Une famille de rêve (texte d'A. Mabanckou, tableau de W. Lam)

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Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Se raconter, se représenter
Type : Sujet complet | Année : 2016 | Académie : Inédit

 

9

Sujet inédit • Se raconter, se représenter

100 points

Une famille de rêve

Document A Texte littéraire

Alain Mabanckou raconte dans cet ouvrage son retour, après vingt-trois ans d’absence, dans la ville où il a grandi, Pointe-Noire, au Congo. Il explique pourquoi il a longtemps refusé d’accepter la mort de sa mère, survenue entre-temps, et évoque quelques souvenirs d’enfance.

Oui, j’ai longtemps laissé croire que ma mère était encore en vie. Je n’avais, pour ainsi dire, pas le choix, ayant pris l’habitude de ce genre de mensonges depuis l’école primaire lorsque je ressuscitais mes sœurs aînées dans le dessein d’échapper aux railleries de mes camarades qui, eux, se glorifiaient d’avoir une famille nombreuse et se proposaient de « prêter » des rejetons à ma mère. Obsédée par l’idée de voir un autre enfant sortir de son ventre, elle avait consulté les médecins les plus réputés de la ville et la plupart de ces guérisseurs traditionnels qui prétendaient avoir soigné des femmes dont la stérilité datait au moins d’une vingtaine d’années. Déçue […], ma mère s’était résolue à accepter sa condition : n’avoir qu’un seul enfant et se dire qu’il y avait sur terre d’autres femmes qui n’en avaient pas et qui auraient été comblées d’être à sa place. Elle ne pouvait pas pour autant balayer d’un revers de main le fait que la société dans laquelle elle vivait considérait une femme sans enfants comme aussi malheureuse que celle qui n’en avaient eu qu’un seul. Dans ce même esprit, un fils unique était un pestiféré1. Il était la cause des malheurs de ses parents […]. Sans compter qu’on lui attribuait les pouvoirs les plus extraordinaires : il était capable de faire pleuvoir, d’arrêter la pluie, de causer la fièvre à ses ennemis, de rendre les plaies de ces derniers incurables. Tout juste s’il ne pouvait influer sur la rotation de la Terre. […]

Lorsque j’évoquais ces sœurs devant mes camarades j’exagérais sans doute. J’avançais avec fierté qu’elles étaient grandes, belles et intelligentes. J’ajoutais, sûr de moi, qu’elles portaient des robes aux couleurs d’arc-en-ciel et qu’elles comprenaient la plupart des langues de la terre. Et pour convaincre certains de mes détracteurs, j’insistais qu’elles roulaient dans une Citroën DS décapotable rouge conduite par un boy2, qu’elles avaient maintes fois pris l’avion, et qu’elles avaient traversé les mers et les océans. Je savais alors que j’avais marqué des points lorsque les interrogations fusaient :

– Donc toi aussi tu es entré dans cette Citroën DS avec tes sœurs ? questionnait le plus candide de mes camarades dont les yeux luisaient de convoitise.

Je trouvais vite un alibi inattaquable.

– Non, je suis trop petit, mais elles ont promis de me laisser entrer dedans quand j’aurai leur taille…

Un autre, plutôt animé par la jalousie, essayait de me contrarier :

– C’est du n’importe quoi ! Depuis quand il faut être grand pour entrer dans une voiture ? J’ai vu des enfants plus petits que nous dans les voitures !

Je ne perdais pas mon calme :

– Est-ce que c’était dans une Citroën DS que tu les avais vus, ces enfants ?

– Euh… non… C’était une Peugeot…

– Ben voilà… Dans la Citroën DS décapotable il faut être plus grand que nous parce que c’est une voiture qui va vite, et c’est dangereux si tu es encore petit…

Puisque personne n’avait vu ces sœurs, mitraillé de questions par une assemblée de mômes de plus en plus curieux, mais dont l’incrédulité croissait au rythme de ma mythomanie3, je prétextais qu’elles étaient en Europe, en Amérique, voire en Asie et qu’elles reviendraient en vacances pendant la saison sèche. […]

Égaré dans la nasse4 de mes propres fictions, je commençais à y croire plus que mes camarades, et j’attendais de pied ferme le retour de mes aînées.

