Une lecture géoéconomique de la mondialisation

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Des cartes pour comprendre le monde
Type : Analyse de document | Année : 2014 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Une lecture géoéconomique de la mondialisation
 
 

Des cartes pour comprendre le monde

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GÉOGRAPHIE

21

CORRIGE

 

Sujet inédit

analyse de document

> En analysant cette carte de façon critique, vous montrerez la place centrale de la Chine dans la mondialisation.

Document

La Chine au centre de la mondialisation


 

Manière de voir – Le Monde diplomatique, juin-juillet 2012.

  • La consigne vous invite à mettre en évidence, d’après une carte, le rôle moteur de la Chine dans la mondialisation. Deux aspects majeurs en sont présentés : commercial et financier.
  • La problématique que vous choisirez doit vous permettre de présenter mais également de nuancer ce rôle. En effet, en cours, vous avez étudié d’autres planisphères qui proposent des lectures géoéconomiques du monde différentes.
  • Le plan retenu doit ainsi faire la place à la critique du document proposé, à la lumière de vos connaissances personnelles.
Corrigé

Analyser une carte de géographie

1 Tout d’abord, identifiez la carte : nature titre, source, date de réalisation, échelle, centrage et type de projection (si c’est un planisphère), informations fournies (d’après la légende).

2 Ensuite, sélectionnez les éléments permettant de répondre à la consigne : quelles régions du monde sont en relation avec la Chine et quels types de relations entretiennent-elles ? quelles sont celles qui restent à l’écart ?

3 Enfin, critiquez la carte, qui ne présente qu’une vision du monde parmi d’autres. Soyez attentif à la projection retenue, au centrage, au choix des informations et des figurés de la légende, pour indiquer ce que le document montre peu ou pas du tout.

Les titres en couleur servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Présentation du document] Le document proposé est un planisphère selon la projection de Mercator, centré sur la Chine, élaboré par Le Monde diplomatique à partir de diverses sources en 2012. Il met en valeur le rôle moteur de la Chine dans la mondialisation.

[Problématique] L’analyse critique de ce document soulève la question suivante : dans quelle mesure la Chine est-elle au cœur de la mondialisation ?

[Annonce du plan] Pour y répondre, nous présenterons d’abord la place centrale de la Chine dans le fonctionnement de celle-ci, avant d’en souligner les limites.

I. La Chine au centre de la mondialisation

1. La mondialisation commerciale

 

Attention !

Dans une analyse de document, vous devez aussi utiliser vos connaissances personnelles.

  • La carte montre que la Chine, première puissance exportatrice mondiale, exporte ses marchandises (produits industriels) dans le monde entier. La Chine est en effet l’« atelier du monde». Les principaux marchés d’exportation sont l’Europe et l’Amérique du Nord.
  • Inversement, la Chine importe des matières premières et des produits énergétiques (métaux, hydrocarbures) auprès de fournisseurs de différents continents (Afrique, Moyen-Orient, Océanie, Amérique du Sud).

2. La mondialisation financière

  • Grâce à ses recettes d’exportation, la Chine dégage des excédents financiers. Comme l’indique le planisphère, ils sont investis dans la construction d’infrastructures (autoroutes, oléoducs), principalement en Afrique.
  • Ils servent aussi à l’achat de la dette souveraine des États européens et des bons du Trésor américain.

II. Une situation plus complexe

1. Dans le domaine commercial

 

Info

Les pays-ateliers assurent l’assemblage de produits fabriqués à l’étranger.

  • Le choix de centrer la carte sur la Chine est discutable. En effet, c’est l’Union européenne qui est le premier pôle commercial mondial, même si, il est vrai, la majorité de ses échanges sont intrazones. De plus, si la Chine est bien l’« atelier du monde », d’autres États d’Asie du Sud-Est, qui ne figurent pas sur la carte, ont aussi une fonction de pays-ateliers (Vietnam, Malaisie, Indonésie).
  • Plus que la force de la Chine, les liens avec ses fournisseurs de matières premières et d’énergie montrent les fragilités d’une puissance, dont le rythme effréné de croissance ne paraît pas soutenable à terme. Or, ils sont mis sur le même plan que ses forces (puissance exportatrice).

2. Dans le domaine financier

  • La carte donne une vision réductrice de la mondialisation financière. Elle occulte par exemple l’activité boursière, génératrice de nombreux flux de capitaux. Or, à l’heure actuelle, les bourses de New York, Londres et Tokyo sont plus actives que leurs homologues chinoises (Shanghai, Hong Kong).
  • Par ailleurs, les flux financiers liant la Chine et ses partenaires peuvent être interprétés comme un signe de dépendance réciproque (ex. : les investissements chinois en Afrique traduisent une forte dépendance en matières premières).

Conclusion

[Réponse à la problématique] L’intérêt de ce document est de mettre en évidence le rôle crucial de la Chine dans la mondialisation au point de vue commercial et financier.

[Critique du document] Cependant, en se focalisant sur cette puissance émergente, il minimise l’influence des puissances traditionnelles (États-Unis, Union européenne).