Pouvoirs publics et justice sociale

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : L'épreuve orale
Type : Sujet d'oral | Année : 2012 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Pouvoirs publics et justice sociale
 
 

Regards croisés

Corrigé

58

Sujets d’oral

sesT_1200_00_58C

 

Sujet d’oral n° 5

Regards croisés

> Par quels moyens les pouvoirs publics contribuent-ils à la justice sociale ?

Document 1

Pauvreté et transferts sociaux

 

France

Suède

Pays-Bas

Royaume-

Uni

Portugal

Taux de risque de pauvreté1 avant transferts sociaux (2000) (en %)

24

27

21

29

27

Taux de risque de pauvreté après transferts sociaux (1999) (en %)

15

9

11

19

21

Dépenses de protection sociale (2000) (en % du PIB)

29,7

32,3

27,4

26,8

22,7

 

Source : Eurostat, La Situation sociale dans l’Union européenne, 2003.

1. Selon la norme statistique européenne, le taux de risque de pauvreté représente le pourcentage de personnes dont le revenu disponible est inférieur à 60 % du revenu médian.

Document 2

Les politiques de lutte contre les inégalités de revenu peuvent agir à deux niveaux : au moment de leur formation (les inégalités dites « primaires ») ou par la redistribution d’une partie des revenus perçus. Ce second aspect est le plus souvent mis en avant. En matière de réduction des inégalités, la structure des systèmes fiscaux compte au moins autant que le niveau des prélèvements. On peut prélever beaucoup, mais peu redistribuer. L’impôt qui contribue le plus à réduire les inégalités est l’impôt dit « progressif », parce que ses taux augmentent avec le niveau de l’assiette. […]

L’impôt n’est pas le seul moyen de réduire les inégalités. La collectivité intervient aussi dans le jeu de la formation des revenus dits « primaires », avant impôts. Le législateur élabore en particulier le droit du travail. Les pouvoirs publics ne décident pas du niveau des salaires, mais ils fixent le salaire minimum [le Smic], un plancher sans lequel les disparités de revenus seraient beaucoup plus élevées. […]

Au-delà du marché du travail, la collectivité garantit l’accès de tous (ou presque) à des services comme les routes, la sécurité, l’éducation ou la santé.

Louis Maurin, « Comment l’État peut réduire les inégalités »,

Alternatives économiques, hors-série n° 6l, 2e trimestre 2004.

Questions préalables

> 1. Quelle relation peut-on établir entre le taux de risque de pauvreté après transferts sociaux et les dépenses de protection sociale ? (document 1)

Candidats n’ayant pas suivi l’enseignement de spécialité « Sciences sociales et politiques »

>2. Qu’est-ce que la croissance potentielle ?

>3. Salaire et coût salarial sont-ils deux notions synonymes ?

Candidats ayant suivi l’enseignement de spécialité « Sciences sociales et ­politiques »

>2. Quelles sont les principales variables lourdes du comportement électoral ?

>3. Présentez les principales caractéristiques d’un régime politique présidentiel.

Préparation

Les termes du sujet

  • Les pouvoirs publics recouvrent l’ensemble des institutions exerçant des fonctions de pouvoir aux niveaux national et local (et européen). La justice sociale peut se définir comme un idéal supposant une juste répartition des ressources (monétaires, sociales ou symboliques) au regard d’un système de valeurs collectivement accepté.

Document 1

Ce document met en relation le taux de risque de pauvreté avant et après transferts sociaux avec les dépenses de protection sociale (évaluées en pourcentage du PIB). On observe, d’une part, que, dans l’ensemble des pays présentés, le taux de risque de pauvreté est plus faible une fois les transferts sociaux distribués ; d’autre part, on remarque, à l’exception de la France, que plus la part des dépenses de protection sociale dans le PIB est élevée, plus le taux de risque de pauvreté après transferts sociaux est faible.

Document 2

Il insiste sur les moyens dont disposent les pouvoirs publics pour réduire les inégalités. Ils peuvent agir sur la répartition primaire des revenus en fixant le niveau du salaire minimum et sur la répartition secondaire en redistribuant les richesses par l’intermédiaire des prélèvements obligatoires (dont l’effet redistributif dépend de leur niveau de progressivité) et du versement de prestations sociales associées à la couverture de certains risques sociaux (maladie, chômage, charges familiales, etc.). Par la production de services non marchands dans des domaines comme la santé et l’éducation, les pouvoirs publics peuvent également renforcer la justice sociale.

