Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne de 1875 à la veille de la Seconde Guerre mondiale

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875
Type : Composition | Année : 2014 | Académie : France métropolitaine
Corpus Corpus 1
Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne de 1875 à la veille de la Seconde Guerre mondiale

Socialisme et mouvement ouvrier en Allemagne

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Histoire

6

France métropolitaine • Septembre 2014

composition

Les clés du sujet

Analysez le sujet

Les termes du sujet

 

Terme

Définition

socialisme

Doctrine qui préconise l’établissement d’une société plus juste et égalitaire grâce à la propriété collective des moyens de production.

communisme

Idéologie d’inspiration socialiste qui préconise l’établissement d’une société sans classes par la voie d’une révolution et de la dictature du prolétariat.

syndicalisme

Organisation qui défend les revendications professionnelles de ses membres.

 

La problématique

Le sujet s’inscrit dans une période d’affirmation du socialisme (1875-1930) avant son effacement durant la période nazie (1931-1939). Il s’agit donc de montrer comment et pourquoi un mouvement populaire a pu s’effondrer brutalement face au régime hitlérien. Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne ont-ils été un échec pendant la période considérée ?

Utilisez les mots justes

  • Le sujet implique de connaître les grands principes du socialisme :
  • la dictature du prolétariat par l’intermédiaire du parti guide – qui est unique ;
  • la propriété collective des biens de production qui induit la nationalisation des industries et la collectivisation des terres ;
  • la planification impérative de l’économie.
  • Les divisions au sein du Parti social-démocrate allemand (SPD) obligent à distinguer le révisionnisme (socialisme réformiste d’Eduard Bernstein) du spartakisme (mouvement communiste fondé par Rosa Luxemburg) qui se veut révolutionnaire.
  • Différenciez bien également le marxisme (idéologie d’origine établie par Karl Marx) et le bolchevisme (mouvement communiste russe de Lénine).
  • Pour la période de la Première Guerre mondiale, faites référence à l’union sacrée (union de tous les partis et syndicats derrière le gouvernement).

Évitez les pièges

  • Évitez le plan analytique organisé autour des trois termes du sujet. Ici, le plan chronologique s’impose.
  • Pour chaque période, efforcez-vous de montrer que le syndicalisme est une des expressions des mouvements socialistes et non un phénomène simplement contemporain de ceux-ci.
  • L’opposition entre le SPD (socialistes révisionnistes) et le Parti communiste allemand (KPD) ne doit pas empêcher de considérer ce dernier comme un parti appartenant à la famille socialiste.
Corrigé
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Les titres en couleurs servent à guider la lecture mais ne doivent pas figurer sur la copie.

Introduction

Info

Référence à la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

[Contexte] Au lendemain de sa victoire sur la France et de la fondation de l’Empire (le Reich), l’Allemagne s’affirme comme une puissance politique et industrielle. La classe ouvrière y prend de l’importance. Né en 1875, le parti des travailleurs s’organise en un puissant mouvement politique : le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD).

[Problématique] Comment ce mouvement s’est-il inscrit dans l’histoire de l’Allemagne jusqu’en 1939 ? Et en quoi son effacement à partir de 1933 témoigne-t-il d’un échec ?

[Annonce du plan] Nous répondrons à ces questions en analysant les principales étapes de son histoire : son développement entre 1875 et 1910, sa gestion de la guerre et des affaires entre 1910 et 1929, puis son anéantissement par les nazis durant les années 1930.

I. 1875-1910, l’essor réussi d’une idéologie nouvelle

1. Congrès de Gotha : la naissance d’un mouvement ouvrier structuré

  • En 1875, l’Association des travailleurs allemands et le Parti ouvrier social-démocrate s’unissent pour former le SPD.

Info

Par opposition au socialisme utopique, le marxisme se présente comme un socialisme « scientifique ».

  • Le parti revendique un programme d’inspiration marxiste : établissement de sociétés ouvrières de production avec l’aide de l’État, droit de grève, réduction du temps de travail, protection de la santé.

2. Le développement d’un parti et d’un syndicalisme puissants

  • S’appuyant sur des associations sportives ou culturelles et sur une presse bien implantée, le parti voit ses effectifs croître rapidement. En 1910, un électeur allemand sur trois vote SPD.

Info

Une mutuelle est une association d’assurance sociale (maladie, chômage, etc.) à but non lucratif et financée par les cotisations de ses adhérents.

  • Un syndicalisme mutualiste efficace se met en place. En 1892, il se rassemble au sein de la puissante Confédération générale des syndicats allemands (ADGB). L’association crée des bibliothèques, des dispensaires ou encore des centres aérés qui améliorent la vie des ouvriers.
  • Le chancelier Otto von Bismarck tente de contenir le mouvement. Par les lois antisocialistes de 1878, il fait interdire les associations sociales-démocrates tout en créant des assurances sociales – ne faisant ainsi que justifier les revendications ouvrières.

