Récits et témoignages de la Grande Guerre

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Annales corrigées
Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
Corpus Corpus 1
Récits et témoignages de la Grande Guerre

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La Grande Guerre a nourri une importante production littéraire : récits et témoignages écrits entre 1919 et 1930 ou romans contemporains.

1 Les romanciers témoins (1919 -1930)

A Henri Barbusse (1873-1935) : les soldats au feu

 Engagé volontaire, le journaliste Barbusse partage dans les tranchées la vie des Poilus, qu’il évoque avec réalisme dans son roman Le Feu, prix Goncourt en 1916.

Le Feu, sous-titré « Journal d’une escouade » (1916), peint avec fidélité le quotidien effroyable des tranchées.

– Un peu, qu’on oublie ! […] les veilles, sans bornes, à guetter l’ennemi qui est partout dans la nuit, et à lutter contre le sommeil, – et l’oreiller de fumier et de poux. Mais mêmes les […] mitrailleuses, les mines, les gaz asphyxiants, les contre-attaques. […]

– Ah ! si on se rappelait ! s’écria l’un.

– Si on s’rappelait, dit l’autre, y aurait plus d’guerre !

Le Feu, © Éditions Flammarion

B  Roland Dorgelès (1885-1973) : l’hommage aux morts

Engagé volontaire en 1914, Dorgelès donne un témoignage simple et émouvant de la vie des tranchées dans Les Croix de bois (1919).

Les obus se suivaient, précipités, mais on ne les entendait pas : c’était trop près, c’était trop fort. À chaque coup, le cœur décroché fait un bond ; la tête, les entrailles tout saute. […]

Entre chaque salve, dix secondes s’écoulaient, dix secondes à vivre, dix secondes immenses où tient tout le bonheur, et je regardais Fouillard, qui maintenant ne bougeait plus. Couché sur le côté, le visage violacé, il avait le cou béant égorgé comme on égorge les bêtes.

Les Croix de bois, chapitre xi, © Éditions Albin Michel

C Jean Giono (1895-1970) : la métaphore du troupeau

 Incorporé à Briançon en 1915 (>fiche84), Giono revient dans sa Provence natale en 1919, écœuré par la guerre.

Le Grand Troupeau (1931) fait alterner les scènes d’un village en Provence avec les scènes du front.

[…] le troupeau bleu des soldats français glisse à la crête des herbes, vers les collines et la fumée. – À l’abattoir ! dit La Poule.

Le Grand Troupeau, © Éditions Gallimard

L’essentiel sur…

les romans de la guerre de 14-18

  • Un narrateur témoin (récit à la première personne).
  • Les thèmes récurrents : le départ pour la guerre, les combats, les paysages ravagés, le quotidien des soldats, l’omniprésence de la mort.
  • La peinture de sentiments forts : le courage, la peur, la douleur, la pitié, les valeurs de la camaraderie.
  • Des images d’apocalypse.

2 La Grande Guerre à travers les écrivains modernes

A Jean Rouaud (né en 1952) : l’histoire d’une famille

 Après avoir exercé divers métiers, Rouaud écrit son premier roman, Les Champs d’honneur, qui obtient le prix Goncourt en 1990.

 Dans Les Champs d’honneur (1990), à partir de la mort de deux membres de sa famille, le narrateur remonte à la guerre de 14-18 dont il fait résonner toute la souffrance.

B Marc Dugain (né en 1957) : les gueules cassées

 Durant son enfance, Dugain accompagne son grand-père au château des « Gueules cassées » en Seine-et-Marne, lieu d’accueil des mutilés de guerre blessés au visage.

La Chambre des officiers (1998) relate le retour à la vie d’Adrien, un jeune lieutenant défiguré par un éclat d’obus en août 1914. Il est hospitalisé au Val-de-Grâce dans la chambre des officiers, une pièce sans miroir.

C Laurent Gaudé (né en 1972) : des cris déchirants

 Après avoir écrit pour le théâtre, Gaudé se lance dans l’écriture romanesque avec Cris.

Cris (2001), écrit sous forme de monologues, plonge le lecteur dans le quotidien des tranchées à travers les voix de douze soldats.