Spinoza, Traité théologico-politique

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle Générale | Thème(s) : L'État
Type : Explication de texte | Année : 2020 | Académie : Inédit


Explication de texte

Spinoza, Traité théologico-politique

4 heures

20 points

Intérêt du sujet • En démocratie, chaque citoyen est un homme politique : le peuple exerce la souveraineté. Sommes-nous alors capables d’exercer cette souveraineté, ou bien faut-il s’en remettre à des experts, des professionnels éclairés qui sauraient ce que nous ne savons pas ?

 

Expliquez le texte suivant :

Dans un État démocratique, des ordres absurdes ne sont guère à craindre, car il est presque impossible que la majorité d’une grande assemblée se mette d’accord sur une seule et même absurdité. Cela est peu à craindre, également, à raison du fondement et de la fin de la démocratie, qui n’est autre que de soustraire les hommes à la domination absurde de l’appétit1 et à les maintenir, autant qu’il est possible, dans les limites de la raison, pour qu’ils vivent dans la concorde et dans la paix. Ôté ce fondement, tout l’édifice s’écroule aisément. Au seul souverain, donc, il appartient d’y pourvoir ; aux sujets, il appartient d’exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le souverain déclare être le droit.

Peut-être pensera-t-on que, par ce principe, nous faisons des sujets des esclaves ; on pense en effet que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son caprice. Cela cependant n’est pas absolument vrai ; car en réalité, celui qui est captif de son plaisir, incapable de voir et de faire ce qui lui est utile, est le plus grand des esclaves, et seul est libre celui qui vit, de toute son âme, sous la seule conduite de la raison.

Baruch Spinoza, Traité théologico-politique, 1670.

1. Appétit : ce qui nous porte à désirer quelque chose.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

 

Les clés du sujet

Repérer le thème et la thèse

Dans ce texte, Spinoza répond à une objection commune adressée à la démocratie : la démocratie (du grec demos, le peuple, et kratos, le pouvoir) attribue la souveraineté au peuple, mais celui-ci est-il capable de se gouverner lui-même ?

Il démontre ici que la démocratie rend le peuple capable de dépasser le jeu de ses intérêts individuels, et en cela le libère.

Dégager la problématique

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Repérer les étapes de l’argumentation

Tableau de 2 lignes, 2 colonnes ;Corps du tableau de 2 lignes ;Ligne 1 : 1. L’État démocratique veut la paix et limite les passions (l. 1 à l. 11); Spinoza répond à l’objection selon laquelle la démocratie serait minée par l’ignorance et les passions des individus : il expose en quoi la démocratie apparaît précisément comme un rempart aux conduites capricieuses des individus.; Ligne 2 : 2. L’État démocratique rend libre (l. 12 à l. 18); Spinoza répond ensuite à une objection qui pourrait être opposée à son raisonnement : si le peuple, en démocratie, doit obéissance aux lois, alors, n’est-il pas esclave ?En réalité, le citoyen n’est libre que par les lois, qui expriment la raison.;