Structure sociale, limites écologiques de la croissance, inégalités salariales, localisation des FMN

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Mondialisation et intégration européenne - Économie du développement durable - Justice sociale et inégalités - Classes, stratification et mobilité sociales
Type : Sujet complet | Année : 2017 | Académie : France métropolitaine


France métropolitaine • Juin 2017

épreuve composée • 20 points

Structure sociale, limites écologiques de la croissance, inégalités salariales, localisation des FMN

Mobilisation des connaissances

 1. En quoi l’analyse des classes sociales de Max Weber se distingue-t-elle de celle de Karl Marx ? (3 points)

 2. Présentez deux limites écologiques auxquelles se heurte la croissance économique. (3 points)

Étude d’un document

Vous présenterez ce document puis vous caractériserez les inégalités de salaire qu’il met en évidence. (4 points)

document Distribution du revenu salarial1 annuel par sexe ou catégorie socioprofessionnelle sur l’ensemble des salariés en 2011 (en euros courants)

Sexe

Catégorie socioprofessionnelle

Ensemble

Femmes

Hommes

Cadres2

Professions intermédiaires

Employés

Ouvriers

D1 (1er décile)

1 890

2 970

11 180

6 040

1 450

1 910

2 340

D9 (9e décile)

30 540

40 110

66 230

34 230

23 580

24 660

35 320

D9/D1 (rapport interdécile)

16,1

13,5

5,9

5,7

16,2

12,9

15,1

Moyenne

16 720

22 550

39 190

22 310

13 290

14 820

19 710

Source : Insee, 2016.

1. Le revenu salarial correspond à la somme des salaires perçus par un individu au cours d’une année donnée, nets de toutes cotisations sociales.

2. Cadres, y compris chefs d’entreprise salariés.

Champ : France métropolitaine, ensemble des salariés hors salariés agricoles, salariés des particuliers-employeurs et apprentis-stagiaires.

Raisonnement

À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les choix de localisation des firmes multinationales répondent à différentes logiques. (10 points)

document 1

Divers facteurs déterminent la décision d’IDE1. La firme ne s’engage pas si elle n’a pas conscience de détenir des avantages compétitifs spécifiques […].

Quant aux pays où elle est susceptible de s’implanter, ils doivent présenter des avantages comparatifs.

Du côté de la demande, il s’agit de la taille ou de la richesse (fort revenu par tête) du marché, de sa croissance et de sa composition par produits, reflétant des disparités internationales dans les préférences des consommateurs. Cela n’explique pas pourquoi cette demande est satisfaite par l’IDE plutôt que par l’exportation. Des barrières à l’entrée2 du marché étranger peuvent alors déterminer l’IDE […]. L’IDE est aussi considéré comme un moyen d’économiser les coûts de transport liés à l’exportation. Valable pour les produits lourds à faible valeur unitaire, l’argument s’amenuise avec la baisse continue des coûts de transport. L’IDE diversifie les risques entre plusieurs marchés intérieurs. […]

Du côté de l’offre, l’IDE est déterminé par des avantages de coût de production.

Wladimir Andreff, Les multinationales globales, 2003.

1. Investissement direct à l’étranger : création d’un lieu de production à l’étranger ou acquisition d’au moins 10 % d’une entreprise située à l’étranger.

2. Ici, les barrières à l’entrée sont les obstacles à la concurrence que peut rencontrer une entreprise pour pénétrer sur un marché, comme les droits de douane.

document 2

Pourquoi les entreprises allemandes continuent-elles à exporter depuis leur base nationale, alors que les autres grands constructeurs continentaux délocalisent de plus en plus, et pour certains deviennent importateurs nets de véhicules ? […]

La productivité du personnel (valeur ajoutée/personne occupée) a progressé très fortement en Allemagne sur la période 2000-2008. En Italie, elle a également progressé mais beaucoup plus lentement, alors qu’en France, elle a régressé. […]

Au total, sur la période, la part des charges de personnel dans la valeur ajoutée baisse dans la filière automobile allemande alors qu’elle augmente en Italie et surtout en France, d’où une forte dégradation de la compétitivité de l’industrie automobile en France. […]

La préférence des constructeurs français pour des stratégies d’internationalisation via les IDE1 s’explique donc en partie par la dégradation des conditions de production en France, ce qui conduit ces constructeurs à produire des véhicules dans les pays de l’Est, pour ensuite les réimporter en France. […]

La stratégie de délocalisation semble plus adaptée pour des entreprises qui investissent moins en R&D2 et qui ont ainsi un positionnement en moyen et bas de gamme, comme c’est le cas pour les entreprises automobiles françaises et italiennes. Cette tendance à la délocalisation a été renforcée par une évolution très défavorable des conditions de production domestique en termes de coût. Ces évolutions conduisent les constructeurs à rechercher de nouvelles zones de production, et ce d’autant plus que la part des coûts de production dans le prix final est bien plus élevée en ce qui concerne les véhicules d’entrée de gamme3.

Pierre Buigues, Denis Lacoste, Maurice Saias, « Les déterminants des stratégies internationales des constructeurs automobiles européens : exportation ou investissements directs l’étranger ? », Annales des Mines – Gérer et comprendre, 2015.

