Une fuite dans l’imaginaire (texte de Flaubert, publicité Chanel)

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Annales corrigées
Classe(s) : 3e - Tle S | Thème(s) : Dénoncer les travers de la société - Sujets diverses matières à indexer
Type : Sujet complet | Année : 2017 | Académie : Centres étrangers

 

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D’après Centres étrangers • Juin 2017

100 points

Une fuite dans l’imaginaire

document a Texte littéraire

Emma Bovary est l’épouse de Charles, un homme avec lequel elle n’est pas heureuse. Déçue par sa vie monotone, elle rêve de mener une vie mondaine comme les princesses ou les actrices des romans et des magazines qu’elle lit.

Comment était-ce Paris ? Quel nom démesuré ! Elle se le répétait à demi-voix, pour se faire plaisir ; il sonnait à ses oreilles comme un bourdon de cathédrale, il flamboyait à ses yeux jusque sur l’étiquette de ses pots de pommade. […]

Elle s’acheta un plan de Paris, et, du bout de son doigt, sur la carte, elle faisait des courses dans la capitale. Elle remontait les boulevards, s’arrêtant à chaque angle, entre les lignes des rues, devant les carrés blancs qui figurent les maisons. Les yeux fatigués à la fin, elle fermait ses paupières, et elle voyait dans les ténèbres se tordre au vent des becs de gaz1, avec des marche-pieds de calèches, qui se déployaient à grand fracas devant le péristyle des théâtres.

Elle s’abonna à la Corbeille, journal des femmes, et au Sylphe des salons. Elle dévorait, sans en rien passer, tous les comptes rendus de premières représentations, de courses et de soirées, s’intéressait au début d’une chanteuse, à l’ouverture d’un magasin. Elle savait les modes nouvelles, l’adresse des bons tailleurs, les jours de Bois ou d’Opéra. Elle étudia, dans Eugène Sue, les descriptions d’ameublements ; elle lut Balzac et George Sand2, y cherchant des assouvissements3 imaginaires pour ses convoitises personnelles. À table même, elle apportait son livre, et elle tournait les feuillets, pendant que Charles mangeait en lui parlant.

Paris, plus vague que l’Océan, miroitait donc aux yeux d’Emma dans une atmosphère vermeille. La vie nombreuse qui s’agitait en ce tumulte4 y était cependant divisée par parties, classée en tableaux distincts. Emma n’en apercevait que deux ou trois qui lui cachaient tous les autres, et représentaient à eux seuls l’humanité complète. Le monde des ambassadeurs marchait sur des parquets luisants, dans des salons lambrissés de miroirs, autour de tables ovales couvertes d’un tapis de velours à crépines d’or5. Il y avait là des robes à queue, de grands mystères, des angoisses dissimulées sous des sourires. […] Dans les cabinets de restaurant où l’on soupe après minuit riait, à la clarté des bougies, la foule bigarrée des gens de lettres et des actrices. Ils étaient, ceux-là, prodigues6 comme des rois, pleins d’ambitions idéales et de délires fantastiques. C’était une existence au-dessus des autres, entre ciel et terre, dans les orages, quelque chose de sublime.

Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857.

1. Becs de gaz : éclairage public au xixsiècle.

2. Eugène Sue, Balzac, George Sand : romanciers célèbres du xixe qui ont décrit Paris.

3. Assouvissements : satisfactions.

4. Tumulte : foule débordante d’énergie.

5. Flaubert décrit ici des intérieurs très luxueux.

6. Prodigues : dépensiers.

document b Publicité pour la marque Chanel, 1982

© Chanel-DR

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Travail sur le texte littéraire et sur l'image 50 points • 1 h 10

Les réponses doivent être entièrement rédigées.

Grammaire et compétences linguistiques

1. « Miroitait » (l. 22) :

a) Trouvez un mot de la même famille. (1 point)

b) Par quel synonyme pourriez-vous remplacer le mot « miroitait » dans la phrase ? (1 point)

c) Comment interprétez-vous le choix du verbe « miroitait » ? (4 points)

2. « À table même, elle apportait son livre, et elle tournait les feuillets, pendant que Charles mangeait en lui parlant » (l. 19-21).

a) Identifiez le temps et le mode utilisés dans cette phrase. (2 points)

b) Justifiez leur emploi. (2 points)

3. « Elle étudia, dans Eugène Sue, des descriptions d’ameublements ; elle lut Balzac et George Sand, y cherchant des assouvissements imaginaires pour ses convoitises personnelles. À table même, elle apportait son livre, […] tournait les feuillets, pendant que Charles mangeait en lui parlant. » (l. 17-21)

Réécrivez ce passage en remplaçant « elle » par « je ». Vous ferez toutes les transformations qui en découlent. (10 points)