Alain Mabanckou, Lumières de Pointe-Noire, 2013, © Éditions du Seuil, « Fiction et Cie », 2013, Points, 2014.

1. Pestiféré : maudit.

2. Boy : domestique.

3. Mythomanie : tendance excessive à mentir et à inventer des histoires.

4. Nasse : filet dont le poisson ne peut plus s’échapper après y être entré.

Document B Wilfredo Lam, Niño en blanco, 1940

Wilfredo Lam (1902-1982) est un peintre cubain, influencé à la fois par les arts occidentaux et par les arts africains.

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ADAGP, Paris 2017

Travail sur le texte littéraire et sur l'image 50 Points • 1 h 10

Les réponses doivent être entièrement rédigées.

Grammaire et compétences linguistiques

1. « L’incrédulité » (l. 50)

a) Expliquez précisément la formation de ce mot, et donnez sa signification. (4 points)

b) Relevez dans le texte deux adjectifs construits avec le même préfixe. (2 points)

2. « Mitraillé de questions par une assemblée de gosses de plus en plus curieux » (l. 48-49)

a) Que signifie le mot « mitraillé » dans cette phrase ? (2 points)

b) Donnez un mot de la même famille. (1 point)

3. « Égaré dans la nasse de mes propres fictions, je commençais à y croire plus que mes camarades, et j’attendais de pied ferme le retour de mes aînées. »

Réécrivez ce passage en remplaçant la première personne du singulier par la première personne du pluriel, et l’imparfait par le présent de l’indicatif. Vous ferez toutes les modifications nécessaires. (10 points)

Compréhension et compétences d’interprétation

▶ 4. Quels sont les membres de sa famille que le narrateur mentionne ? Qu’apprend-on d’eux dès les premières lignes ? (4 points)

▶ 5. Quelles sont les croyances populaires attachées à un enfant unique, mentionnées dans le texte ? (4 points)

▶ 6. « […] “prêter” des rejetons à ma mère. » (ligne 6) (4 points) :

a) Que propose-t-on de « prêter » à la mère du narrateur ?

b) Pourquoi le verbe prêter est-il entre guillemets ?

▶ 7. a) Quelle image le narrateur donne-t-il de ses sœurs à ses camarades ? (1 point)

b) Quelles sont les figures de style employées pour faire leur portrait ? (2 points)

La comparaison.

L’énumération.

La périphrase.

L’hyperbole.

c) Pourquoi dresse-t-il leur portrait ? (2 points)

▶ 8. a) Quels sont les différents sentiments qui poussent les camarades du narrateur à lui poser des questions ? (2 points)

b) « […] dont l’incrédulité croissait au rythme de ma mythomanie […] » (lignes 49-50)

Expliquez le sens de ce passage en vous aidant de ce qui précède et de ce qui suit. (2 points)

▶ 9. Selon vous, le narrateur souffre-t-il de sa situation familiale ? (4 points)

▶ 10. Selon vous, quels sont les éléments qui permettent de rapprocher la peinture et le texte ? (3 points)

▶ 11. Qu’évoque en vous cette peinture ? Pourquoi ? Comparez ces impressions à celles provoquées par la lecture du texte. (3 points)

dictée 10 points • 20 min

Le titre et la source de l’extrait sont écrits au tableau au début de la dictée.

Alain Mabanckou

Lumières de Pointe-Noire

© Éditions du Seuil, 2013
Points, 2014

Une mère complice

On pouvait m’entendre monologuer sur le chemin de l’école ou dans le quartier quand ma mère m’envoyait acheter du sel ou du pétrole. À force de passer des heures avec ces sœurs dans mes pensées, je les voyais à présent la nuit ouvrir la porte de notre maison, entrer et s’orienter vers la cuisine où elles fouillaient dans les marmites les restes de la nourriture que ma mère avait préparée. Le jour où je soufflai à ma mère que mes deux sœurs nous avaient rendu visite et n’avaient pas trouvé de quoi manger, elle demeura silencieuse puis […] me dit :

– Tu n’as pas remarqué que tous les soirs je laisse deux assiettes remplies de nourriture à l’entrée de la porte ?

rédaction 40 points • 1 h 30

Vous traiterez au choix l’un des deux sujets. Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (300 mots environ).

