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Sprint final
France métropolitaine • Juin 2025
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France métropolitaine • Juin 2025
Une ville fascinante
Intérêt du sujet • Le texte et le tableau mettent en scène les émotions que l’on peut ressentir lors de la découverte de certains lieux, comme les villes et les paysages de Provence.
Document ATexte littéraire
La narratrice, Simone, a vingt-trois ans. Elle quitte sa ville natale, Paris, et arrive seule à Marseille.
Dans toute mon existence, je n’ai connu aucun instant que je puisse qualifier de décisif ; mais certains se sont rétrospectivement chargés d’un sens si lourd qu’ils émergent de mon passé avec l’éclat des grands événements. Je me rappelle mon arrivée à Marseille comme si elle avait marqué dans mon histoire un tournant absolument neuf.
J’avais laissé ma valise à la consigne1 et je m’immobilisai en haut du grand escalier. « Marseille », me dis-je. Sous le ciel bleu, des tuiles ensoleillées, des trous d’ombre, des platanes couleur d’automne ; au loin des collines et le bleu de la mer ; une rumeur montait de la ville avec une odeur d’herbes brûlées et des gens allaient, venaient au creux des rues noires. Marseille. J’étais là, seule, les mains vides, séparée de mon passé et de tout ce que j’aimais, et je regardais la grande cité inconnue où j’allais sans secours tailler au jour le jour ma vie. Jusqu’alors, j’avais dépendu étroitement d’autrui ; on m’avait imposé des cadres et des buts ; et puis, un grand bonheur m’avait été donné. Ici, je n’existais pour personne ; quelque part, sous un de ces toits, j’aurais à faire quatorze heures de cours chaque semaine : rien d’autre n’était prévu pour moi, pas même le lit où je dormirais ; mes occupations, mes habitudes, mes plaisirs, c’était à moi de les inventer. Je me mis à descendre l’escalier ; je m’arrêtais à chaque marche, émue par ces maisons, ces arbres, ces eaux, ces rochers, ces trottoirs qui peu à peu allaient se révéler à moi et me révéler à moi-même.
Sur l’avenue de la gare, à droite, à gauche, il y avait des restaurants aux terrasses abritées par de hautes verrières. Contre une des vitres, j’aperçus un écriteau : « Chambre à louer ». Ce n’était pas une chambre selon mon cœur : un lit volumineux, des chaises et une armoire ; mais je pensai que la grande table serait commode pour travailler, et la patronne me proposait un prix de pension qui me convenait. J’allai chercher ma valise, et je la déposai au Restaurant de l’Amirauté. Deux heures plus tard, j’avais rendu visite à la directrice du lycée, mon emploi du temps était fixé ; sans connaître Marseille, déjà j’y habitais. Je partis à sa découverte.
J’eus le coup de foudre. Je grimpai sur toutes ses rocailles, je rôdai dans toutes ses ruelles, je respirai le goudron et les oursins du Vieux-Port, je me mêlai aux foules de la Canebière2, je m’assis dans des allées, dans des jardins, sur des cours paisibles où la provinciale odeur des feuilles mortes étouffait celle du vent marin.
Simone de Beauvoir, La Force de l’âge, © Éditions Gallimard, 1960.
