Serons-nous tous végétariens en 2050 ?

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re ES - 1re L | Thème(s) : Qualité et innocuité des aliments : le contenu de nos assiettes
Type : Partie 3 | Année : 2013 | Académie : Antilles, Guyane
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Serons-nous tous végétariens en 2050 ?
 
 

Nourrir l’humanité

Corrigé

30

SVT

sci1_1306_04_01C

 

Antilles, Guyane • Juin 2013

Nourrir l’humanité • 6 points

« Si les pays développés connaissent l’urgence à réduire la consommation de viande, peu imaginent adopter dans les prochaines décennies un régime végétarien quasi-généralisé. C’est pourtant la réalité qui attend la population mondiale d’ici à 2050 afin d’éviter des pénuries alimentaires catastrophiques et des déficits en eau considérables, si l’on en croit une étude du Stockholm International Water Institute, citée par le Guardian. »

Document 1

Les systèmes alimentaires

Les systèmes alimentaires1 doivent garantir une nourriture disponible pour tous. Selon l’estimation la plus couramment citée, il faudrait que les productions agricoles animale et végétale augmentent globalement de 70 % d’ici à 2050, compte tenu, entre autres, de la croissance démographique et de l’évolution des régimes alimentaires […] Aujourd’hui, plus du tiers de la production mondiale de céréales sert à fabriquer de la nourriture pour animaux et la consommation de viande devrait passer de 37,4 kg par personne et par an en 2000 à plus de 52 kg en 2050, de sorte qu’au milieu du xxie siècle, 50 % de la production mondiale de céréales pourrait être destinée à accroître la production de viande.

D’après le Rapport sur le droit à l’alimentation de l’Organisation des Nations unies « Conseil des Droits de l’homme » 20 décembre 2010.

1. Système alimentaire : façon dont les hommes s’organisent pour produire, distribuer et consommer leur nourriture.

Document 2

Les besoins en eau et la consommation mondiale d’eau douce

a. Besoins en eau pour la culture ou l’élevage des sources d’aliments

Les besoins en eau sont exprimés en litres pour un kilogramme d’aliment.


 

D’après http//www.waterfootprint.org

b. Consommation mondiale de l’eau douce

Seul 0,014 % de l’eau présente sur Terre est de l’eau douce directement disponible.

 

Années

2010

2025

2050

Consommation de l’eau douce disponible

54 %

70 %

90 %

 
Document 3

Comparaison de la teneur en protéines du soja et du bœuf et besoins journaliers

a. Teneur en protéines selon le type d’aliment

Le soja est un végétal qui sert à la fabrication de nombreux aliments : desserts, boissons, steak ou escalope végétale, huile, vermicelle…

 

Type d’aliment

Teneur en protéines

Soja

18,1 g pour 100 g

Bœuf

18,3 g pour 100 g

 

D’après www.afssa.fr

b. Apports journaliers nécessaires en protéines

Quantitativement, les apports journaliers en protéines nécessaires à la couverture de nos besoins sont en moyenne de 70 à 80 g pour un homme et de 50 à 60 g pour une femme.

D’après www2.cndp.fr

> À partir des documents et de vos connaissances :

Question 1

Indiquez l’évolution de la consommation de viande prévue pour 2050 et son impact sur la production de céréales.

Question 2

Expliquez pourquoi une alimentation à base de soja est préférable à une alimentation à base de bœuf dans la perspective d’un développement durable.

Interpréter les questions

Les deux questions doivent être rédigées. Il est clairement sous-entendu que la première question se rapporte au premier document, et que la deuxième question nécessite d’utiliser les autres documents et d’élaborer une synthèse sur la nécessité de diminuer notre consommation de viande au profit de celle de végétaux tels que les céréales et le soja.

Comprendre les documents

  • Le document 1 concerne la croissance démographique et l’évolution des régimes alimentaires, à mettre en relation avec l’impact de la production de viande sur l’utilisation des céréales cultivées.
  • Le document 2 permet de comparer les besoins en eau des cultures et des élevages, ainsi qu’une projection de l’utilisation de l’eau douce disponible sur Terre dans le futur.
  • Le document 3 compare les valeurs nutritionnelles d’un végétal, le soja, et d’une viande, celle de bœuf, ainsi que les apports journaliers nécessaires en protéines.

Organiser les réponses

Dans la première question, il convient d’exploiter le plus complètement possible le document 1 (citez des chiffres) et d’exposer l’impact de la consommation de viande dans le futur sur la consommation des céréales cultivées. La deuxième question demande d’ajouter à l’analyse précédente celle des documents 2 et 3 et de faire le bilan sur les avantages de la consommation d’un végétal (le soja) par rapport à celle d’une viande (le bœuf).

Corrigé

QUESTION 1

Du fait de la croissance démographique prévue, il pourrait y avoir des problèmes de pénurie alimentaire en 2050. Il s’agit de trouver un système permettant de garantir de la nourriture pour tous.

Or, aujourd’hui, plus d’un tiers de la production mondiale de céréales sert à fabriquer de la nourriture pour animaux. La consommation de viande tend par ailleurs à s’accroître (37,4 à 52 kg/personne/an entre 2000 et 2050). Ainsi, en 2050, la moitié de la production mondiale de céréales serait utilisée pour la production de viande.

Cela pose évidemment un problème quant à la nutrition de l’humanité entière : seuls les plus riches auront les moyens de manger ce qu’ils veulent, tandis que les plus pauvres n’auront pas assez de céréales, car utilisées pour les élevages.

QUESTION 2

D’après le document 2, les cultures nécessitent beaucoup moins d’eau que les élevages. En particulier les graines de soja, qui nécessitent moins de 2 000 L/kg contre presque 16 000 L/kg nécessaires pour un bœuf. Or, on nous indique que, d’ici à 2050, 90 % des réserves disponibles en eau douce sur Terre seront consommées ! Cesser de consommer de la viande permettrait d’économiser l’eau douce.

D’après le document 3, les apports nutritionnels du soja sont aussi bons que ceux du bœuf et l’apport en protéines est équivalent. D’après les apports journaliers nécessaires conseillés en protéines, il « suffit » d’absorber 300 g de soja ou de bœuf pour une femme et 400 g pour un homme en une journée.

Ainsi l’alimentation à base de soja est préférable à celle à base de bœuf dans une perspective de développement durable et de solidarité envers les populations plus pauvres, car le soja nécessite moins d’apport d’eau douce, qui vient à manquer sur Terre. Sa consommation évite le « gaspillage » de céréales pour la nourriture des bœufs, sa valeur nutritionnelle est très bonne et on pourrait ainsi éviter plus facilement des pénuries alimentaires et des déficits en eau catastrophiques.