Vous écrirez une scène d’exposition durant laquelle un personnage découvre un objet de votre choix.

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re L | Thème(s) : Le théâtre, texte et représentation
Type : Écriture d'invention | Année : 2016 | Académie : Antilles, Guyane

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Antilles, Guyane • Septembre 2016

Série L • 16 points

Les objets au théâtre

Écriture d’invention

Vous écrirez une scène d’exposition durant laquelle un personnage découvre un objet de votre choix. Celui-ci révèle une information importante concernant son propriétaire. Vous placerez sur scène autant de personnages que vous le souhaitez.

Les clés du sujet

Comprendre le sujet

Genre : « scène » théâtre. Respectez-en les caractéristiques formelles (nom des personnages, répliques directes, didascalies…) ; « d’exposition » : la scène se trouve au début de la pièce, elle informe sur la situation et les personnages tout en captivant le spectateur.

Sujet : « un objet »/ « information importante » sur le personnage auquel il appartient.

Niveau de langue : il dépend de la situation et du statut des personnages choisis.

Caractéristiques du texte à produire, à définir à partir de la consigne :

Scène d’exposition de théâtre (genre), qui tourne autour d’un objet et révèle une information importante sur un personnage pour informer le spectateur sur les circonstances, la situation, les personnages, démarrer l’intrigue et créer de l’action et un coup de théâtre (buts).

Chercher des idées

Le fond

Pour l’exposition, choisissez les circonstances spatio-temporelles (où ? quand ?), les personnages. Le personnage sur lequel on apprend une information importante peut être sur scène ou absent. Faites comprendre à travers les répliques ce qui s’est passé avant le début de la pièce. Créez des attentes chez le spectateur, donnez des indices pour la suite.

Choisissez un objet à potentiel dramatique (lettre, journal intime, carte d’identité, arme, téléphone portable, ordinateur, vêtement, bijou…).

Choisissez la nature de l’information importante : trahison/tromperie ; révélation d’une identité, d’un lien de parenté ; découverte d’un acte, d’un passé ou d’un projet funeste du personnage. Mettez en scène efficacement sa découverte : créez le suspense, le coup de théâtre ou le quiproquo pour que l’information « dynamise » la scène. Suggérez ses conséquences (heureuses ou malheureuses).

La forme

Le registre : vous pouvez écrire une scène comique (Molière) ou pathétique/dramatique/tragique (Hugo, Rostand), d’action effrénée ou de suspense/tension.

Les marques de la surprise à la suite de la découverte : interrogations, exclamations, interjections, mouvements et mimiques (dans des didascalies)…

Corrigé

Corrigé

C’est le soir. On entend la porte d’entrée claquer. Le commissaire Bernard entre dans la pièce, ôte sa veste et dépose son revolver sur la table en soupirant d’aise.

Le commissaire Bernard – Chérie ? Chérie ! Je suis rentré ! (Silence) Ah, oui, c’est vrai, vendredi soir, elle a son bridge… (On entend un miaulement en coulisses, côté jardin) Oui, oui, elles arrivent, tes croquettes ! (Le téléphone sonne ; il décroche :) Allô ? c’est moi. Bonsoir commandant. Alors on en est où pour notre tueur en série ? Qu’en dit le légiste ? (Court silence. D’une voix lasse) Oui, oui, toujours ce fil à couper le beurre : franchement, quelle idée saugrenue… Encore un jeudi, d’accord. Rien de nouveau, j’entendais ? (Court silence, pendant lequel le chat miaule à nouveau bruyamment : il a manifestement trouvé quelque chose avec quoi jouer. Au chat :) Non mais tu vas te taire ! (Pendant le reste de la conversation téléphonique, le chat continue à faire du bruit en coulisses, de plus en plus fort. Au commandant :) Mais non, pas vous, commandant, je parlais à mon chat qui fait un boucan de tous les diables dans la cuisine. (Court silence) Comment ça, une coïncidence amusante ? (Court silence) On a trouvé des poils de chat sur la dernière victime ? Et on est sûr que ce n’était pas le sien, j’imagine ? Bon, je ne vois vraiment pas comment cela pourrait nous aider à retrouver notre tueur… Enfin, notre tueuse, puisqu’il semblerait qu’il s’agisse d’une femme. (Il pousse un profond soupir.) Si vous voulez mon avis, commandant, on n’est pas près de la trouver, celle-là. Inventer le crime au fil à couper le beurre, c’est quand même quelque chose… Bref, merci pour le coup de téléphone. Si vous avez du nouveau, appelez-moi. (On entend le chat casser de la vaisselle dans la cuisine.) Non mais quelle sale bête ! Avec quoi tu joues ? C’est incroyable de faire un tel raffut !

On voit le chat traverser le salon ventre à terre : il laisse tomber un fil à couper le beurre taché de rouge sur les poignées. Le commissaire, perplexe, le regarde quelques instants.

Le commissaire Bernard – Mais où es-tu allé chercher ça ? C’est bien la peine de t’acheter des jouets si c’est pour saccager les placards de la cuisine ! Regarde un peu ce que tu as fait, c’est répugnant ! Ça dégouline de je ne sais quoi… Écœurant ! É-cœur… (Il s’arrête brutalement. D’une voix changée) Mais où es-tu allé chercher ça ? Qu’est-ce que c’est que… (Il se penche et examine l’objet.) Mais… C’est impossible. (On entend le chat miauler dans la coulisse côté cour. Le regard du commissaire Bernard va du fil sanglant qui gît à terre à la coulisse. D’une voix blanche :) Un fil à couper le beurre. Le jeudi. Un chat. Une femme. Un fil à couper le beurre, le jeudi, un chat, une femme. (Il secoue la tête vivement :) Ce n’est pas possible. Où était-elle déjà, hier matin ? Où était-elle… À la maison, c’est certain ! Certain… Mais non : elle est partie tôt, pour… Pour faire quoi, déjà ? Oui, aller voir Carole ! (Il rit de soulagement.) Comment ai-je pu l’oublier ? Carole ! Celle qui ne répond jamais au téléphone ! Ah, elle est terrible, celle-là, c’est à se demander si elle existe vraim… (Il s’arrête brutalement.) Nom de nom ! (Il commence à perdre pied : sa voix se fait de plus en plus aiguë) Ce n’est pas possible ! Ce n’est pas possible ! Ce n’est pas…

On entend la porte d’entrée claquer.

Blanche, dans la coulisse – Chéri ? Chéri ! Je suis rentrée !

Elle entre en scène, et voit son mari agenouillé devant le fil à couper le beurre ensanglanté. Son sourire meurt sur ses lèvres ; son regard se durcit.

Blanche – Bon, je vois que tu es au courant : alors, on fait quoi, maintenant ?

Le chat pousse un miaulement dans la coulisse.

Silence de mort.