1. Endroit où l’on peut déposer ses bagages.
2. Avenue célèbre dans le centre historique de Marseille.
Document BFrédéric Bazille, La Robe Rose, 1864

ph © Fine Art Images/Heritage Images/Coll. Christophel
Musée d’Orsay, Paris
Travail sur le texte littéraire et sur l’image 50 points • ⏱ 1 h 10
Compréhension et compétences d’interprétation
▶ 1. Que vient faire la narratrice à Marseille ? Justifiez votre réponse par deux citations du texte. (4 points)
▶ 2. Lignes 1 à 6 : À quoi voit-on dans ce passage que la narratrice vit un moment important de sa vie ? Deux éléments de réponse justifiés par des citations du texte sont attendus. (4 points)
▶ 3. Lignes 5 à 23 : Qu’est-ce qui permet de dire qu’une vie nouvelle commence pour elle ? Trois éléments de réponse justifiés, chacun, par une citation du texte sont attendus. (6 points)
▶ 4. Comment l’émerveillement de la narratrice pour la ville de Marseille se manifeste-t-il ? Deux éléments de réponse sont attendus. Chacun d’eux s’appuiera sur l’identification précise et l’analyse d’un procédé d’écriture. (6 points)
▶ 5. Quels traits de caractère attribuez-vous à la narratrice à la lecture de ce texte ? Trois éléments de réponse justifiés chacun par une citation sont attendus. (6 points)
▶ 6. Image : D’après vous, ce tableau pourrait-il illustrer le texte ? Vous développerez votre réponse à l’aide de trois arguments. Chacun devra être justifié en vous référant au texte et à l’image. (6 points)
Grammaire et compétences linguistiques
▶ 7. « J’étais là, seule les mains vides, séparée de mon passé et de tout ce que j’aimais » (l. 12-13)
a) Quelle est la classe (nature) grammaticale du mot « séparée » ? (1 point)
b) Justifiez la terminaison de ce mot. (1 point)
▶ 8. « j’avais rendu visite à la directrice du lycée, mon emploi du temps était fixé » (l. 31-32)
a) Recopiez le passage puis placez entre crochets les différentes propositions et précisez la classe (ou nature) grammaticale de chacune. (2 points)
b) Comment sont-elles reliées ? Comment qualifie-t-on ce lien ? (1 point)
▶ 9. « je m’immobilisai en haut du grand escalier. » (l. 6-7)
a) Identifiez et nommez les trois éléments qui composent le mot souligné. (1,5 point)
b) Expliquez le sens de ce verbe puis trouvez un mot de la même famille. (1,5 point)
▶ 10. Réécrivez le passage suivant en remplaçant « je » par « nous », « nous » désignant la narratrice et une amie. (10 points)
« J’étais là, seule, les mains vides, séparée de mon passé et de tout ce que j’aimais, et je regardais la grande cité inconnue où j’allais sans secours tailler au jour le jour ma vie. Jusqu’alors, j’avais dépendu étroitement d’autrui ; on m’avait imposé des cadres et des buts ». (l. 12 à 16)
Dictée 10 points • ⏱ 20 min
Le nom de l’auteur, le titre de l’œuvre et la date de publication sont écrits au tableau.
Simone de Beauvoir
La Force de l’âge, 1960
© Éditions Gallimard
Jamais je ne m’ennuyais : Marseille ne s’épuisait pas. Je suivais la jetée battue par l’eau et le vent, je regardais les pêcheurs, debout entre les blocs de pierre où se brisaient les lames ; je me perdais dans la tristesse des docks. Dans les vieux escaliers et les vieilles ruelles, sur les marchés aux poissons, une vie toujours neuve me remplissait les yeux et les oreilles.
J’étais contente de moi ; au jour le jour, je construisais sans secours mon bonheur. Il y avait des fins d’après-midi un peu mélancoliques, quand, au sortir du lycée, je revenais, à travers le crépuscule, vers ma chambre où rien ne m’attendait : mais je trouvais de la douceur à cette nostalgie que je n’avais jamais connue dans le brouhaha de Paris.
Rédaction 40 points • ⏱ 1 h 30
Vous traiterez à votre choix l’un des sujets suivants.
Sujet d’imagination
Quelque temps plus tard, la narratrice écrit une lettre à ses parents dans laquelle elle raconte les jours qui ont suivi son arrivée dans la ville.
Vous décrirez les expériences vécues, les lieux explorés, les personnes rencontrées et exprimerez les impressions que lui procurent ces découvertes.
Sujet de réflexion
Pensez-vous que la littérature et les arts en général permettent aux lecteurs et aux spectateurs de découvrir des lieux, réels ou fictifs, comme s’ils y étaient ?
Vous présenterez votre réflexion dans un développement argumenté et organisé. Vous illustrerez votre propos à l'aide d'exemples issus de vos lectures et de votre culture artistique personnelle (cinéma, peinture, bande dessinée…).