1. Investissement direct à l’étranger : création d’un lieu de production à l’étranger ou acquisition d’au moins 10 % d’une entreprise située à l’étranger.

2. R&D : recherche et développement.

3. Entrée de gamme : version la moins chère d’un modèle de véhicule.

document 3 Répartition des flux d’investissement direct à l’étranger (IDE1) par régions (en % des flux mondiaux)

Entrées d’IDE

Sorties d’IDE

2000

2005

2010

2015

2000

2005

2010

2015

Économies en développement2

17,1

34,9

45,0

43,4

7,6

13,5

25,7

25,6

Économies en transition3

0,4

3,2

4,6

2,0

0,3

2,2

3,6

2,1

Économies développées4

82,5

61,9

50,4

54,6

92,1

84,3

70,7

72,3

Monde

100

100

100

100

100

100

100

100

Source : d’après Cnuced, 2016.

1. Investissement direct à l’étranger : création d’un lieu de production à l’étranger ou acquisition d’au moins 10 % d’une entreprise située à l’étranger.

2. Économies en développement dont : Chine, Inde, Maroc, Mexique…

3. Économies en transition dont : Fédération de Russie, Ukraine, Albanie, Géorgie, Serbie…

4. Économies développées dont : France, Allemagne, États-Unis, Japon, Australie…

Les clés du sujet

Mobilisation des connaissances

Définir les mots-clés

 1. Une classe sociale est constituée des individus qui partagent les mêmes conditions de vie, une identité et des intérêts communs.

 2. La croissance économique désigne l’augmentation de la production d’un pays sur une période donnée. Les limites écologiques de la croissance font référence aux impacts négatifs de l’activité économique sur l’environnement.

Structurer sa réponse

 1. Nous montrerons que les analyses de Marx et de Weber diffèrent quant à la place que chacun attribue aux classes sociales dans la hiérarchie sociale, dans les critères qui les constituent et dans le rôle qui leur est donné.

 2. Nous allons étudier deux types de limites écologiques de la croissance économique : d’une part l’effet de la croissance sur le capital naturel, d’autre part les externalités négatives que la croissance génère.

Étude d’un document

Définir les mots-clés

Le revenu salarial représente l’ensemble des rémunérations du travail perçues par les salariés, liés à leur employeur par un contrat de travail.

Le revenu moyen d’une population est le revenu total de cette population divisé par son effectif. La nomenclature des catégories socioprofessionnelles classe les individus dans des ensembles relativement homogènes du point de vue du statut, du métier exercé ou de la qualification.

Comprendre le document

Ce tableau statistique présente des indicateurs d’inégalités de distribution des revenus salariaux selon le genre et la CSP.

Lecture de D1 (Décile 1) : les 10 % des femmes salariées aux revenus les moins élevés ont perçu en 2011 un revenu annuel maximum de 1 890 €.

Lecture de D9 : les 10 % des femmes salariées aux revenus les plus élevés ont perçu en 2011 un revenu annuel minimum de 30 540 €.

Le rapport interdécile 16,1 (30 540/1 890) indique que le revenu minimal des 10 % des femmes salariées les plus riches est 16 fois plus important que le revenu maximal des 10 % des femmes salariées les plus pauvres.

Structurer sa réponse

On étudiera les inégalités salariales selon le genre puis selon la catégorie socioprofessionnelle.

Raisonnement

Entrer dans le sujet

Les firmes multinationales (FMN) sont des entreprises ayant des activités en dehors de leur pays d’origine. Ces firmes détiennent des filiales de production dans plusieurs pays.

Les FMN doivent choisir les lieux d’implantation, c’est-à-dire des pays dans lesquels elles vont réaliser des investissements directs à l’étranger (IDE). Les différentes logiques renvoient aux stratégies d’internationalisation de la production.

Comprendre les documents

Le document 1 est un texte qui présente les motivations des FMN pour réaliser des IDE. C’est la recherche d’avantages comparatifs qui oriente les choix d’implantation en permettant de gagner en compétitivité. Les FMN s’insèrent dans la division internationale du travail en produisant dans différents pays. Elles peuvent chercher à se rapprocher de marchés dynamiques ou à s’implanter dans des pays où les coûts de production sont faibles.

Le document 2 est un texte exposant les déterminants des choix de localisation des constructeurs automobiles européens. Les firmes françaises ou italiennes, qui assistent à une dégradation de leur compétitivité-prix dans leur pays d’origine, ont tendance à délocaliser leur production de véhicules d’entrée de gamme dans des pays où le coût de la main-d’œuvre est peu élevé.

Le document 3, un tableau de la Cnuced, montre l’évolution de 2000 à 2015 de la répartition mondiale des flux d’IDE entrants et sortants en pourcentage entre les économies développées, en transition et en développement. S’il apparaît que les économies en développement accueillent et réalisent une part croissante des IDE mondiaux, la majorité des flux d’IDE entrants et sortants concernent les économies développées.

Définir le plan

Dans la première partie, il s’agira d’exposer les choix de localisation des FMN permettant de gagner en compétitivité-prix. La seconde partie portera sur les autres déterminants des stratégies d’internationalisation de la production.