3. Des débats internes : entre pragmatisme politique et pureté idéologique

  • Alors que son succès lui ouvre les portes du pouvoir, le SPD est secoué par un débat soulevé par Eduard Bernstein. Celui-ci propose une voie révisionniste consistant à accepter le parlementarisme pour faire voter des réformes en faveur des ouvriers.
  • Fidèle à la tradition marxiste, Rosa Luxemburg refuse l’alliance avec les partis bourgeois et préconise l’action révolutionnaire.
  • En 1912, malgré ses divisions internes, le SPD devient le premier parti du pays avec près de 35 % des voix. Il reste malgré tout dans l’opposition.

[Transition] De 1875 à 1910, le socialisme allemand est un mouvement en pleine ascension. L’union sacrée face au conflit mondial de 1914 puis la gestion des affaires l’ont-elles affaibli ?

II. 1910-1930, le socialisme à l’épreuve de la guerre et du pouvoir

1. Pour ou contre la guerre

Info

L’internationalisme est un mouvement né au xixe siècle qui rassemble les partis et syndicats socialistes de toute l’Europe contre les capitalistes.

  • Dès le début de la Grande Guerre, deux positions opposées s’affrontent au sein du SPD : d’un côté, les révisionnistes qui rallient l’union sacrée ; de l’autre, les révolutionnaires qui restent fidèles à l’internationalisme et refusent la guerre.
  • En janvier 1916, Rosa Luxemburg dénonce la trahison du SPD et appelle à la révolution prolétarienne contre l’impérialisme bourgeois. Ses partisans se rassemblent dans le mouvement spartakiste qui prend le nom de Parti communiste d’Allemagne (KPD) en décembre 1918.

2. Le SPD au pouvoir

  • Le SPD accède au pouvoir dans le cadre de la défaite allemande de novembre 1918. Issu de ses rangs, Friedrich Ebert devient le premier président de la république de Weimar.
  • Parti de gouvernement, le SPD fait voter des réformes d’inspiration socialiste comme les nationalisations de certains secteurs industriels et le droit de vote des femmes.
  • Sur le modèle de la révolution bolchevique, les communistes tentent de prendre le pouvoir. La répression est sanglante, Rosa Luxemburg est assassinée en janvier 1919.

3. La gauche face à la crise de 1929

  • Entre 1920 et 1929, le SPD parvient à faire voter de nouvelles réformes. Malgré les difficultés traversées par le pays, le parti reste puissant, recueillant 25 à 30 % des suffrages entre 1923 et 1928.
  • Mais la crise de 1929 l’affaiblit et profite davantage au KPD. Surtout, grand bénéficiaire de cette crise, le mouvement nazi prend des voix aux partis de gauche et devient menaçant.
  • Le KPD et le SPD dénoncent le nazisme, ses méthodes, son programme ; mais ils n’unissent pas leurs efforts contre l’ennemi commun.

[Transition] Parti républicain, le SPD a géré au mieux de ses moyens une période difficile, mais il ne peut rien contre la crise économique et la montée du nazisme. Peut-il survivre alors face au régime hitlérien ?

III. 1931-1939, le socialisme anéanti par le totalitarisme nazi

1. L’échec socialiste face aux nazis

  • La division fait le jeu d’Adolf Hitler. La gauche ne peut empêcher sa nomination à la Chancellerie en janvier 1933.
  • Hitler élimine le KPD qu’il rend responsable de l’incendie du Reichstag. Le parti est interdit, ses militants arrêtés et internés dans des camps (Dachau).
  • L’instauration d’un système de parti unique permet ensuite d’éliminer le SPD et de fondre les syndicats dans les organisations de masse du nouveau régime.

2. Entre clandestinité et exil

  • Réduits à la clandestinité, des militants organisent la résistance au péril de leur liberté et de leur vie, comme Wilhem Frantz et Martin Stiebel.

Info

Futurs dirigeants respectivement de la République fédérale d’Allemagne (RFA) et de la République démocratique allemande (RDA).

  • Beaucoup prennent le chemin de l’exil pour continuer la lutte depuis l’étranger, comme Willy Brandt ou encore Walter Ulbricht réfugié à Paris en 1933 puis à Moscou en 1938.

Conclusion

[Bilan] Entre 1875 et 1939 le socialisme a été un artisan de la modernisation économique et sociale de l’Allemagne. Mais face à la défaite de 1918 et aux crises, il n’a pas su trouver les moyens de préserver son œuvre. Acteur important de l’histoire allemande, il a payé le prix fort de ses fautes politiques commises pendant l’entre-deux-guerres.

[Ouverture] Quelle nouvelle chance lui donnera la victoire en 1945 des Alliés et de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) ?