France métropolitaine, mars 2023 • Jour 1
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France métropolitaine, mars 2023 • Jour 1
exercice 2
Synthèse de l’arôme de banane
Intérêt du sujet • Envie d’un bonbon à la banane ? Découvrez, grâce à cet exercice, comment l’industrie agroalimentaire utilise la chimie organique pour fabriquer des arômes.

© Déco Relief
Flacon d’arôme alimentaire banane commercial
L’arôme de banane est un mélange complexe de plusieurs espèces chimiques naturelles. Le principal constituant de cet arôme est l’éthanoate de 3-méthylbutyle aussi appelé acétate d’isoamyle : il est utilisé en parfumerie et comme additif alimentaire.
L’objectif de cet exercice est de comparer plusieurs protocoles permettant de synthétiser au laboratoire cette espèce chimique, afin de déterminer quelle synthèse est la plus éco-responsable.
L’équation de la réaction de synthèse de l’éthanoate de 3-méthylbutyle est la suivante :

Données
Table de données de spectroscopie infrarouge :

Partie 1. Identification des espèces mises en jeu dans la réaction ⏱ 15 min
▶ 1. Représenter la formule topologique des réactifs et de l’éthanoate de 3-méthylbutyle. Entourer les groupes caractéristiques et identifier les familles fonctionnelles correspondantes. (0,5 point)
▶ 2. Justifier que le produit P obtenu lors de cette synthèse est de l’eau. (0,25 point)
▶ 3. Attribuer, à l’aide des données et en justifiant, chacun des spectres A et B représentés ci-après soit à l’acide éthanoïque, soit à l’éthanoate de 3-méthylbutyle. (0,5 point)
Spectre A

Partie 2. Comparaison de protocoles de synthèse ⏱ 35 min
Données
L’ion hydrogénocarbonate est une espèce amphotère appartenant aux couples acide-base suivants : / et (, ) / .
Données physico-chimiques à 20 °C et données de sécurité :

Dans la suite de l’exercice, on compare trois protocoles de synthèse.
Protocole A : synthèse avec montage de chauffage à reflux
Étape 1 : dans un ballon on introduit 22 mL de 3-méthylbutan-1-ol, 15 mL d’acide éthanoïque pur et 10 gouttes d’acide sulfurique concentré, ainsi que quelques grains de pierre ponce.
Étape 2 : le mélange est chauffé à reflux pendant 45 minutes puis refroidi à la température ambiante.
Étape 3 : la phase organique est ensuite lavée avec une solution aqueuse saturée de chlorure de sodium puis avec une solution aqueuse d’hydrogénocarbonate de sodium. La phase organique est alors séchée à l’aide de sulfate de magnésium anhydre.
La masse d’éthanoate de 3-méthylbutyle obtenue est mB = 19,7 g.
▶ 4. Nommer les étapes 2 et 3 du protocole A. (0,5 point)
L’acide sulfurique concentré est utilisé comme catalyseur dans ce protocole.
▶ 5. Préciser le sens du mot catalyseur. (0,25 point)
▶ 6. Préciser l’utilité du montage de chauffage à reflux dans ce protocole. (0,25 point)
Lors du second lavage de l’étape 3 du protocole, on observe un dégagement gazeux.
▶ 7. À l’aide des données, proposer une explication à cette observation et justifier l’utilité de cette étape. (0,5 point)
▶ 8. Déterminer le réactif limitant utilisé dans le protocole A puis calculer le rendement de la synthèse réalisée en suivant ce protocole.
Dans les protocoles B et C, les étapes 1 et 3 sont identiques à celles du protocole A, mais l’étape 2 est modifiée comme indiqué ci-dessous :

Le chauffe-ballon utilisé dans les protocoles A et C lors de l’étape 2 consomme une énergie de 4,1 × 105 J. (1,25 point)
▶ 9. Calculer l’énergie utilisée pour chauffer le mélange réactionnel dans le protocole B. Commenter. (0,5 point)
Document
L’objectif de la chimie verte est de réduire l’impact de la chimie sur la santé humaine et l’environnement. Il s’agit donc de rechercher des milieux réactionnels alternatifs et respectueux de l’environnement tout en s’efforçant, dans le même temps, d’augmenter les vitesses et d’abaisser les températures de réaction.
Paul T. Anastas et John C. Warner ont développé 12 principes de la chimie verte en 1991. Ces principes se divisent en deux groupes : « réduire le risque » et « réduire le plus possible l’empreinte environnementale ».
D’après www.sigmaaldrich.com

Figure 1. Schéma illustrant quelques principes directeurs de la chimie verte
▶ 10. À l’aide de la figure 1, identifier, en le justifiant, quel protocole répond le mieux aux principes directeurs de la chimie verte. (0,5 point)
Les clés du sujet
Le lien avec le programme

Les conseils du correcteur
Coups de pouce

Partie 1. Identification des espèces mises en jeu dans la réaction
▶ 1. Représenter une formule topologique et identifier une famille fonctionnelle
attention
Ne confondez pas le nom de la famille avec le nom du groupe caractéristique.