Présentation

Réponses attendues aux questions préalables

> 1. On observe une relation inverse entre les dépenses de protection sociale et le taux de risque de pauvreté après transferts sociaux. En effet, plus la part des dépenses de protection sociale dans le PIB est élevée, plus le taux de risque de pauvreté après transferts sociaux est faible. Ainsi, des dépenses de protection sociale en pourcentage du PIB plus élevées en Suède (32,3 %) qu’au Portugal (22,7 %) font que le taux de risque de pauvreté après transferts est plus faible en Suède (9 %) qu’au Portugal (21 %). Cette relation est vraie pour l’ensemble des pays présentés, à l’exception de la France.

Candidats n’ayant pas suivi l’enseignement de spécialité « Sciences sociales et politiques »

> 2. La croissance potentielle se définit comme le niveau de croissance qu’une économie est susceptible d’atteindre par l’utilisation de l’ensemble des facteurs de production dont elle dispose sans accélération de l’inflation.

> 3. Salaire et coût salarial sont deux notions différentes. Le salaire est la rémunération perçue en échange d’un apport de travail, on parle également de « revenu du travail ». Le coût salarial représente l’ensemble des coûts liés à l’utilisation du facteur travail. Pour calculer le coût salarial, il faut additionner le salaire, les cotisations sociales (salariales et patronales) et les impôts liés aux salaires (taxe d’apprentissage par exemple).

Candidats ayant suivi l’enseignement de spécialité « Sciences sociales et ­politiques »

> 2. Les « variables lourdes » du comportement électoral sont les variables dont les effets seraient les plus prédictifs des comportements électoraux. Il ne s’agit pas d’établir des relations mécaniques et absolues, mais de constater des régularités statistiques ; on cite généralement : la position de classe, la pratique religieuse, le niveau de patrimoine et le statut professionnel.

> 3. Les régimes politiques désignent la manière dont le pouvoir est organisé. Un régime présidentiel se caractérise par une forte séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif. Le chef de l’exécutif ne peut dissoudre le Parlement et ce dernier ne peut renverser le gouvernement. La majorité parlementaire peut être d’une couleur politique différente de celle du président. Cette cohabitation entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif peut affaiblir l’action du président.

Une autre propriété d’un régime présidentiel est que la légitimité du président repose fondamentalement sur son élection au suffrage universel, même s’il peut être indirect comme aux États-Unis.

Réponse au sujet

Introduction

  • Accroche et reformulation du sujet : le maintien, voire l’accentuation de nombreuses formes d’inégalités économiques conduit à s’interroger sur la capacité des sociétés démocratiques contemporaines à atteindre leur idéal de justice sociale. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ? De quels moyens disposent-ils ?
  • Définition des termes : pouvoirs publics, justice sociale.

Annonce du plan : les pouvoirs publics peuvent contribuer à la justice sociale, d’une part, en cherchant à limiter les inégalités économiques, d’autre part, en garantissant l’égalité des chances.

Développement

  • Les pouvoirs publics contribuent à la justice sociale en cherchant à limiter les inégalités économiques.
  • Ils peuvent agir sur la répartition primaire des revenus tout en développant une logique de redistribution des richesses et un système de protection sociale (document 2).
  • On observe ainsi une relation inverse entre les dépenses publiques et le taux de risque de pauvreté après transferts sociaux (document 1).
  • Les pouvoirs publics ont également un objectif de justice sociale en renforçant l’égalité des chances.
  • La production par les pouvoirs publics de services collectifs non marchands (éducation, santé, etc.) s’inscrit dans une logique égalitaire et de justice sociale (document 2).
  • De la même façon, l’adoption de mesures de discriminations positives visent à garantir plus de justice sociale (loi sur la parité, éducation prioritaire, etc.).

Conclusion

Les pouvoirs publics disposent de nombreux dispositifs pour renforcer la justice sociale, qui reste néanmoins toujours un idéal à atteindre.