, des espaces majeurs, de la mondialisation, c’est-à-dire qu’ils sont des centres qui attirent et rayonnent à l’échelle mondiale.

[Problématique] Quels sont le rôle et les caractéristiques de ces pôles et espaces majeurs de la mondialisation ?

[Annonce du plan] Les pôles majeurs de la mondialisation sont des lieux de commandement. Ils structurent les flux. Cependant, ils ne présentent pas les mêmes caractéristiques selon l’échelle considérée. Notre étude s’appuiera principalement sur le cas de New York.

I. Des espaces de commandement

Des lieux de pouvoir et de prise de décision

  • Les pôles de la mondialisation sont des lieux du pouvoir politique. New York abrite ainsi le siège de l’ONU, notamment le Conseil de sécurité où sont prises les décisions d’intervention militaire ou les sanctions économiques et diplomatiques contre des pays ne respectant pas le droit international. Paris est la capitale de la France, lieu principal du pouvoir politique français.
  • Ce sont également des lieux de pouvoir économique et financier grâce à la présence de bourses et de sièges de firmes multinationales. Les 2/3 des sièges des firmes multinationales se concentrent dans ces pôles.
  • Les pôles sont enfin des centres sur le plan culturel. Ils concentrent les équipements les plus prestigieux, qu’il s’agisse des musées (MoMA, Guggenheim à New York), des opéras (Metropolitan Opera à New York, Opéra Bastille à Paris). Ce sont les lieux d’où partent les modes et les innovations : la fashion week a lieu deux fois par an à Paris, New York, Milan et Londres.

Les marques de la puissance

  • Cette puissance se marque par les infrastructures de transports et de ­communication qui permettent d’accéder à ces lieux et de diffuser les décisions prises. Ainsi, New York dispose de trois aéroports, de l’un des principaux ports des États-Unis et de l’un des principaux réseaux de télécommunication. Elle est également à la tête du réseau de transport terrestre des États-Unis, constituant une interface de premier plan entre le pays et le reste du monde.
  • Les pôles abritent en outre des bâtiments et monuments connus dans le monde entier : la Tour Eiffel, l’Empire State Building ou encore Big Ben.

II. Des espaces majeurs qui structurent les flux

Des flux divers qui convergent et émanent de ces pôles

  • Plus des 3/4 du commerce mondial sont assurés par les pôles de la mondialisation. À cela s’ajoutent les télécommunications ou les flux Internet. Les pôles importent d’importantes quantités de matières premières et exportent des produits manufacturés et technologiques.
  • Les pôles attirent une main-d’œuvre, plus ou moins qualifiée, venue chercher des conditions de vie meilleures. Cela se traduit par la présence de fortes communautés étrangères qui vivent parfois dans des quartiers ethniques, à l’image de Chinatown.

Des espaces qui échangent principalement entre eux

  • La plupart des flux ont lieu entre les pôles. Sur le plan financier par exemple, les flux ont lieu entre Tokyo, Londres et New York (les 3 principales bourses) avec des relais notamment à Hong Kong au moment des périodes de fermeture (en raison du décalage horaire).
  • Cette complémentarité n’empêche pas la concurrence lorsqu’il s’agit d’attirer le siège d’une firme transnationale ou une manifestation culturelle ou sportive dont la couverture médiatique est importante. En 2005, le président Chirac et le Premier ministre Tony Blair se déplacèrent à Singapour défendre, respectivement, les candidatures de Paris et de Londres pour les Jeux olympiques de 2012.

III. Des pôles aux profils variés

Selon l’échelle considérée, les pôles ont des étendues et des caractères différents. On peut notamment distinguer les pays des régions mégalopolitaines et métropolitaines.

Des pays de plus en plus nombreux

  • À petite échelle, les espaces majeurs de la mondialisation sont des pays. Durant les années 1980, ce furent essentiellement les États-Unis, le Canada, le Japon et les puissances de l’Union européenne qui formèrent trois espaces majeurs : la Triade. Les mutations politiques et économiques des années 1990 et 2000 se marquent par l’affirmation de la Chine, du Brésil et de l’Inde, voire de la Russie et de l’Afrique du Sud (ce que les experts de G. Sachs ont désigné sous l’acronyme de BRICS) dans cet ensemble.
  • Cependant, au sein de ces pays, tous les espaces ne sont pas concernés de la même manière par la mondialisation. En Chine, seul le littoral participe aux échanges mondiaux et est en forte croissance. L’intérieur est encore très en retrait.

La force de l’archipel métropolitain mondial

  • La puissance et le rôle de ces pays reposent sur les métropoles qu’ils comptent. Ces espaces urbains concentrent les infrastructures d’échanges, une main-d’œuvre nombreuse et souvent qualifiée, et les lieux de décision et de formation. Ils constituent des marchés importants. Ces métropoles, dont New York est la plus puissante, ont plus d’échanges entre eux (des personnes ou des biens) qu’avec leur environnement immédiat, ce qui conduit à parler d’archipel métropolitain mondial (AMM).
  • Au sein des métropoles, certains lieux jouent un rôle décisif : ce sont les sièges des firmes multinationales, les laboratoires de recherche-développement, les clubs où les dirigeants se rencontrent de manière informelle comme au Metropolitan Club (parmi les membres figurent Bill Clinton ou ­Salman Rushdie) ou au Harvard Club à New York (ouvert aux seuls anciens et professeurs de l’université d’Harvard), les bâtiments du pouvoir politique et législatif… Ces lieux ont en commun d’avoir un accès restreint et un grand prestige.
  • Ces métropoles se marquent par une polycentralité liée à la concentration des fonctions et au manque d’espace. Plusieurs fonctions, y compris financières, sont établies dans la périphérie de Manhattan. New York domine une agglomération qui utilise l’espace proche du New Jersey à son profit. Dans le même temps, des zones assez centrales marquées par la pauvreté, comme le Queens, sont exclues de la mondialisation.

Conclusion

Les pôles et espaces majeurs de la mondialisation sont un petit nombre de lieux, qu’il s’agisse de pays ou de métropoles. Ils ont une influence directe ou indirecte sur l’ensemble du monde, par les décisions qui y sont prises, leur poids économique ou leur niveau de formation et de recherche-développement. Ils ne peuvent cependant pas jouer leur rôle sans les fonctions remplies par les espaces relais et supports de la mondialisation.