▶ 2. Justifier une espèce chimique formée
L’équation de la réaction de synthèse peut s’écrire avec les formules brutes de chaque espèce chimique telle que :
C5H12O + C2H4O2 ⇆ C7H14O2 + P.
Or, au cours d’une transformation chimique, il y a conservation des éléments chimiques présents.
Ici, le produit P peut s’écrire, de manière générale : CxHyOz.
Par identification du nombre de C, de H et de O dans l’équation de la réaction, on a donc :
pour C, 5 + 2 = 7 + x d’où x = 0,
pour H, 12 + 4 = 14 + y d’où y = 2,
pour O, 1 + 2 = 2+ z d’où z = 1.
Ainsi, le produit P a pour formule brute H2O : il s’agit bien de l’eau.
▶ 3. Attribuer un spectre infrarouge
Le spectre A présente une bande d’absorption forte et large vers 3 100 cm–1, caractéristique de la liaison O–H, et une bande d’absorption fine et forte vers 1 700 cm–1, caractéristique de la liaison C=O. Ces deux liaisons sont caractéristiques du groupe carboxyle COOH. Le spectre A correspond donc à celui de l’acide éthanoïque.

Le spectre B présente une bande d’absorption fine et forte vers 1 750 cm–1, caractéristique de la liaison C=O, et une bande d’absorption fine et forte vers 3 000 cm-1, caractéristique de la liaison C–H, mais aucune bande caractéristique de la liaison O–H. Le spectre B correspond donc à celui de l’éthanoate de 3-méthylbutyle.

Partie 2. Comparaison de protocoles de synthèse
▶ 4. Nommer les étapes d’un protocole de synthèse
L’étape 2 correspond à la transformation des réactifs.
L’étape 3 correspond à l’isolement de l’espèce chimique synthétisée.
▶ 5. Définir le mot catalyseur
Un catalyseur est une espèce chimique qui accélère une réaction chimique, sans en modifier l’état final. Comme il est consommé puis régénéré, sa formule chimique n’apparaît pas dans l’équation bilan.
▶ 6. Préciser l’utilité du montage de chauffage à reflux
En utilisant le chauffage, ce montage met en jeu un facteur cinétique : l’augmentation de la température permet d’accélérer la réaction chimique. De plus, le réfrigérant utilisé dans ce montage permet de condenser les vapeurs formées et d’éviter les pertes de matière.
▶ 7. Expliquer et justifier une étape de la synthèse
Lors du second lavage, avec une solution aqueuse d’hydrogénocarbonate de sodium, l’ion hydrogénocarbonate , qui a un caractère basique, réagit avec l’acide éthanoïque restant et forme du dioxyde de carbone gazeux.
Le dégagement gazeux observé correspond à l’équation de réaction :
CH3COOH(aq) + HCO3–(aq) ⇆ CH3COO–(aq) + (, ).
Ainsi, cet ajout élimine l’acide éthanoïque restant et l’acide sulfurique ajouté.
▶ 8. Déterminer le réactif limitant et calculer le rendement
attention
Dans la relation n = , si ρ est en g · mL–1 vous devez garder le volume V en mL.
On rappelle que ρ(eau) = 1,00 g · mL–1.
Calculons les quantités de matière initiales des deux réactifs introduits.
On a : ni(alcool) = et ρ(alcool) =
d’où m(alcool) = ρ(alcool) × V(alcool).
D’autre part, ρ(alcool) = d(alcool) × ρ(eau) où d(alcool) est la densité de l’alcool (indiquée dans les données).
Ainsi : ni(alcool) =
= = 2,0×10–1 mol.
De même, on peut calculer :
ni(acide) = =
= 2,6 × 10–1 mol.
D’après l’équation bilan, les coefficients stœchiométriques sont tous les deux égaux à 1. Or ni(alcool) < ni(acide) : c’est l’alcool 3-méthylbutan-1-ol qui est le réactif limitant.
D’après l’équation de la réaction, si on considère la réaction comme totale, on a à l’état final : nth(ester) = ni(alcool).
Ainsi, on a : nth(ester) = 2,0 × 10–1 mol
et par conséquent, mth(ester) = nth(ester) × M(ester)
d’où mth(ester) = 2,0 × 10–1 × 130,2 = 26 g.
à noter
Le rendement R d’une réaction peut se calculer par :
R = . La relation peut aussi s’écrire avec les quantités de matière.
Il s’exprime souvent en pourcentage.
D’après la définition du rendement, on peut donc calculer :
R = = = 0,76 soit 76 %.
▶ 9. Calculer une énergie à partir d’une puissance
L’énergie E utilisée pour chauffer le mélange réactionnel dans le protocole B est donnée par : E = P × Δt où, d’après le tableau de l’énoncé, P = 800 W et Δt = 30 s.
On a donc : E = 800 × 30 = 2,4 × 104 J.
D’après l’énoncé, le chauffe-ballon des protocoles A et C consomme une énergie de 4,1 × 105 J. Le four à micro-ondes utilisé dans le protocole B permet donc de consommer moins d’énergie.
▶ 10. Identifier le protocole répondant au mieux aux critères de la chimie verte
Le protocole B est moins énergivore que les protocoles A et C. Il limite donc les dépenses énergétiques.
D’autre part, il n’utilise pas de solvant toxique, tel que le cyclohexane utilisé par le protocole C : la synthèse chimique est donc moins toxique.
Enfin, il présente un meilleur rendement que les protocoles A et C (87 % contre, respectivement, 76 % et 85 %).
Le protocole B semble donc être celui qui répond au mieux aux critères de la chimie verte.