Les clés du sujet
Analyser les documents

Traiter le sujet d’imagination
Recherche d’idées
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Piste 1 |
Rassemble tes connaissances sur Marseille : ville populaire bordée par les collines et la mer Méditerranée, aux célèbres calanques et dominée par une église avec une statue immense. Utilise ces éléments pour donner une coloration réaliste à la lettre, mais ne la transforme pas en descriptif touristique de la ville. |
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Piste 2 |
Insiste sur les impressions de la narratrice : joie, émerveillement, surprise, empathie… Elle peut aussi être déstabilisée par certaines nouveautés (vocabulaire, accent des Marseillais). |
Conseils de rédaction
Respecte les codes de la lettre : lieu, date, formules d’adresse et d’adieu, signature.
N’oublie pas que la lettre est adressée à des proches : utilise donc des formules affectueuses et évoque des souvenirs ou des projets communs.
Traiter le sujet de réflexion
Recherche d’idées
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Piste 1 |
Choisis des œuvres fortement associées à un lieu : la planète Arrakis dans le livre Dune de Frank Herbert, la Provence dans les livres de Marcel Pagnol, le tango pour l’Argentine, la Polynésie dans les tableaux de Gauguin… |
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Piste 2 |
Pars de la réponse spontanée que tu donnerais à la question, et dresse la liste des exemples à employer pour être convaincant. Imagine ensuite les objections valables que pourrait formuler le camp adverse. |
Conseils de rédaction
Ton devoir, en plus de comporter une introduction et une conclusion, peut par exemple suivre le plan suivant :
1. Les œuvres d’art permettent aux lecteurs la découverte de lieux réels.
2. Les œuvres d’art permettent aussi de découvrir des lieux fictifs.
3. Les œuvres d’art ne permettent qu’une découverte partielle de lieux inconnus.
Travail sur le texte littéraire et sur l’image
Compréhension et compétences d’interprétation
▶ 1. La narratrice arrive à Marseille pour y travailler comme enseignante. Elle précise ainsi qu’elle aura « à faire quatorze heures de cours chaque semaine » (l. 18). Deux heures après son arrivée, elle a déjà « rendu visite à la directrice du lycée » (l. 31-32).
▶ 2. La narratrice considère que son arrivée à Marseille a été un moment important dont elle a gardé un souvenir très net car cela a changé le cours de sa vie : elle évoque ainsi « un tournant absolument neuf » (l. 5-6). Rétrospectivement, elle considère ce changement comme « chargé d’un sens si lourd » qu’il émerge de son passé « avec l’éclat des grands événements » (l. 2-3).
▶ 3. La narratrice a l’impression qu’une vie nouvelle commence alors pour elle. Elle est désormais seule, sans rien de sa vie passée : « j’étais là, seule […] séparée de mon passé et de tout ce que j’aimais » (l. 12-13). Elle devient également indépendante, alors qu’auparavant elle avait « dépendu étroitement d’autrui » (l. 15). Par conséquent, elle est désormais totalement libre de tous ses choix : « mes occupations, mes plaisirs, c’était à moi de les inventer » (l. 19-20).
▶ 4. L’émerveillement de la narratrice se manifeste lors de sa description de la ville depuis l’escalier de la gare où tous les sens sont sollicités : la vue (nombreuses notations de couleur : « le ciel bleu, les tuiles ensoleillées, des trous d’ombre, des platanes couleur d’automne », l. 8-9), l’ouïe (« une rumeur montait », l. 10) et l’odorat (« une odeur d’herbes brûlées », l. 11). L’émotion de la narratrice se traduit également par une énumération : « ces maisons, ces arbres, ces eaux, ces rochers, ces trottoirs » (l. 22), qui montre que tout ce qu’elle voit l’enchante.
info +
On peut également relever les énumérations du dernier paragraphe qui montrent la variété des plaisirs offerts par la ville.
▶ 5. La narratrice possède un caractère enthousiaste ; elle déclare le jour même de son arrivée éprouver un « coup de foudre » (l. 34) pour la ville : la métaphore montre l’intensité de ses émotions. Elle est également efficace et déterminée, puisque deux heures après son arrivée dans cette ville où elle ne connaît personne, elle a déjà trouvé un logement et pris contact avec son employeur : « Deux heures plus tard, j’avais rendu visite à la directrice du lycée, mon emploi du temps était fixé » (l. 31-32). Elle est enfin curieuse de tous les aspects de la ville : elle se montre aussi enchantée de l’odeur du goudron que de celle « des oursins du Vieux-Port » (l. 35).