Compréhension et compétences d’interprétation

4. Emma s’est-elle déjà rendue à Paris ? Justifiez votre réponse. (3 points)

5. Que ressent Emma pour Paris ?

de la crainte

de la fascination

de la curiosité.

a) Recopiez la bonne réponse sur votre copie. (1 point)

b) Justifiez votre choix en citant au moins deux éléments. (2 points)

6. Quel est le quotidien d’Emma ? Vous vous appuierez sur le texte pour justifier votre réponse. (4 points)

7. D’après le dernier paragraphe, quelle vie Emma rêve-t-elle de vivre ? (4 points)

8. Quels travers de la société Flaubert dénonce-t-il ? (4 points)

9. Selon vous, cette critique est-elle encore d’actualité ? (4 points)

10. Regardez le document B. Commentez la façon dont cette femme tient le tableau de La Joconde. (2 points)

11. En vous appuyant sur le document iconographique et sur le texte, dites quelle image de la femme française est ici véhiculée. (6 points)

dictée 10 points • 20 min

Le nom de l’auteur, le titre de l’ouvrage, ainsi que « Bérénice » sont écrits au tableau au début de la dictée.

Louis Aragon

Aurélien, 1945

© Éditions Gallimard, www.gallimard.fr

Brusquement la ville s’ouvrait sur une perspective, et Bérénice sortait de cet univers qui l’effrayait et l’attirait […]. Que c’est beau, Paris ! Là même où les voies sont droites, et pures, que de tournants… Nulle part à la campagne, le paysage ne change si vite ; nulle part, même dans les Alpes ou sur les bords de la mer ; il n’y a de si forts aliments pour le rêve d’une jeune femme désœuvrée, et ravie de l’être, et libre, libre de penser à sa guise, sans se surveiller, sans craindre de trahir sur son visage le fond de son cœur, de laisser échapper une phrase qu’elle regretterait parce qu’elle aurait fait du mal à quelqu’un…

Rédaction 40 points • 1 h 30

Vous traiterez au choix l’un des deux sujets. Votre travail fera au moins deux pages (soit une cinquantaine de lignes).

Sujet d’imagination

Vous êtes journaliste et vous devez rédiger un article invitant à découvrir un lieu qui vous semble digne d’intérêt. Dans votre texte, vous présenterez les atouts géographiques et culturels de cet endroit. Vous veillerez à ne pas signer votre article.

Sujet de réflexion

« Il y avait là des robes à queue, de grands mystères, des angoisses dissimulées sous des sourires. » (l. 29-30) Pourquoi, selon vous, la vie des stars et des personnes célèbres fascine-t-elle toujours autant ?

Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté et organisé en vous appuyant sur votre expérience, vos lectures, votre culture personnelle et les connaissances acquises dans l’ensemble des disciplines.

Les clés du sujet

Les documents

Le texte littéraire (document A)

Madame Bovary raconte le destin d’une jeune fille de province, d’origine paysanne mais élevée en « demoiselle », qui croit échapper à sa condition par son mariage ; très vite pourtant elle délaissera ses illusions. Couverte de dettes, abandonnée par ses amants, désespérée, elle se suicide.

L’image (document B)

Cette publicité pour la célèbre marque de haute couture met en scène une parisienne élégamment vêtue. L’effet de surprise provient du tableau de Léonard de Vinci qu’elle tient négligemment dans la main, comme s’il s’agissait d’un achat anodin.

Rédaction (sujet d’imagination)

Recherche d’idées

Pense à un lieu que tu connais et que tu apprécies ; il te sera plus simple ainsi de trouver ses atouts.

Le lieu à présenter peut être un quartier, une ville, une région, un pays.

Conseils de rédaction

Choisis un titre pour ton article : court, il doit attirer l’attention ; tu peux l’accompagner d’un sous-titre, apportant des informations complémentaires.

Écris ensuite le chapeau : un texte court qui résume l’essentiel de l’information et permet d’accrocher l’attention du lecteur.

Rédige enfin l’article, que tu peux émailler d’intertitres. Termine par une phrase de conclusion.


Rédaction (sujet de réflexion)

Recherche d’idées

Le sujet ne demande pas de juger si cette fascination est légitime, mais simplement d’essayer de comprendre les raisons de cette fascination.

Pour comprendre ce comportement, essaye d’analyser tes propres agissements : y a-t-il des célébrités que tu admires ? Pour quelles raisons ?

Conseils de rédaction

Tu veilleras, dans ton introduction, à reprendre ou à reformuler la question posée dans le sujet, qui te servira de problématique.

Les exemples doivent seulement servir à illustrer ton propos : tu ne dois donc pas raconter en détail toutes les mésaventures arrivées à telle ou telle star de la chanson.

Corrigé

Corrigé

Travail sur le texte littéraire et sur l'image

Grammaire et compétences linguistiques

info +

Faire miroiter quelque chose à quelqu’un, c’est lui promettre un avantage, qu’il n’a en réalité aucune certitude d’obtenir.

