Un nouveau réalisme romanesque : Martin du Gard, Aragon, Simenon

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Annales corrigées
Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
Corpus Corpus 1
Un nouveau réalisme romanesque : Martin du Gard, Aragon, Simenon

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À partir des années 1930, se développe un nouveau réalisme qui se manifeste dans des romans-fleuves (Martin du Gard), des romans de mœurs (Aragon) ou des romans populistes (Simenon).

info Le roman-fleuve, hérité de Balzac et Zola, est centré autour de la destinée d’un individu ou d’une famille. Le roman populiste met en scène des gens issus des milieux populaires.

1 Roger Martin du Gard (1881-1958) : un roman-fleuve

 Issu de la grande bourgeoisie parisienne, il aborde rapidement la carrière des lettres. Mobilisé en 1914 et affecté au service du ravitaillement, il est témoin des atrocités du front. Après la guerre, il se consacre à l’écriture d’un roman-fleuve, Les Thibault.

Les Thibault (8 vol., 1922-1940) content la destinée de deux frères très différents : Antoine, brillant médecin parisien, qui, gazé pendant la guerre, découvre lors de son agonie le sens de la vie, et Jacques l’insoumis, militant pacifiste qui meurt pour ses idées.

– Ne crois-tu pas ? En un pareil moment, refuser de servir, c’est faire passer son intérêt personnel avant l’intérêt général.

– Avant l’intérêt national ! riposta Jacques. L’intérêt général, l’intérêt des masses, c’est manifestement la paix, et non la guerre. […] Je n’accepterai jamais qu’un gouvernement puisse me forcer à prendre part à une entreprise que je considère comme un crime […]. Pour moi, l’héroïsme […] n’est pas de prendre un fusil et de courir à la frontière ! c’est de lever les crosses, – et de se laisser conduire au poteau, plutôt que de se faire complice !…

Les Thibault, L’Été 1914, 1936, © Éditions Gallimard

L’essentiel sur…

Les Thibault

  • Une fresque sociale sur fond d’histoire contemporaine.
  • Une vision tragique de la condition humaine qui préfigure l’absurde : la guerre, nouvelle forme de fatalité, ôte à la vie tout son sens.

2 Louis Aragon (1897-1982) : le réalisme socialiste

Aragon, poète (>fiche75), est l’auteur d’un cycle romanesque intitulé Le Monde réel, dans lequel il cherche à illustrer les thèses du réalisme socialiste et dont font partie Les Beaux Quartiers et Aurélien.

Les Beaux Quartiers (1936) évoque l’entraide impossible entre deux frères qui, à la fin de la Belle Époque, choisissent des voies opposées : Armand, l’ouvrier briseur de grèves, et Edmond, le riche bourgeois, symbole de la réussite sociale.

Aurélien (1944) raconte l’échec de l’amour entre Aurélien Leurtillois, ancien combattant de la guerre de 14, et Bérénice, une jeune provinciale venue quelque temps à Paris.

La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n’aimait pas comment elle était habillée. Une étoffe qu’il n’aurait pas choisie.

Aurélien, incipit, © Éditions Gallimard

L’essentiel sur…

les romans d’Aragon

  • Une vaste fresque sociale, une condamnation des valeurs bourgeoises considérées comme décadentes.
  • Une large place accordée à la femme et à l’amour.

3 Georges Simenon (1903-1989) : le roman d’atmosphère

Né à Liège, Simenon s’installe à Paris. Il écrit plus de trois cents romans, dont les uns présentent une enquête menée par le commissaire Maigret et les autres mettent en scène des êtres aux destins tragiques.

Le Chien jaune (1931) se déroule à Concarneau, où la peur s’installe : coups de feu, tentative d’empoisonnement et, à chaque fois, la présence d’un mystérieux chien jaune…

 Dans L’Affaire Saint-Fiacre (1932), la comtesse du même nom meurt mystérieusement pendant la messe du jour des Morts…

L’essentiel sur…

les romans de Simenon

  • Un personnage emblématique : Maigret, commissaire bourru, sorte de confesseur des âmes.
  • La création du roman policier moderne avec la primauté donnée à l’atmosphère (grisaille, pluie…) et au décor.