Une pathologie rétinienne

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re ES - 1re L | Thème(s) : De l’œil au cerveau
Type : Partie 1 | Année : 2017 | Académie : France métropolitaine


France métropolitaine • Juin 2017

Représentation visuelle • 8 points

Une pathologie rétinienne

Monsieur X, gêné par une vision devenue difficile, consulte son ophtalmologiste. Après le test de lecture, le médecin spécialiste corrige le défaut de vision constaté par des verres adaptés, mais seule une amélioration partielle de la vision de près est perçue par le patient. Un examen plus attentif de l’œil débouche sur le diagnostic d’une pathologie rétinienne.On cherche à comprendre la nature des troubles visuels de monsieur X.

document 1 Identification de la pathologie de monsieur X

a. Examen du fond d’œil

© CC01-O Universal Domain Dedication/Medical gallery of M. Häggström, 2014

Œil gauche d’un sujet sain

sci1_1706_07_01C_01

D’après Medical Gallery of Mikael Häggström, 2014

Ph © Sue Ford/SPL/Phanie

Œil gauche de monsieur X

sci1_1706_07_01C_02

Âge du patient : 50 ans. Trouble : vision difficile.

Le départ du nerf optique et la fovéa ne présentent pas d’anomalie.

D’après www.lequotidiendumedecin.fr

b. Tableau présentant différentes anomalies du fond d’œil

Localisation (rétine)

Identification sur un fond d’œil

Exsudats lipidiques1

Pas de localisation particulière

sci1_1706_07_01C_03

D’après www.journees-macula.fr

Drusen2

Au centre de la rétine

© Eye Physicians of North Houston, Texassci1_1706_07_01C_04

D’après salemretina.com

Hémorragies rétiniennes

Pas de localisation particulière

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D’après http://ophtamologie.pro

1. Exsudat lipidique : épanchement de corps gras hors des capillaires sanguins.

2. Drusen : dépôt de couleur jaunâtre. Localisé au centre de la rétine, il est dû à un défaut d’élimination des déchets produits lors du fonctionnement normal de cette dernière.

c. Tableau comparatif des signes cliniques identifiables à partir de l’examen du fond d’œil pour différentes pathologies oculaires

Pathologie

Symptôme

DMLA (Dégénérescence maculaire liée à l’âge)

Rétinopathie diabétique

Glaucome

Atrophie1 du nerf optique

Non

Non

Oui

Drusen

Oui

Non

Non

Hémorragies rétiniennes

Oui

Oui

Rare

Exsudats lipidiques

Oui

Oui

Non

1. Une atrophie correspond à la diminution de volume d’une structure biologique.

document 2 Origine et conséquences des hémorragies rétiniennes

Les hémorragies rétiniennes ont pour origine la fragilisation de la paroi des vaisseaux sanguins rétiniens aboutissant à leur rupture.

Les hémorragies rétiniennes entraînent des hématomes dans l’humeur vitrée située devant la rétine. L’humeur vitrée perd alors de sa transparence.

document 3 Pouvoir d’accommodation de l’œil

Le pouvoir d’accommodation est une mesure de la capacité de l’œil à faire varier sa vergence. Il s’exprime en dioptrie (δ).

Les capacités d’accommodation se mettent en place dans les trois premiers mois de la vie, puis évoluent avec l’augmentation progressive de la rigidité du cristallin.

Lorsque le pouvoir d’accommodation devient inférieur à 3 δ, on considère que la perte d’accommodation est telle qu’une correction s’avère nécessaire.

Évolution du pouvoir d’accommodation en fonction de l’âge

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D’après www.em-consulte.com

Expliquez pourquoi une correction par des verres, dont vous développerez clairement le principe, s’avère utile pour monsieur X, mais insuffisante pour traiter les troubles visuels causés par sa pathologie rétinienne, pathologie que vous identifierez et pour laquelle vous préciserez l’origine des symptômes.

Vous développerez votre argumentation en vous appuyant sur les documents et sur vos connaissances (qui intègrent, entre autres, les connaissances acquises dans les différents champs disciplinaires).

Les clés du sujet

Interpréter la question

La question s’articule autour de deux problématiques : la correction apportée par les verres prescrits à monsieur X et la pathologie rétinienne, qui cause ses troubles visuels, ainsi que leur origine.

Vous devez expliquer de quelles lunettes monsieur X aura besoin et la raison de leur prescription. Il faut ensuite développer, à l’aide des documents, les raisons pour lesquelles les lunettes ne suffisent pas et indiquer la pathologie dont souffre monsieur X.

Comprendre les documents

Le document 1a présente le fond de l’œil gauche d’un sujet normal et celui de monsieur X. Attention, il n’y a pas que l’œil gauche qui est atteint !

Le document 1b récapitule dans un tableau les différentes anomalies du fond de l’œil qu’il faut prendre en considération pour trouver celle de monsieur X. Cette réflexion doit se faire en comparaison avec le document 1a. Ce document contient également des informations sur l’origine de deux de ces anomalies. Lisez donc bien ce document jusqu’au bout.