▶ 6. Plusieurs points communs se dégagent de ces deux documents. Le texte et le tableau montrent un personnage féminin observant une ville de province depuis un point de vue élevé. La scène semble se dérouler à la belle saison : le « ciel bleu » et « les tuiles ensoleillées » (l. 8-9) du texte se retrouvent dans la peinture. L’attitude contemplative de la jeune fille du tableau peut rappeler les ressentis de la jeune Simone, « émue par ces maisons, ces arbres, ces eaux, ces rochers, ces trottoirs » (l. 22).
info +
Les documents diffèrent quant à l’identité du personnage. La jeune fille du tableau n’a pas l’apparence d’un professeur : le tablier semble indiquer une occupation domestique.
Grammaire et compétences linguistiques
▶ 7. a) « Séparée » est un participe passé.
b) Le mot porte la marque du féminin singulier car il s’accorde avec le sujet « je » qui représente la narratrice. Employé seul ou avec l’auxiliaire être, le participe passé prend en effet les marques de genre et de nombre du nom ou du pronom auquel il se rapporte.
▶ 8. a) [J’avais rendu visite à la directrice du lycée], [mon emploi du temps était fixé.]
Il s’agit de deux propositions indépendantes.
b) Elles sont reliées par une virgule : il s’agit d’un lien de juxtaposition.
▶ 9. a) Le verbe est composé du préfixe privatif -im, suivi du radical -mobil-, et du suffixe -isai qui sert à former le verbe (ici conjugué au passé simple).
b) Le verbe signifie qui s’arrête de bouger, de se mouvoir. Le mot « mobilisation » appartient à la même famille.
info +
Les mots d’une même famille sont issus du même radical (ici l’adjectif latin mobilis) ; il y a aussi « démobiliser », « mobilier », et même « immeuble » (où le radical a subi une légère altération).
▶ 10. Nous étions là, seules, les mains vides, séparées de notre passé et de tout ce que nous aimions, et nous regardions la grande cité inconnue où nous allions sans secours tailler au jour le jour notre vie. Jusqu’alors, nous avions dépendu étroitement d’autrui ; on nous avait imposé des cadres et des buts.
Dictée
Point méthode
1 Pense à différencier les homonymes ou/où. « Ou » est une conjonction de coordination, que l’on peut remplacer par « et ». « Où » est un pronom relatif, qui renvoie à un lieu ou à une époque.
2 Mémorise l’orthographe de certains mots difficiles : « docks », « crépuscule », « brouhaha ».
3 Souviens-toi que le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir ne s’accorde jamais avec le sujet, mais qu’il s’accorde avec le COD si celui-ci précède le verbe. C’est le cas dans la dernière phrase : le participe passé « connue » s’accorde avec le COD « nostalgie » placé avant le verbe.
Jamais je ne m’ennuyais : Marseille ne s’épuisait pas. Je suivais la jetée battue par l’eau et le vent, je regardais les pêcheurs, debout entre les blocs de pierre où se brisaient les lames ; je me perdais dans la tristesse des docks. Dans les vieux escaliers et les vieilles ruelles, sur les marchés aux poissons, une vie toujours neuve me remplissait les yeux et les oreilles.
J’étais contente de moi ; au jour le jour, je construisais sans secours mon bonheur. Il y avait des fins d’après-midi un peu mélancoliques, quand, au sortir du lycée, je revenais, à travers le crépuscule, vers ma chambre où rien ne m’attendait : mais je trouvais de la douceur à cette nostalgie que je n’avais jamais connue dans le brouhaha de Paris.
Rédaction
Voici un exemple de rédaction sur chacun des deux sujets.
Attention, les indications entre crochets ne doivent pas figurer sur la copie.
Sujet d’imagination
attention !
Ne fais pas d’anachronismes : n’oublie pas que la lettre est, dans les années 1930, le moyen de communiquer le plus répandu, car tous les foyers n’ont pas le téléphone.
Marseille, le 15 octobre 1931
Mes chers parents,
[Annonce du thème de la lettre] J’espère que vous allez bien et que vous ne vous êtes pas inquiétés de mon silence. Si j’ai tardé à vous écrire, c’est que les journées ont été bien remplies.