1. a) « Miroir » est un mot de la même famille que « miroitait ».

b) Le verbe peut être remplacé par ses synonymes, « scintillait » ou « brillait ».

c) Le verbe « miroitait » indique que Paris est pour Emma une image brillante, mais aussi inaccessible. Or, comme le reflet du miroir, cette image est sans doute imparfaite et trompeuse.

2. a) Les verbes « apportait, tournait, mangeait » sont conjugués à l’imparfait de l’indicatif.

b) L’imparfait est utilisé pour décrire une action qui se répète, une habitude.

3. Les modifications sont mises en couleur.

« J’étudiai, dans Eugène Sue, des descriptions d’ameublements ; je lus ­Balzac et George Sand, y cherchant des assouvissements imaginaires pour mes convoitises personnelles. À table même, j’apportais mon livre, […] ­tournais les feuillets, pendant que Charles mangeait en me parlant. »

Compréhension et compétences d’interprétation

4. Emma ne s’est jamais rendue à Paris. La phrase interrogative par laquelle débute le texte traduit les pensées d’Emma, qui s’interroge sur l’aspect de la capitale qu’elle n’a jamais vue : « Comment était-ce, Paris ? »

5. a) Emma ressent avant tout de la fascination pour cette ville.

b) Plusieurs éléments du texte témoignent de cette fascination. Ainsi l’héroïne se « répétait à demi-voix [le nom de Paris] pour se faire plaisir ». Ce nom « sonnait à ses oreilles » et « flamboyait à ses yeux ». L’admiration passionnée d’Emma se lit également dans la phrase : « Paris, plus vaste que l’Océan, miroitait donc aux yeux d’Emma dans une atmosphère vermeille. »

6. La vie d’Emma semble monotone, ordinaire et banale : elle reste chez elle, dîne avec son mari le soir. Seule la lecture (d’un plan ou de gazettes) et l’imagination lui permettent d’échapper à ce quotidien qu’elle juge ennuyeux.

7. Emma rêve de vivre une existence bouillonnante (« vie nombreuse », « tumulte ») et luxueuse (comme le montre la description des salons des ambassadeurs), mais également mondaine, joyeuse et fantaisiste, où elle côtoierait des artistes (« riait […] la foule bigarrée des gens de lettres », « pleins d’ambitions idéales et de délires fantastiques »).

8. Au travers du personnage d’Emma, Flaubert semble dénoncer ici la tendance à se montrer insatisfait de ce que l’on a, pour se complaire dans des rêves de richesse et d’existence brillante. Toutefois, on peut également supposer que l’auteur déplore la vie solitaire et étriquée à laquelle est condamnée Emma.

9. Aujourd’hui encore, beaucoup de magazines ou d’émissions mettent en avant la vie luxueuse, ou tumultueuse, des têtes couronnées et des célébrités ; ce qui peut pousser les lecteurs à rêver de cet univers brillant, et à s’imaginer côtoyant des vedettes. Cette critique est donc encore d’actualité.

10. La femme sur la photographie tient le tableau de La Joconde de manière très désinvolte, la tête en bas, sans soin particulier. De son autre main elle semble héler un taxi, rabaissant ainsi le célèbre tableau de Léonard de Vinci au statut d’emplette faite par une femme aisée de la capitale.

11. Les deux documents mettent en avant des images de femmes attirées par le luxe et la vie mondaine et parisienne. L’art lui-même n’est qu’une manière d’assouvir cette soif de richesses : Emma lit les grands romanciers du xixe siècle, mais uniquement pour s’imaginer dans les univers luxueux qu’ils décrivent ; La Joconde n’est plus le tableau le plus célèbre au monde, mais un objet de consommation qu’il est possible de s’offrir négligemment.

dictée

Point méthode

1 Sois vigilant avec les déterminants cet et nulle, qui s’accordent avec le nom qu’ils déterminent : univers (masculin) et part (féminin).

2 Ne confonds pas les homophones employés dans le texte : où/ou (= ou bien), son/sont (= étaient), et bien sûr voix/voie (= routes).

3 Attention à l’accord des adjectifs : droites et pures qualifient les voies ; désœuvrée et ravie s’accordent avec jeune femme.

Brusquement la ville s’ouvrait sur une perspective, et Bérénice sortait de cet univers qui l’effrayait et l’attirait […]. Que c’est beau, Paris ! Là même les voies sont droites, et pures, que de tournants… Nulle part à la campagne, le paysage ne change si vite ; nulle part, même dans les Alpes ou sur les bords de la mer ; il n’y a de si forts aliments pour le rêve d’une jeune femme désœuvrée, et ravie de l’être, et libre, libre de penser à sa guise, sans se surveiller, sans craindre de trahir sur son visage le fond de son cœur, de laisser échapper une phrase qu’elle regretterait parce qu’elle aurait fait du mal à quelqu’un…

rédaction

Voici un exemple de rédaction sur chacun des deux sujets.