Sujet d’imagination

Vous avez, un jour, proféré des mensonges avant d’être obligé d’avouer la vérité. Racontez cet épisode, en insistant particulièrement sur les sentiments ressentis à cette occasion.

Sujet de réflexion

Certains appartiennent à des familles nombreuses, tandis que d’autres n’ont ni frère ni sœur. Pensez-vous qu’il est préférable, pour un adolescent, d’avoir des frères et sœurs ou d’être enfant unique ? Vous présenterez votre réflexion de manière structurée, dans un texte organisé en paragraphes.

Les clés du sujet

Les documents

Le texte littéraire (document A)

Le texte autobiographique d’Alain Mabanckou, écrit comme un moyen d’accepter enfin la mort de sa mère, raconte dans ses premières pages la naissance et l’enfance du narrateur. Les sœurs aînées mentionnées ne sont pas des inventions pures ; mais le narrateur ne les a jamais connues, car elles sont mortes en venant au monde.

Le tableau (document B)

Influencé par Picasso et le mouvement surréaliste, Wilfredo Lam (1902-1982) a toujours revendiqué l’influence de la poésie africaine sur sa peinture. Il est marqué, en 1931, par un événement tragique : sa femme et son fils succombent à la tuberculose. Il peint alors de nombreux tableaux de mère et enfant pour exprimer sa douleur.

Rédaction (sujet d’imagination)

Recherche d’idées

Tu peux imaginer une situation où tu mens à l’un de tes camarades, à tes parents ou à tes professeurs. Définis avec précision les raisons qui t’ont conduit à mentir : la peur, l’envie ou la précipitation.

Conseils de rédaction

Commence par présenter la situation : l’âge que tu avais, le lieu où tu te trouvais. Explique ensuite les raisons qui t’ont poussé(e) à mentir, puis celles qui t’ont forcé(e) à avouer le mensonge. Quand tu mentionneras tes sentiments, insiste sur le doute (s’imaginer, espérer, sans doute, éventuellement…) ou la culpabilité (honte, responsabilité, faute, regret…).

Rédaction (sujet de réflexion)

Recherche d’idées

Réfléchis d’abord aux avantages dont jouit un enfant unique : une attention plus grande de la part des parents, l’absence de chamailleries, des conditions de vie parfois plus agréables… Puis, à l’inverse, pense à ce que peut apporter l’existence de frères et de sœurs : le plaisir du partage, la protection des aînés, l’apprentissage de la responsabilité.

Conseils de rédaction

Au brouillon, ne rédige entièrement que l’introduction et la conclusion. Ton plan comportera deux parties, reliées par un lien logique d’opposition (cependant, néanmoins, toutefois…). Attends la conclusion pour donner ton opinion personnelle sur le sujet.

Corrigé

Corrigé

Travail sur le texte littéraire et sur l'image

Grammaire et compétences linguistiques

▶ 1. a) Ce terme est formé du préfixe privatif in-, suivi du radical, l’adjectif crédule, auquel on a ajouté le suffixe -ité permettant de former le nom commun. Crédule qualifie quelqu’un qui croit facilement ce qu’on lui dit. L’incrédulité est donc le refus de croire.

b) Deux adjectifs dans le texte sont formés avec le même préfixe privatif : incurables (l. 20) et inattaquable (l. 34).

▶ 2. a) « Mitraillé » signifie que tous les enfants l’interrogent en même temps : le narrateur est bombardé de questions.

b) On retrouve ce sens dans le mot formé sur le même radical, « mitrailleuse », une arme tirant par rafales.

▶ 3. Les modifications sont mises en couleur.

« Égarés dans la nasse de nos propres fictions, nous commençons à y croire plus que nos camarades, et nous attendons de pied ferme le retour de nos aînées. »

Compréhension et compétences d’interprétation

▶ 4. Le narrateur mentionne d’abord sa mère, puis ses sœurs aînées. Dès les premières lignes, on apprend que ces personnes sont mortes, mais qu’il a longtemps laissé croire qu’elles étaient encore en vie. Le mensonge concernant ses sœurs date de son enfance ; on comprend que le mensonge concernant sa mère est, comme son décès, beaucoup plus récent.