[Description et ressenti] Quelle chance d’avoir été nommée à Marseille ! Depuis mon arrivée, la ville ne cesse de m’impressionner. J’ai profité des jours qui précédaient la rentrée pour parcourir la cité dans ses moindres recoins. Multiple, variée, Marseille est faite de contrastes. Les grandes artères alternent avec les ruelles tortueuses et peu praticables, comme l’ombre avec le soleil. L’élégance des immeubles haussmanniens n’enlève rien à la joliesse des maisons de pêcheurs. Et la mer… La voir, l’entendre, la goûter est un plaisir qui ne s’épuise pas. Comme la vie parisienne paraît petite et grise en comparaison ! Vous est-il déjà arrivé d’avoir le sentiment d’être chez vous, dans un lieu que vous découvrez pourtant pour la première fois ? Voilà ce que j’ai ressenti en arrivant.
[Rencontres et expériences] J’ai découvert avec plaisir des Marseillais toujours prêts à discuter, avec cet accent qui a pour moi le charme de l’étrangeté. La parole ici est un pur plaisir, et les discussions interminables au marché, dans la rue, au cours d’une partie de pétanque sont le sel de l’existence. On crie, on vocifère, on rit et on s’embrasse pour un oui ou pour un non. J’ai sympathisé avec quelques-uns des locataires de la pension où je réside. La plupart me parlent volontiers, chacun me donnant sa version de l’histoire de la ville, dont il prétend être expert. Certains même ne rechignent pas à s’arranger avec la réalité, dans des récits toujours à la gloire de Marseille. Je trouve cette manière de faire à la fois déconcertante et très séduisante.
[Conclusion] J’espère que vous viendrez vite me rendre visite. Le travail au lycée me laissera suffisamment de temps pour que nous explorions la ville ensemble. Prenez soin de vous et n’oubliez pas votre fille qui vous aime,
Simone
Sujet de réflexion
[Introduction] Les ouvrages documentaires peuvent nous aider à nous représenter un lieu. Mais qu’en est-il des œuvres d’art ? Nous permettent-elles de découvrir des lieux inconnus, comme si nous y étions ?
conseil
Ne te contente pas d’exposer des ressentis personnels ; donne une portée générale à tes propos, même si tu emploies la 1re pers. du singulier.
[Les œuvres d’art permettent la découverte de lieux réels] Lire un guide de voyage peut donner l’impression de découvrir un lieu inconnu, mais n’en donne en réalité qu’un aperçu sec et figé. Au contraire, un roman peut nous donner une vision à la fois plus intime et plus juste d’un endroit dont on ignore tout. Les récits autobiographiques de Marcel Pagnol, se déroulant dans la région d’Aubagne, transmettent une peinture fidèle des paysages de Provence. On peut ainsi s’identifier au jeune Marcel et comprendre le charme des collines de son enfance.
[Les œuvres d’art permettent la découverte de lieux fictifs] C’est encore plus vrai pour la représentation de lieux fictifs. La Planète Pandora, dans le film Avatar de James Cameron, est si bien montrée à l’écran que le spectateur a le sentiment de découvrir réellement cet environnement aussi magnifique que redoutable. Les arts procurent donc cette découverte de lieux inconnus, comme si nous y étions.
conseil
Si tu manques de temps, tu peux parfaitement rédiger un devoir en deux parties et laisser de côté la troisième.
[Les œuvres d’art n’en donnent qu’une connaissance partielle] Toutefois, je pense que la découverte d’un lieu par le biais d’une œuvre d’art est souvent imparfaite. Elle n’englobe pas toutes les particularités de l’endroit. Simone de Beauvoir, dans La Force de l’âge, évoque des couleurs, des sons et des odeurs ; mais est-ce réellement possible de transmettre des odeurs par des mots ? La description ne remplacera pas la véritable expérience olfactive de celui qui découvre la ville. Le voyage proposé par l’œuvre d’art peut être agréable, mais il reste imaginaire.
[Conclusion] Pour conclure, je dirais que les œuvres d’art possèdent un pouvoir extraordinaire : celui de nous faire voyager sans bouger. L’exploit est d’autant plus grand qu’il s’agit souvent de lieux fictifs, où l’on peut se projeter avec délice.