Attention les indications entre crochets ne doivent pas figurer sur ta copie.

Sujet d’imagination

info +

Le titre de cet article consacré à la Corse joue ici sur sa proximité phonique avec le nom de l’île : corsé signifie consistant, puissant, voire complexe.

[Titre] Une destination corsée

[Chapeau] La Corse, cette île qui se situe au large de la côte d’Azur, est réputée pour sa beauté. Pourtant, les visiteurs passent souvent à côté de ce qui fait le charme unique de cette terre si particulière : la variété de ses paysages et l’indépendance d’esprit de ses habitants.

[Développement] La Corse séduit grâce à ses plages qui rappellent les Caraïbes. C’est cet atout majeur qui fait de l’île une destination de choix pour les vacances estivales. Les amateurs d’activités aquatiques peuvent pratiquer le windsurf, la plongée, la pêche ou encore le canoë. Mais la Corse présente d’autres atouts non négligeables.

Ainsi le relief montagneux offre des randonnées magnifiques et sauvages dans l’intérieur des terres, randonnées qui peuvent être pratiquées toute l’année, et non plus seulement l’été. De même, l’atmosphère qui règne dans les petits villages rendus déserts par le soleil trop fort, est d’une séduction évidente : les odeurs des plantes et les silhouettes de chats, seules rencontres possibles, laissent une impression merveilleuse.

Parallèlement, plane sur l’île l’ombre de Napoléon, dont le souvenir est vivace et dont de nombreux lieux portent la trace. Les Corses sont ainsi familiers du grand empereur, et agissent parfois avec cette majesté impériale qui fascine ou indigne le pauvre touriste. Le restaurateur d’un petit village est ainsi célèbre pour n’ouvrir son restaurant que lorsque cela lui chante : pour y manger, le visiteur de passage devra compter sur la chance ! Enfin c’est grâce à cette liberté d’esprit que la Corse fut, du temps où elle était indépendante, la première nation à accorder le droit de vote aux femmes… en 1755.

[Conclusion] Cette liberté revendiquée par rapport aux usages habituels est sans doute la spécificité la plus précieuse de cette île, qui par ailleurs ne manque pas d’atouts. Et ce sont bien ces particularités inattendues et parfois déroutantes qui font de la Corse un lieu unique et digne d’intérêt.

Sujet de réflexion

[Introduction] Dans Madame Bovary, le personnage d’Emma, qui se sent prisonnière de la monotonie de sa vie, s’imagine avec délectation côtoyer des gens riches et célèbres, qu’elle n’a aucune chance de rencontrer, mais dont elle lit les occupations dans des gazettes et journaux pour femmes. Aujourd’hui encore, la vie des célébrités fascine toujours autant : le nombre de followers de certaines stars le prouve. Quelles sont donc les raisons de cette fascination ? Nous verrons que cet engouement cache d’abord un désir d’identification ; et que, par ailleurs, l’univers de luxe et de facilité dans lequel les vedettes évoluent fait souvent rêver.

[S’identifier] Lorsqu’on lit un livre, il nous arrive de nous projeter dans l’univers décrit et de nous imaginer à la place du héros et de l’héroïne. Le lecteur vit, à travers eux, des malheurs terribles et des joies extrêmes, qu’il ne connaît souvent pas dans la vie réelle. C’est peut-être sur le même principe que repose le goût d’une grande partie de la population pour les journaux et magazines qui relatent les succès et les déboires des célébrités. En s’identifiant à ces personnalités, on vit, en rêve, une vie plus rocambolesque, où les soucis du quotidien n’ont plus cours.

[Rêver] Par ailleurs, les stars ont des qualités ou des talents qui sont mis en valeur et qui suscitent l’admiration et l’envie. La beauté physique, la richesse, le succès les transforment en icônes, que l’on admire pour toutes ces qualités que l’on trouve rarement réunies à un tel degré dans notre vie quotidienne.

conseil

Tu peux prendre tes exemples dans différents domaines : cinéma, sport, chanson, familles royales…

Marilyn Monroe, par exemple, malgré sa fin tragique, a fait rêver des générations entières. Tout est fait pour que le lecteur aime ces célébrités et se réjouisse de leurs succès, comme si l’on avait besoin de modèles à admirer et à aimer.

[Conclusion] La vie des célébrités continue donc à fasciner les foules : porteuses de rêve, elles permettent, toujours, d’illuminer le quotidien de leurs paillettes. Il peut néanmoins sembler dangereux de leur accorder un intérêt démesuré, au détriment de sa propre vie, qui elle est réelle.