Un cas d’infertilité avec adénome hypophysaire

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re ES - 1re L | Thème(s) : Prendre en charge sa vie sexuelle
Type : Partie 3 | Année : 2013 | Académie : Amérique du Nord
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Un cas d’infertilité avec adénome hypophysaire
 
 

Féminin/masculin

Corrigé

34

SVT

sci1_1306_02_01C

 

Amérique du Nord • Juin 2013

Féminin/masculin • 6 points

Madame A. et son conjoint souhaitent un premier enfant. Cette jeune femme de 28 ans a utilisé jusque-là une contraception orale régulière. Après plusieurs mois d’arrêt de la prise du contraceptif, elle n’a pas de règles et pense être enceinte mais les tests de grossesse qu’elle fait sont négatifs. Elle consulte alors son gynécologue.

Son médecin lui prescrit une première série d’analyses sanguines dont les résultats sont présentés dans le document 1.

Document 1

Résultats des analyses de Madame A et dosages de référence

 

Résultats de Mme A.

Dosages de référence

 

FSH (hormone folliculo-stimulante) et LH (hormone lutéinisante) sont des hormones hypophysaires.

Pour préciser son diagnostic, le médecin prescrit également à Mme A. :

  • une échographie des ovaires qui ne révèle aucune anomalie ;
  • une IRM1 de l’hypophyse (résultats donnés sur le document 2) ;
  • un dosage de la prolactine sanguine (résultats donnés sur le document 3). Cette molécule, sécrétée naturellement pendant la grossesse, bloque fortement l’ovulation.

1. IRM : Imagerie médicale par résonance magnétique.

Document 2

IRM de l’hypophyse

 

IRM de référence

IRM de Madame A.

 = hypophyse

 = adénome hypophysaire à prolactine

 

Ce type d’adénome est une tumeur bénigne provoquant une modification de l’activité des cellules sécrétant la prolactine, à l’origine de l’augmentation de taille de la glande.

Document 3

Résultat du dosage de la prolactine sanguine

 

Concentration moyenne en prolactine dans le sang (en mg/L)

Valeur normale (sans adénome)

Valeur mesurée chez Mme A.

< 20

> 50

 

Question 1

À l’aide du document 1 et de vos connaissances, présentez les anomalies hormonales détectées chez Mme A. et précisez comment elles expliquent son infertilité.

Question 2

Les dosages complémentaires prescrits à Mme A. ont permis de détecter :

une tumeur ovarienne

la présence de prolactine en trop faible taux chez Mme A

une sécrétion trop importante de prolactine par l’hypophyse

une absence de tumeur hypophysaire

Question 3

La difficulté de Mme A. à être enceinte peut être due à :

un blocage de l’ovulation par manque de prolactine

une absence de prolactine

la contraception utilisée avant ces tentatives de conception

un excès de prolactine qui agit sur l’ovulation en la bloquant

Question 4

Pour obtenir une grossesse, Mme A. peut avoir recours à une stimulation ovarienne par injection de :

prolactine

progestérone

progestérone et prolactine

FSH puis de LH

Interpréter les questions

La question 1 doit être rédigée. Pour les trois questions suivantes, qui sont de type QCM, il faut choisir la réponse exacte en rapport avec la question posée (ne pas cocher des réponses exactes qui ne correspondent pas à la question).

Comprendre les documents

  • Le document 1 présente des résultats d’analyse sanguine concernant les hormones sexuelles hypophysaires et ovariennes chez Mme A. Vous devez connaître leur variation dans un cycle normal pour pouvoir détecter ce qui semble anormal. Vous devez aussi bien maîtriser la chronologie des événements qui déterminent les évolutions hormonales d’un cycle et leur signification.
  • Le document 2 est une IRM du cerveau de Mme A.
  • Le document 3 donne les résultats témoins et ceux de Mme A. à propos de la concentration de prolactine dans le sang, une hormone sécrétée par l’hypophyse en période de grossesse.

Organiser les réponses

  • Dans la première question, il convient d’exploiter le plus complètement possible le document 1, afin de proposer une explication de l’infertilité chez Mme A. La cause initiale de la stérilité sera dévoilée ensuite.
  • Pour les QCM, il convient de bien lire et comprendre le document associé à chaque fois avant de répondre. Nous avons choisi de mettre quelques phrases explicatives à votre attention mais elles ne sont nullement exigées lors de l’épreuve.
Corrigé

Question 1

Mme A. et son conjoint souhaitent avoir un premier enfant mais n’y parviennent pas. Les examens prescrits par son gynécologue révèlent des anomalies importantes si l’on compare aux dosages de référence. En effet, les concentrationsd’hormones hypophysaires (LH et FSH) restent basses et constantes. On n’observe pas de variation cyclique ni de pic ovulatoire vers le quatorzième jour comme à l’accoutumée. On ne constate pas non plus de variations cycliques des hormones ovariennes (œstradiol et progestérone), qui restent à un taux bas et constant.

Il n’y a vraisemblablement pas d’évolution de l’ovaire du fait de l’absence de stimulation de ces gonades par les hormones hypophysaires, qui est nécessaire pour une évolution folliculaire normale et une ovulation.

Du fait de l’absence d’évolution cyclique de l’ovaire, la muqueuse utérine habituellement contrôlée par cet organe n’évolue pas et reste impropre à la nidation (d’où également une absence de règles).

Le document 1 indique que l’on a dosé la prolactine sanguine, hormone habituellement sécrétée pendant la grossesse par l’hypophyse, et qui bloque l’ovulation. Une sécrétion anormale de prolactine doit être la cause première de la stérilité. L’indication d’une IRM de l’hypophyse va dans le même sens.

Question 2

Les examens complémentaires prescrits ont permis de détecter une sécrétion trop importante de prolactine par l’hypophyse. L’adénome de Mme A. la conduit à un taux plasmatique de prolactine supérieur à 50 μg/L alors que le taux normal est inférieur à 20 μg/L.

Question 3

La difficulté de Mme A. à être enceinte peut être due à un excès de prolactine qui agit sur l’ovulation en la bloquant. L’adénome de Mme A. la conduit à un taux plasmatique de prolactine très élevé alors même qu’elle n’est pas enceinte. Cette hormone bloque le système hypothalamo-hypophysaire, ce qui évite toute stimulation ovarienne et ovulation durant la grossesse.

Question 4

Pour obtenir une grossesse, Mme A peut avoir recours à une stimulation ovarienne par injection de FSH puis de LH. La stimulation des ovaires par injection doit mimer la stimulation naturelle par les deux gonadostimulines : la FSH (hormone folliculo-stimulante) va provoquer le développement de follicules et la maturation d’un follicule et la LH (hormone lutéinisante) permettra l’ovulation et la stimulation du corps jaune qui se substitue au follicule mûr en seconde partie de cycle.