▶ 5. La société dans laquelle vit la mère déconsidère les femmes qui n’ont eu qu’un seul enfant. Les croyances qui s’y attachent sont clairement péjoratives : l’enfant est vu comme un pestiféré, cause de malheurs, et possède des pouvoirs surnaturels (commander la pluie, faire du tort à ses ennemis, par exemple).

▶ 6. a) Les camarades du narrateur, par raillerie, proposent de prêter à sa mère des enfants supplémentaires.

b) Les guillemets signalent que le verbe « prêter » n’est pas adapté à la proposition ; on ne peut pas prêter des enfants.

▶ 7. a) Le narrateur donne de ses sœurs une image très positive : en plus d’être grandes, belles et intelligentes, elles sont polyglottes, voyagent et se déplacent luxueusement.

zoom

L’hyperbole est une figure d’exagération.

b) Pour mentionner toutes ces qualités, deux figures sont utilisées : l’énumération, et l’hyperbole.

c) Le narrateur dresse un portrait exagérément positif de ses sœurs imaginaires, car il veut avant tout échapper aux railleries de ses camarades qui lui reprochent d’être enfant unique ; en s’inventant une famille magnifique, il cherche peut-être également à combler un certain vide.

▶ 8. a) Les sentiments successivement mentionnés sont : la convoitise, la jalousie, la curiosité et l’incrédulité.

b) Plus ses camarades le questionnent, plus le narrateur est amené à forger de nouveaux mensonges ; et plus les mensonges sont nombreux, plus ses camarades ont du mal à le croire. Mais plus il profère de mensonges, plus il se met lui-même à y croire : sa mythomanie (ou le fait de croire à ses propres mensonges) augmente, tandis que l’incrédulité de ses camarades grandit elle aussi.

▶ 9. Enfant unique dans une société où cela est très mal vu, le narrateur vit seul avec sa mère, car ses deux sœurs aînées sont mortes à la naissance. Il ne parle pourtant pas de souffrance ; il n’insiste pas sur sa solitude. Le mensonge des sœurs aînées sert avant tout à impressionner ses camarades.

10. Le thème de la famille semble commun aux deux documents. Le texte présente un petit garçon, sa mère et ses sœurs ; le tableau montre une silhouette d’enfant, s’accrochant au cou d’une figure maternelle. L’attachement de l’enfant aux membres, réels ou fantasmés, de sa famille, se retrouve dans les deux documents.

▶ 11. Le lien entre les deux silhouettes est au centre du tableau de Wilfredo Lam. Mais les couleurs majoritairement utilisées sont froides, et les différences sont importantes entre l’enfant et la mère (les couleurs utilisées, les visages, les attitudes). Le tableau n’évoque donc pas une relation éternellement heureuse. Comme dans le texte, les liens familiaux, même emplis d’amour, ne sont pas forcément synonymes de bonheur.

dictée

POINT MÉTHODE

1 Ne confonds pas les homophones suivants : ou (= ou bien)/ ; ces (déterminant démonstratif)/ses (déterminant possessif).

2 Sois attentif aux accords du participe passé : employé sans auxiliaire, il fonctionne comme un adjectif et s’accorde avec le nom qu’il qualifie ; employé avec avoir, il ne s’accorde jamais avec le sujet ; mais il peut s’accorder avec le COD si celui-ci est placé avant le verbe.

3 Pour savoir s’il faut employer l’imparfait (je soufflais) ou le passé simple (je soufflai), identifie la valeur du temps dans la phrase : il s’agit ici d’une action ponctuelle, il faut donc employer le passé simple.

On pouvait m’entendre monologuer sur le chemin de l’école ou dans le quartier quand ma mère m’envoyait acheter du sel ou du pétrole. À force de passer des heures avec ces sœurs dans mes pensées, je les voyais à présent la nuit ouvrir la porte de notre maison, entrer et s’orienter vers la cuisine elles fouillaient dans les marmites les restes de la nourriture que ma mère avait préparée. Le jour je soufflai à ma mère que mes deux sœurs nous avaient rendu visite et n’avaient pas trouvé de quoi manger, elle demeura silencieuse puis […] me dit :

– Tu n’as pas remarqué que tous les soirs je laisse deux assiettes remplies de nourriture à l’entrée de la porte ?

