Vous ferez l’éloge poétique en prose ou en vers d’un objet du quotidien de votre choix.

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re ES - 1re S | Thème(s) : Écriture poétique et quête du sens
Type : Écriture d'invention | Année : 2016 | Académie : Pondichéry

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Pondichéry • Avril 2016

Séries ES, S • 16 points

Un regard renouvelé sur le monde

Écriture d’invention

Vous ferez l’éloge poétique en prose ou en vers (libres ou réguliers) d’un objet du quotidien de votre choix. Vous devrez prendre appui sur des procédés d’écriture que vous aurez repérés dans le corpus.

Votre poème comportera au moins trente lignes.

Voir les textes du corpus. 

Les clés du sujet

Comprendre le sujet

Genre : « poème en prose ou en vers ». Respectez-en les caractéristiques formelles.

Sujet : « un objet du quotidien ».

Type de texte : « éloge » = montrer les qualités de texte argumentatif, mais aussi descriptif.

Niveau de langue : vous devez adopter un langage poétique (images, rythme étudié, etc.).

Le registre : « éloge » épidictique (registre de l’éloge et du blâme).

Caractéristiques du texte à produire, à définir à partir de la consigne :

Poème en vers ou en prose (genre), qui décrit et argumente sur/fait l’éloge de (type de texte) un objet du quotidien (thème), épidictique (registre), poétique, élogieux, imagé, surprenant (adjectifs), pour montrer les qualités d’un objet usuel et en renouveler la vision (buts).

Chercher des idées

Le fond

L’« objet du quotidien » : choisissez un objet utile ou qui vous tient à cœur, qui provoque en vous des émotions. Exemples : livre, lunettes, fourchette, stylo, téléphone portable, radiateur, brosse à dents ; mouchoir, réveil, souris informatique, élastique à cheveux…

Cherchez ses caractéristiques. Posez-vous les questions : à quoi est-il utile ? en quoi est-il agréable ? que peut-il symboliser ?

Étudiez les sentiments qu’il éveille en vous (joie, enthousiasme, impression de puissance…).

Caractérisez l’objet pour constituer une banque de mots et expressions (forme, matière, couleur, texture, mouvement…).

La forme

Vous pouvez recourir au lyrisme (hyperboles, images positives, exclamations…). L’écriture poétique implique que votre description dépasse la simple réalité, fasse voir différemment cet objet que, par habitude, on ne remarque plus.

Les images :

cherchez la définition de l’objet dans le dictionnaire, créez des « écarts » par rapport à elle ;

laissez se faire des associations d’idées poétiques avec d’autres réalités quotidiennes proches de l’objet, parfois illogiques, affectives… Fermez les yeux et laisser les images défiler dans votre tête, à la manière des surréalistes.

D’autres faits d’écriture poétique :

jouez sur les rythmes, les figures de l’amplification, les sonorités, les jeux sur les mots ;

pensez à la mise en page (jeu sur les blancs) et à la typographie (caractères). Ménagez des sortes de « versets », (par exemple voir le texte de Ponge) ;

pensez à l’expression de sensations (lexique des cinq sens), d’émotions (lexique affectif).

Avant de vous lancer, lisez des poèmes qui « évoquent » des objets quotidiens (Baudelaire, Rimbaud, Ponge, Delerm…) pour analyser comment les objets y sont transfigurés (images, associations entre des réalités peu souvent rapprochées, lexique affectif).

Pour réussir l’écriture d’invention : voir lexique méthodologique.

La poésie : voir mémento des notions.

Corrigé

Corrigé

Qui suis-je ?

On m’appelle « la grande ». Je vis depuis ma naissance dans un cercle et je le parcours depuis que je sais marcher. La nuit, je l’éclaire. La journée, je le décore. Et à toutes les heures de la journée, on m’observe sporadiquement de courts instants.

J’ai une petite sœur ; on l’appelle « la petite ». Elle m’accompagne depuis que je fais partie de ce monde et m’épaule dans ma tâche. Bien qu’elle soit plus lente que moi, elle finit toujours par revenir à son point de départ en même temps que moi. Et à toutes les heures de la journée, on l’observe sporadiquement de courts instants.

J’ai une amie ; on la surnomme « la trotteuse ». Elle est infatigable, fait la course toute la journée, ne s’arrête jamais. Ses mouvements saccadés nous servent de référence, à ma sœur et à moi, pour rythmer nos mouvements journaliers. Et à toutes les heures de la journée, nous la suivons des yeux pendant de longues secondes pour vérifier qu’elle est toujours vivante.

Un grand couvercle de verre, oh ! si lourd en comparaison de notre taille insignifiante, pèse sur nous comme le ciel chez nos compagnons les titans. Notre paroi métallique nous entoure constamment. Nous nous sentons enfermées, opprimées, délaissées. La seule d’entre nous qui soit sortie c’est notre amie l’inépuisable. Son nez étant atrophié, un géant jugea bon de la remettre en état, hors de cette cage grisée. Heureux qui, comme elle, a fait une belle expédition ! Elle revint quelques tours de cadran plus tard, vivre entre nous deux le reste de ses jours.

Et depuis ce jour remarquable, nous veillons sans cesse – longtemps, longtemps… – sur la dimension du Temps, avide titan qui jamais ne suspend son vol ; 1 440 fois par jour, je chuchote à chaque humain : « Souviens-toi ! Esto memor ! » et, grâce à moi, on se rappelle qu’il faut cueillir le jour… et les roses de la vie !

Conseil

Utilisez vos connaissances littéraires et n’hésitez pas à emprunter des expressions à des écrivains. Ici : Baudelaire, « L’Horloge » ; Du Bellay, « Heureux qui comme Ulysse » ; Hugo, « Demain dès l’aube », etc.

Et demain, dès l’aube, à l’heure où s’illumine le ciel, nous aurons toutes les trois continué à tourner inlassablement. Sous nos corps allongés coulera alors le temps passé et inexorable, faut-il qu’on s’en souvienne…