Saint Augustin, Les Confessions

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle Générale | Thème(s) : Le bonheur
Type : Explication de texte | Année : 2020 | Académie : Inédit


Explication de texte

Saint Augustin, Les Confessions

4 heures

20 points

Intérêt du sujet • Si l’on demande à deux hommes s’ils veulent être soldats, que l’un répond oui et l’autre non, sommes-nous amenés à en conclure que leur bonheur n’est pas le même ? « À chacun son bonheur », dit le proverbe : pourtant, n’avons-nous pas tous la même idée de ce qu’est le bonheur ?

 

Expliquez le texte suivant :

Tous sans exception, nous voulons être heureux ! Et cela, si nous ne le connaissions pas d’une connaissance déterminée, nous ne le voudrions pas d’une volonté si déterminée.

Mais qu’est ceci ? Que l’on demande à deux hommes s’ils veulent être soldats, et il peut se faire que l’un réponde oui, l’autre non ; mais qu’on leur demande s’ils veulent être heureux, et tous les deux aussitôt sans la moindre hésitation disent qu’ils le souhaitent, et même, le seul but que poursuive le premier en voulant être soldat, le seul but que poursuive le second en ne le voulant pas, c’est d’être heureux. Serait-ce donc que l’on prend sa joie, l’un ici, l’autre là ? Oui, tous les hommes s’accordent pour déclarer qu’ils veulent être heureux, comme s’ils s’accorderaient pour déclarer, si on le leur demandait, qu’ils veulent se réjouir, et c’est la joie elle-même qu’ils appellent vie heureuse. Et même si l’un passe ici, l’autre là pour l’atteindre, il n’y a pourtant qu’un seul but où tous s’efforcent de parvenir : la joie. Et puisque c’est une chose dont personne ne peut se dire sans expérience, on retrouve donc la vie heureuse dans la mémoire, et on la reconnaît dès qu’on entend le mot.

Saint Augustin, Les Confessions, 354-430.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

 

Les clés du sujet

Repérer le thème et la thèse

Augustin aborde ici la question du bonheur. De toute évidence, les mêmes choses ne nous rendent pas tous heureux : mais alors, chacun d’entre nous a-t-il une conception du bonheur qui lui est propre ?

Il démontre que nous avons tous la même idée du bonheur, même si nous n’y accédons pas tous par les mêmes moyens.

Dégager la problématique

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Repérer les étapes de l’argumentation

Tableau de 3 lignes, 2 colonnes ;Corps du tableau de 3 lignes ;Ligne 1 : 1. Nous recherchons tous le bonheur (l. 1 à l. 3); Augustin pose le rapport de départ entre la connaissance et la volonté : si vouloir suppose que l’on connaisse ce que l’on veut, alors, puisque nous voulons tous être heureux, il semble que nous sachions tous ce qu’est le bonheur.; Ligne 2 : 2. Nous savons tous ce qu’est la joie (l. 4 à l. 13); Il se demande ensuite s’il est possible de définir le bonheur, en s’appuyant sur l’exemple de deux hommes à qui l’on demande s’ils veulent être soldats, puis s’ils veulent être heureux. Si l’objet de leur volonté diffère, dit-il, tous les deux cherchent pourtant le bonheur. Si les moyens du bonheur sont divers, le but reste le même, à savoir le bonheur, expérimenté ici comme une joie.; Ligne 3 : 3. On connaît le bonheur par l’expérience de la joie (l. 13 à l. 17); Augustin tire les conséquences de sa démonstration : puisque le contenu de notre bonheur reste indéterminé, le bonheur ne peut faire l’objet que d’une connaissance qui repose sur l’expérience de la joie.;