Rédaction

Voici un exemple de rédaction sur chacun des deux sujets.

Attention les titres en couleur ne doivent pas figurer sur ta copie.

Sujet d’imagination

[Présentation des circonstances] Lorsque j’avais dix ans, ma mère et moi sommes partis en vacances au Maroc et je pris l’avion pour la première fois. Pendant tout le vol, j’étais tellement excité que je n’arrivais pas à me taire. En arrivant à Marrakech, ma mère était nerveuse et irritable à cause de la fatigue due au voyage, et sans doute aussi de mon bavardage incessant. Lorsque je fis tomber ma valise sur son petit orteil, elle devint écarlate et se mit à crier contre moi, nous donnant en spectacle, sans faire aucun cas du regard des autres ; je pris très mal cette humiliation publique et sonore.

[Le mensonge et l’aveu] Lorsque nous sommes parvenus aux douanes, ma mère avait retrouvé son calme. J’étais, quant à moi, à la fois décontenancé et plein de rancune. Aussi lorsque le policier, après avoir examiné mon passeport, me demanda si la dame qui m’accompagnait était ma mère, je répondis que non, et que je ne la connaissais pas. Il regarda alors ma mère d’un air interrogateur. Je vis bien qu’elle s’efforçait de garder son calme, tandis qu’elle répondait au douanier, mais le regard qu’elle me lança ne laissait rien présager de bon. Une discussion s’engagea entre les deux adultes dans une atmosphère tendue. Je commençai à avoir très chaud, et à me demander si je n’avais pas un peu exagéré. Finalement, au milieu de la suspicion générale, ma mère brandit le livret de famille qui prouvait, même si nous ne portions pas le même nom, que j’étais bien son fils. Je dus alors, tête baissée, avouer aux policiers que j’avais menti. Le regard noir et la main posée sur leur arme, ils me firent bien comprendre qu’ils n’avaient pas trouvé ça drôle.

conseil

Tu n’es pas obligé de terminer ton devoir par une conclusion bien-pensante du type : j’ai compris que c’était mal de mentir, je ne le ferai plus, etc.

[Conclusion] J’avais menti car j’étais en colère contre ma mère ; mais je fis connaissance avec une colère bien plus terrible encore : ce ne fut que le lendemain, après une bonne nuit et un petit-déjeuner copieux, que ma mère accepta de me parler à nouveau à peu près gentiment.

Sujet de réflexion

[Introduction] On peut naître dans une famille nombreuse, ou au contraire être l’unique enfant de ses parents. À l’adolescence cela prend une importance tout à fait particulière. À cet âge, vaut-il mieux avoir des frères et sœurs ou être enfant unique ?

[Les avantages d’être enfant unique] Lorsque l’on est l’unique enfant à la maison, on profite d’abord d’une attention plus grande de la part de ses parents, qui n’ont pas à s’occuper d’autres enfants. C’est d’autant plus important en cette période fragile qu’est l’adolescence. Le quotidien d’un enfant unique est aussi plus calme : ni disputes, ni rivalité, ni jalousie envers un aîné ou un cadet. Enfin, c’est aussi la garantie de ne pas avoir à partager sa chambre, à un âge où l’on souhaite préserver son intimité.

[Les avantages d’appartenir à une fratrie] Toutefois, avoir des frères et sœurs peut se révéler très bénéfique, notamment à l’adolescence. On peut partager avec eux ses angoisses et ses joies. Durant cette période de la vie où l’on manque parfois de repères, il peut également être bon de bénéficier du soutien et des conseils de quelqu’un de plus proche de soi que les parents. Enfin, en jouant ce même rôle auprès des plus jeunes, on apprend à être responsable.

[Conclusion] Être enfant unique peut donc présenter des avantages. Mais avoir des frères et sœurs me semble plus bénéfique. Si leur rôle est central à l’adolescence, les liens tissés dans une fratrie pendant l’enfance sont un gage de rapports affectifs solides à l’âge adulte.