Scolarité et mobilité sociale

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : L'épreuve orale
Type : Sujet d'oral | Année : 2012 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Scolarité et mobilité sociale
 
 

Sociologie

Corrigé

56

Sujets d’oral

sesT_1200_00_56C

 

Sujet d’oral n° 3

Sociologie

> Montrez comment l’école favorise la mobilité sociale.

Document 1

Table de destinée

Catégorie socioprofessionnelle du fils en fonction
du père en 2003 (en %)

 

Catégorie socioprofessionnelle du fils

Catégorie 
socioprofessionnelle du père

Agriculteur exploitant

Artisan, commerçant et chef d’entreprise

Cadre et profession intellectuelle supérieure

Profession 
intermédiaire

Employé

Ouvrier

Ensemble1

Structure sociale 
des pères

Agriculteur exploitant

22

6

9

17

9

37

100

16

Artisan, commerçant 
et chef d’entreprise

1

21

22

23

9

24

100

12

Cadre et profession 
intellectuelle supérieure

0

6

 52 

27

6

9

100

8

Profession intermédiaire

0

8

33

33

9

17

100

11

Employé

0

7

22

28

17

26

100

9

Ouvrier

1

8

10

23

12

46

100

43

Ensemble = structure sociale des personnes interrogées en 2003

4

9

19

24

11

33

100

100

 

Source : D’après S. Dupays, « En un quart de siècle, la mobilité sociale a peu évolué », Données sociales, INSEE, 2006.

Champ : Hommes actifs ayant un emploi ou anciens actifs ayant eu un emploi, âgés de 40 à 59 ans en 2003.

1. À cause des arrondis, la somme n’est pas toujours égale à 100.

Document 2

Le système scolaire français a été bouleversé par l’arrivée de publics scolaires nouveaux. La massification, voulue par idéal démocratique mais aussi pour répondre aux besoins de main-d’œuvre plus qualifiée, a radicalement changé la forme et les enjeux de la scolarité. Démocratisés, car plus répandus, les diplômes sont devenus dans le même temps l’outil indispensable à l’insertion sociale et font donc l’objet d’une course sans fin, qui laisse toujours des perdants : l’univers scolaire est devenu plus « concurrentiel » tout en restant inégalitaire. […] En se massifiant, le système scolaire s’est complexifié et laisse plus de place aux stratégies des acteurs ; il s’est également ouvert et ses règles de fonctionnement ou ses finalités se sont brouillées ; il s’est diversifié et crée des expériences scolaires multiples. Mais il est devenu central tant dans notre société que pour les individus et les familles sur lesquels pèse l’impératif de réussite.

J. Perroton, « Le système éducatif :
panorama de quelques questions autour de l’école »,
Cahiers français, n° 326, mai-juin 2005.

Questions préalables

>1. Donnez la signification de la donnée encadrée (document 1).

Candidats n’ayant pas suivi l’enseignement de spécialité « Sciences sociales et politiques »

>2. Expliquez la notion de compétitivité hors prix.

>3. Définissez la notion de soutenabilité.

Candidats ayant suivi l’enseignement de spécialité « Sciences sociales et ­politiques »

>2. Qu’est-ce que l’abstention électorale ?

>3. Expliquez le principe de subsidiarité.

Préparation

Les termes du sujet

  • La mobilité sociale est définie par l’ensemble des changements de position socioprofessionnelle des individus dans l’espace social soit au cours de leur vie active (mobilité intragénérationnelle), soit d’une génération à l’autre (mobilité intergénérationnelle).
  • L’école doit s’entendre ici comme l’ensemble du système éducatif (du primaire au supérieur).

Document 1

  • Ce document est une table de destinée présentant le devenir social des fils (évalué par les catégories socioprofessionnelles des hommes actifs ayant un emploi ou anciens actifs ayant eu un emploi, âgés de 40 à 59 ans en 2003) en fonction de leur origine sociale (catégories socioprofessionnelles des pères).
  • On relève des situations de mobilité intergénérationnelle : par exemple, sur 100 fils d’agriculteurs exploitants (AE), 37 deviennent ouvriers. On constate donc une certaine fluidité sociale de la société française. Celle-ci reste toutefois limitée pour certaines catégories, comme les cadres et professions intellectuelles supérieures (CPIS) puisque les fils de CPIS ont 2,7 (52/19) fois plus de chances de devenir CPIS que s’il y avait une mobilité parfaite.
  • En outre, une part importante de la mobilité sociale observée est liée à l’évolution de la structure socioprofessionnelle d’une génération à l’autre : il s’agit d’une mobilité structurelle. Par exemple, si les destins sociaux des fils d’AE sont relativement ouverts, c’est parce que la part des AE entre la génération des pères et celle des fils est passée de 16 % à 4 %.

