Quelle gouvernance économique mondiale depuis les années 1990 ?

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : L'épreuve orale
Type : Sujet d'oral | Année : 2016 | Académie : Inédit

 

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Sujet d’oral no 4

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Quelle gouvernance économique mondiale depuis les années 1990 ?

Corrigé

 

Préparation

Entrer dans le sujet

Le sujet proposé s’inscrit dans la question consacrée à la gouvernance économique mondiale depuis 1975. Attention, il ne couvre qu’une partie de cette question (depuis les années 1990).

Il est centré sur la notion de gouvernance économique : il s’agit des modalités de mise en œuvre de règles collectives pour tenter de résoudre les problèmes économiques.

Bien entendu, l’échelle que vous devez privilégier est l’échelle mondiale.

Mobiliser ses connaissances

Votre exposé doit présenter de façon synthétique les différentes tentatives de mise en œuvre d’une gouvernance économique mondiale dans un nouveau contexte géopolitique issu de la fin de la guerre froide.

Vous vous attacherez à citer des initiatives majeures en les datant, en précisant leurs objectifs et en mentionnant leurs principales caractéristiques.

Vous soulignerez également les limites de ces initiatives. En effet, de nombreux analystes considèrent qu’il n’y a pas, à l’heure actuelle, de véritable gouvernance économique mondiale.

Organiser l’exposé

Un plan analytique est le plus adapté pour répondre de façon pertinente.

En premier lieu, vous préciserez le contexte géopolitique et économique caractérisant les années 1990-2016 ; puis vous présenterez quelques tentatives de mise en œuvre d’une nouvelle gouvernance économique mondiale ; vous soulignerez enfin les limites de cette dernière.

Présentation

Introduction

De 1975 à la fin des années 1980, les institutions internationales héritées de l’après-guerre, comme le GATT et le FMI, montrent leurs limites face aux problèmes qu’elles doivent résoudre. À partir des années 1990, les États tentent de mettre en œuvre des règles collectives pour les surmonter. Quelle gouvernance économique mondiale est instaurée depuis lors ?

Pour y répondre, nous présenterons d’abord le nouveau contexte géopolitique et économique dans lequel elle s’inscrit puis les tentatives de régulation opérées ; nous terminerons en en soulignant les limites.

I. Un nouveau contexte international depuis les années 1990

1. L’effondrement du bloc communiste

Durant la guerre froide (1947-1991), les pays communistes échangent peu avec le reste du monde. Ainsi, de 1949 à 1991, les États membres du CAEM (Conseil d’assistance économique mutuelle), créé à l’initiative de l’URSS, privilégie les relations commerciales entre États à économie socialiste.

L’effondrement du bloc communiste (1989-1991) entraîne pour ces pays une brutale transition vers une économie libérale. Ils deviennent peu à peu de nouveaux partenaires commerciaux pour les pays capitalistes.

2. L’affirmation des pays émergents

Les années 1990 sont marquées par l’accélération de la croissance économique de certains pays du Sud. Parmi eux se détachent les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

L’organisation économique du monde en est bouleversée : on passe ainsi d’un monde organisé autour de la Triade (États-Unis, Union européenne, Japon) à un monde multipolaire où s’affirment des pôles émergents (Brésil, Inde, Moyen-Orient, Asie orientale).

3. L’essor de l’altermondialisme

L’altermondialisme lutte contre la mondialisation libérale : ce mouvement réclame davantage de démocratie dans la gouvernance mondiale, de justice entre le Nord et le Sud et une meilleure prise en compte de l’environnement. Il est porté par des organisations politiques, syndicales et associatives.

Il fait pression sur les États et les institutions internationales en organisant des manifestations (ex. : Gênes, 2001) et des forums sociaux (ex. : Porto Alegre, 2001).

II. Une nouvelle gouvernance mondiale ?

1. La réorganisation du commerce mondial

En 1995, le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), fondé en 1947, est remplacé par une organisation permanente : l’OMC (Organisation mondiale du commerce).

Forte de 162 membres, elle vise à favoriser les échanges commerciaux et financiers ainsi qu’à résoudre les désaccords commerciaux entre États.

2. L’élargissement du G8

En 1999, le G8 (groupe des huit pays les plus industrialisés) s’élargit à un certain nombre de puissances émergentes (comme la Chine, l’Inde ou le ­Brésil) : c’est la naissance du G20.

Dans un monde désormais multipolaire, il s’agit d’associer de nouveaux acteurs à la recherche d’une gouvernance mondiale.

III. Les limites de ces initiatives

1. Les désaccords entre les États

Au sein des nouvelles instances, les États privilégient souvent leurs intérêts nationaux au détriment d’une approche collective. En 2003, le sommet de l’OMC organisé à Cancún est marqué par l’opposition entre pays du Nord et pays du Sud à propos de la libéralisation des services.

De plus, aucun leader mondial n’est à même de coordonner une véritable coopération internationale.

2. Les turbulences de l’économie mondiale

La crise de 2008, qui touche de plein fouet les États-Unis et l’Union européenne, n’apporte pas de réponse collective. Seuls les États, en renflouant leurs banques, semblent en mesure de lutter efficacement contre la crise.

Depuis 2010, les BRICS voient leur croissance économique se tasser sans que les instances internationales ne les soutiennent.

Conclusion

Depuis les années 1990, un nouveau contexte géopolitique et économique entraîne la transformation des instances de régulation mondiale. Cependant, face aux difficultés qu’elles rencontrent, elles ne sont pas en mesure de mettre en œuvre une véritable gouvernance économique.