Un conflit du Proche-Orient : la guerre des Six Jours (1967)

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : L'épreuve orale
Type : Sujet d'oral | Année : 2014 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Un conflit du Proche-Orient : la guerre des Six Jours (1967)
 
 

Oral • Histoire

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ORAL

47

CORRIGE

 

Sujet d’oral n°4

avec document

document

1967 La guerre des Six Jours


 

préparation

Entrer dans le sujet

  • Le sujet porte sur un des conflits du Proche-Orient : la guerre des Six Jours (1967). Il s’agit du troisième conflit opposant Israël à ses voisins arabes (en particulier l’Égypte, la Syrie et la Jordanie). Cette étude rentre dans le cadre de la partie du programme intitulée Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
  • Vous devez montrer, à l’aide du document, dans quelle mesure cette guerre est représentative des enjeux des conflits du Proche et du Moyen-Orient, tout en mobilisant vos connaissances sur cette question du programme.
  • Il est pertinent d’envisager d’autres échelles que l’échelle régionale de la carte (échelle mondiale, échelle nationale).

Organiser l’exposé

  • Le document qui vous est proposé est une carte thématique du Proche-Orient mettant en évidence les conquêtes territoriales de l’État d’Israël aux dépens de l’Égypte, de la Jordanie et de la Syrie. Il ne vous donne qu’une partie des informations nécessaires au traitement du sujet.
  • Vous pouvez adopter une démarche analytique : elle vous évitera une simple narration des événements. Ainsi, vous présenterez les enjeux de la guerre des Six Jours, son déroulement et ses conséquences, en prenant en compte différentes échelles.
  • Vous devez faire preuve d’une grande précision, tant dans les localisations que dans le vocabulaire utilisé.

présentation

Introduction

Le document proposé est une carte portant sur le troisième conflit israélo-arabe : la guerre des Six Jours qui oppose, du 5 au 10 juin 1967, l’État d’Israël à une coalition militaire d’États arabes (Égypte, Jordanie, Syrie, Liban, Irak, Arabie Saoudite). Nous montrerons en quoi ce conflit est représentatif de ceux du Proche et du Moyen-Orient. Pour ce faire, nous en exposerons les enjeux, le déroulement et les conséquences.

I. Des enjeux à différentes échelles

1. À l’échelle régionale : l’existence de l’État d’Israël

  • La création de l’État d’Israël en Palestine en1948 n’est pas acceptée par les États arabes qui considèrent cette région comme une terre arabe.
  • Avant 1967, deux guerres opposent Israël à ses voisins : en 1948-1949, lors de la formation de l’État d’Israël ; en 1956, lors de la crise de Suez.

2. À l’échelle nationale : la question palestinienne

  • La guerre de 1948-1949 a vu Israël, la Jordanie et l’Égypte se partager les territoires destinés à former un futur État palestinien, pourtant prévu par l’ONU. Les Palestiniens sont donc un peuple sans État.
  • Ce premier conflit entraîne une forte émigration palestinienne d’Israël vers les États arabes voisins (Jordanie, Liban, Syrie). Les camps de réfugiés deviennent des foyers d’agitation nationaliste (ex. : naissance de l’OLP en 1964).

3. À l’échelle mondiale : la confrontation Est-Ouest

  • Depuis 1947, les États-Unis et l’URSS s’affrontent par pays interposés.
  • Au Proche-Orient, Israël est un soutenu et armé par les États-Unis. Les États arabes (Égypte, Syrie, Irak) sont des alliés de l’URSS.

II. La guerre des Six Jours, un conflit régional (1967)

Prenez appui sur la carte pour situer les lieux évoqués dans cette partie.

1. Le déclenchement

  • En mai 1967, le président égyptien Nasser décide de fermer le détroitde Tiran aux navires israéliens, ce qui bloque l’accès à la mer Rouge. En même temps, les armées d’une vaste coalition arabe (Égypte, Arabie Saoudite, Jordanie, Syrie, Liban, Irak) mobilisent leurs troupes aux frontières avec Israël.
  • Israël considère ces décisions comme une déclaration de guerre. En juin, elle lance une offensive aérienne et terrestre contre l’Égypte, la Jordanie et la Syrie.

2. Les effets immédiats

  • Les offensives israéliennes sont rapides (du 5 au 10 juin) et foudroyantes : les armées de la coalition arabe sont détruites.
  • Les gains territoriaux d’Israël sont considérables : en s’emparant du Sinaï et de Gaza (aux dépens de l’Égypte), de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est (aux dépens de la Jordanie) et du Golan (aux dépens de la Syrie), Israël a quintuplé sa superficie.
  • Une importante communauté palestinienne (environ 1 million de personnes) se retrouve dans l’État d’Israël, en particulier en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

III. Un conflit lourd de conséquences au Proche-Orient

1. La radicalisation du nationalisme palestinien

  • En 1968, l’OLP choisit la lutte armée et le terrorisme comme moyen d’action en faveur de la cause palestinienne. Cette stratégie justifie des actions spectaculaires et fortement médiatisées (ex. : prise d’otages lors des Jeux olympiques de Munich en 1972).
  • Il faut attendre la fin des années 1980 pour que l’OLP renonce au terrorisme et s’engage dans des négociations avec Israël ; celles-ci débouchent sur les accords d’Oslo en 1993, instaurant l’autonomie de la Cisjordanie et de Gaza.
  • Cependant, une vive agitation nationaliste perdure dans les Territoires occupés, en particulier dans la bande de Gaza (première intifada en 1987, seconde intifada en 2000-2003).

2. La remise en cause du territoire et de l’État d’Israël

  • En novembre 1967, le Conseil de sécurité de l’ONU exige le retrait des forces armées israéliennes des territoires qu’elle occupe. Israël passe outre ; seul le Sinaï sera restitué à l’Égypte en1979 après les accords israélo-égyptiens de Camp David.
  • Les États arabes défaits par les armées israéliennes veulent récupérer les territoires perdus et rayer Israël de la carte. En1973, lors de la guerre du Kippour, l’Égypte et la Syrie seront une nouvelle fois battues. Seules l’Égypte et la Jordanie ont depuis signé un accord de paix avec Israël.

Conclusion

La guerre des Six Jours est révélatrice des conflits du Proche-Orient, car ses enjeux (politiques et géostratégiques) sont complexes, et ses répercussions se font sentir à différentes échelles. La question de la reconnaissance officielle de l’État palestinien reste entière : l’adhésion de l’Autorité palestinienne a été refusée par le Conseil de sécurité de l’ONU en 2011, mais l’Assemblée générale l’a reconnue en tant qu’État observateur (non membre) en 2012.