Document 2

Il insiste sur le rôle de l’école dans la réalisation de l’idéal démocratique. L’une des missions centrales de l’école est de rendre possible l’égalité des chances en permettant à chaque individu, indépendamment de son origine sociale, d’accéder à un diplôme, condition essentielle de son insertion professionnelle et sociale. Ce faisant, l’école concourt à la réalisation de l’idéal démocratique que l’on peut définir comme la situation où les positions sociales sont distribuées en fonction du mérite individuel et non selon l’appartenance sociale. Cependant, la généralisation de certains diplômes n’a pas supprimé toutes les inégalités sociales à l’école.

Présentation

Réponses attendues aux questions préalables

> 1. Selon l’Insee, en 2006, sur 100 hommes actifs (ayant un emploi ou anciens actifs ayant eu un emploi, âgés de 40 à 59 ans en 2003) fils de CPIS, 52 sont eux-mêmes CPIS.

Candidats n’ayant pas suivi l’enseignement de spécialité « Sciences sociales et politiques »

> 2. La compétitivité hors prix ou structurelle est la capacité, pour une entreprise ou un pays, à conquérir des parts de marché en s’appuyant sur des atouts autres que le prix, comme la qualité, l’image de marque, les services associés au produit (financement, service après vente …).

> 3. La soutenabilité est la capacité d’une économie ou d’une société à maintenir durablement son modèle économique et social, compte tenu de l’épuisement des ressources et de la dégradation de l’environnement découlant de ses activités. Elle est mesurée par un indicateur synthétique appelé « empreinte écologique ».

Candidats ayant suivi l’enseignement de spécialité « Sciences sociales et ­politiques »

> 2. L’abstention électorale est la non-participation au vote lors d’une élection. Elle est souvent analysée comme résultant d’un déficit d’intégration sociale, mais aussi comme résultant d’une stratégie politique : le refus de vote peut correspondre au fait qu’aucun candidat ne porte les idées de l’électeur, ou que celui-ci veut montrer son désaveu pour la chose publique.

> 3. Le principe de subsidiarité signifie que les pouvoirs et les compétences des différentes institutions publiques sont partagés. Cette répartition postule que chaque collectivité intervienne dans les domaines où son efficacité est avérée et laisse la collectivité « supérieure » intervenir, de manière complémentaire, lorsque celle-ci est mieux à même de résoudre les difficultés.

Réponse au sujet

Introduction

  • Accroche et reformulation du sujet : toute société démocratique repose sur le principe méritocratique selon lequel la position sociale de chaque individu doit être fonction de son mérite, et non de son origine sociale. Dans ce cadre, l’école joue un rôle essentiel en favorisant, d’une génération à l’autre, la mobilité sociale.
  • Définition des termes : école, mobilité sociale.
  • Annonce du plan : nous montrerons que l’école est un vecteur essentiel de l’idéal démocratique et que, ainsi, elle favorise la mobilité sociale.

Développement

  • L’école est un vecteur essentiel de l’idéal démocratique (document 2) qui participe à la mobilité sociale (documents 1 et 2) et permet à certaines catégories sociales de bénéficier d’une mobilité sociale ascendante.
  • Dans une société démocratique, l’école est garant de l’égalité des chances et accompagne la mobilité structurelle.
  • Les mutations du système éducatif renforcent la démocratisation scolaire et le rôle de l’école dans l’insertion professionnelle et sociale.

Conclusion

Il apparaît que l’école, en promouvant l’égalité des chances, en accompagnant les mutations de la structure sociale et en participant par l’obtention d’un diplôme à l’insertion professionnelle, joue un rôle important dans la mobilité sociale.