Le document 1c présente un tableau comparatif permettant d’identifier trois pathologies oculaires à partir des signes cliniques visibles sur le document 1b. Il vous permettra de trouver la ou les pathologies dont souffre monsieur X.

Le document 2 informe sur les origines et conséquences des hémorragies rétiniennes, un symptôme dont pourrait souffrir monsieur X.

Le document 3 présente un graphique montrant l’évolution du pouvoir d’accommodation des yeux en fonction de l’âge. On y constate une baisse sensible à partir d’un seuil que vous devez citer.

Organiser la réponse

Aucune forme n’est imposée, vous pouvez donner vos explications sous la forme que vous préférez.

Votre réponse peut être en deux parties : l’une portant sur le défaut de vision, les verres correcteurs de monsieur X et leur utilité, l’autre portant sur la pathologie dont il souffre malgré le port de lunettes.

Utilisez le document 3 et vos connaissances pour la première partie de votre réponse ; vous devez définir tous les termes que vous utilisez et expliquer la nature et la raison du défaut de vision de monsieur X.

Pour la seconde partie, plus complexe, vous devez mettre en relation les documents 1a, 1b et 1c pour identifier les symptômes dont souffre le patient avant de conclure sur une pathologie. Regardez bien le fond de l’œil gauche du patient (sans oublier les indications portées à la suite), vous devez comparer ce cliché avec ceux du document 1b présentant les anomalies du fond de l’œil.

Les documents vous informent également sur les origines des symptômes. N’oubliez pas d’en parler dans votre commentaire avant de conclure.

Corrigé

Corrigé

Monsieur X, âgé de 50 ans, consulte son ophtalmologiste pour des troubles de la vision. Son médecin lui prescrit des lunettes qui ne lui apportent qu’une amélioration partielle. En effet, après un examen plus approfondi, monsieur X apprend qu’il souffre d’une pathologie rétinienne. Nous rechercherons la nature des troubles visuels de monsieur X ainsi que leurs origines et conséquences.

Les verres correcteurs

L’œil est un récepteur ; la lumière issue d’un objet lointain le pénètre par l’ensemble cornée-cristallin, assimilable à une lentille convergente, qui forme une image nette de l’objet vu sur la rétine. Lorsque l’objet se rapproche, l’ensemble cornée-cristallin doit se bomber davantage pour ramener l’image nette formée en arrière de la rétine, à nouveau sur celle-ci : c’est l’accommodation. Le cristallin varie sa vergence (son pouvoir convergent) pour une vision nette de près.

Le pouvoir d’accommodation, qui se développe dans les trois premiers mois de la vie, diminue avec l’âge. En effet, le cristallin se rigidifie et les muscles de l’œil ne permettent plus d’accommoder lors de la vision de près, c’est la presbytie.

Sur le document 3, on constate qu’à partir de 50 ans, le pouvoir d’accommodation moyenne devient inférieur à 3 δ, valeur à partir de laquelle le port de verres correcteurs convergents est nécessaire. L’ensemble cornée-cristallin n’étant plus capable de converger suffisamment les rayons lumineux, il faut une lentille convergente pour corriger ce défaut. C’est le cas de monsieur X, devenu presbyte avec l’âge. Les lunettes qui lui sont prescrites l’aideront à voir net de près si son œil ne présente pas d’autres anomalies.

Une pathologie en plus

Si ce patient se plaint d’une vision difficile malgré la correction que lui apportent ses lunettes, cela est dû à l’anomalie, sous forme de taches visibles sur la rétine (document 1a). En examinant le fond de son œil, on peut constater que les taches noires et blanches qui apparaissent sur la rétine n’ont pas de localisation particulière et peuvent donc être le signe d’hémorragies rétiniennes ou d’un exsudat lipidique. Il n’y a pas de tache au niveau de la fovéa, signe d’une absence de drusen.

L’examen du fond de l’œil du patient ne montre aucune anomalie du départ du nerf optique (donc pas d’atrophie), ce qui l’assure pratiquement (sauf cas rares) de ne pas être atteint d’un glaucome. De même, sa fovéa étant intacte, il n’est pas atteint de DMLA. En revanche, la présence d’hémorragies rétiniennes ou d’exsudats lipidiques peut être annonciatrice de pathologies telles qu’une rétinopathie diabétique.

Les exsudats lipidiques sont dus à l’épanchement de corps gras hors des capillaires sanguins situés dans la rétine. Les hémorragies rétiniennes, elles, proviennent des parois fragiles de ces vaisseaux sanguins. Cette fragilisation peut conduire à leur rupture. Ces hémorragies causent des hématomes dans l’humeur vitrée, liquide, se trouvant devant la rétine ; celle-ci perd alors de sa transparence. Ainsi, des taches opaques apparaissent devant la rétine (sur le chemin de la lumière qui pénètre dans l’œil) et empêchent la vision correcte et complète des objets, ce dont se plaint justement monsieur X.

Les verres correcteurs apportent certes des solutions, mais s’avèrent insuffisantes dans le cadre de pathologies visuelles plus spécifiques dont peut souffrir une personne.