Vous imaginerez un dialogue de théâtre entre deux personnages

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Le théâtre, texte et représentation - L'écriture d'invention
Type : Écriture d'invention | Année : 2012 | Académie : Pondichéry
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet & Corrigé
 
La représentation théâtrale
 
 

La représentation théâtrale • Invention

Le théâtre

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Pondichéry • Avril 2012

Le texte théâtral et sa représentation • 14 points

Écriture d’invention

> Vous imaginerez un dialogue de théâtre entre deux personnages : l’un soupçonneux ou jaloux veut s’approprier le téléphone portable de l’autre, persuadé qu’un message compromettant y est enregistré.

Votre dialogue devra comporter des didascalies mettant en valeur l’objet, la relation entre les personnages et leur rapport à l’objet.

Comprendre le sujet

Analysez la consigne pour cerner les contraintes.

  • Genre du texte à produire : « dialogue de théâtre ». Vous devez donc respecter les contraintes formelles du genre (répliques, nom des personnages, didascalies…).
  • Situation d’énonciation : deux interlocuteurs.
  • Niveau de langue : courant. Pas de langage trop familier.
  • Contrainte précise : mise en valeur du téléphone portable.

Définition du texte à produire

Dialogue de théâtre (type de texte), au sujet d’un téléphone portable et d’un supposé message compromettant (thème), pour mettre en valeur la jalousie et l’esprit soupçonneux d’un des personnages (but).

Chercher des idées

Le fond

Vous devez insister sur « le rapport à l’objet » des personnages, ce qui signifie comment ils se comportent face au portable, comment ils le considèrent, en parlent, etc.

  • Le comportement des personnages devant le portable et leur façon d’en parler doivent éclairer leur personnalité, peut-être aussi leur milieu social et leur conception de la vie.

Les choix à faire

  • L’identité des personnages : il vous faut choisir le sexe, l’âge, le nom des personnages, mais aussi leur lien de parenté.
  • Imaginez la mise en scène, c’est-à-dire les décors, costumes, objets, mais aussi mouvements, gestes, ton des répliques…
  • Le registre du texte : vous pouvez adopter un registre polémique ou bien ironique, lyrique, satirique.
  • L’issue du dialogue : vous devez choisir comment se terminera le dialogue (réconciliation, rupture…).
  • La forme : Donnez de la vivacité au dialogue avec un ton naturel.

>Réussir l’écriture d’invention : voir guide méthodologique.

>Le théâtre : voir mémento des notions.

Corrigé

Un salon bourgeois propret. Jean, homme d’âge mûr, pianote tranquillement sur son téléphone portable, assis sur le canapé du salon, tournant le dos à la porte. Sa femme Inès entre subrepticement et tente de regarder par-dessus son épaule. Absorbée par son effort, elle finit par buter sur le pied d’une chaise : Jean se retourne et éteint brusquement son téléphone.

Ines. – Ah, ah ! Pris sur le fait !

Jean, tentant vainement de cacher son téléphone derrière le dos, avec un air coupable. – Je te demande pardon !

Ines, se rapprochant dangereusement. – Ah, ne commence pas à faire ton innocent ! J’ai bien vu ton petit manège, ne me prends pas pour une gourde !

Jean. – Mon petit manège ? Une gourde ? De quoi veux-tu parler ?

Ines. – De quoi je veux parler ? Non mais quel culot ! Tu sais parfaitement de quoi je veux parler ! Tu crois que je ne me suis pas aperçue de ton attitude dernièrement ? Je te vois pianoter sur ton téléphone portable, et dès que tu t’aperçois de ma présence, tu l’éteins brutalement, comme si de rien n’était.

Jean. – Mais pas du tout ma chérie… Je t’assure !

Ines. – Et de quoi, je te prie ?

Jean, cherchant ses mots et jouant nerveusement avec son portable. – Mais… De… Enfin…

Ines. – Bon, si tu n’as pas mieux à me proposer comme justification, j’aimerais enfin jeter un coup d’œil à tes messages, je sens que cela va se révéler absolument passionnant !

Jean, tentant à nouveau de cacher son téléphone derrière son dos. – Non, mais, ma chérie, c’est ridicule, je ne vois vraiment pas pourquoi tu me fais une scène ! Je ne fais qu’échanger des messages professionnels !

Ines. – J’attends de voir ! (Une pause. Jean continue à tenir son portable derrière son dos sans bouger.) Tu dois sans doute demander à ton prétendu « collègue » d’amener du « matériel » au bureau, ou quelque chose de ce goût-là ! Ou peut-être que ton « collègue » est une femme ?

Jean, piqué au vif. – Non mais tu te rends compte de ce que tu dis ?

Ines. – Parfaitement ! Maintenant, montre-moi ton portable !

Jean, froidement ; il a arrêté de tenir son téléphone derrière son dos et le tient fermement. – Je ne pense pas que cela soit nécessaire. Je préférerais que tu me croies sur parole quand je te dis que je n’ai rien à te cacher.

Ines. – Alors pourquoi tiens-tu à cacher ce pauvre téléphone quand j’arrive ?

Jean. – Parce que ce que j’écris, en l’occurrence, tu n’as pas à le lire. C’est d’ordre professionnel, et le secret de la correspondance, ça existe ! Je ne lis pas ton courrier, moi ! Et puis, un portable, c’est personnel, tout autant sinon plus qu’un agenda ou un journal intime…

Ines, se rapprochant encore. – Le secret de la correspondance ! Comme si les textos étaient de la correspondance !

Jean, sur ses gardes, tenant son téléphone bien en main. – Eh bien oui, au même titre que le courrier électronique. Je te serais d’ailleurs reconnaissant, pendant qu’on en parle, de ne plus lire mes messages quand j’ai le dos tourné ! C’est extrêmement désagréable !

Ines, sans se laisser démonter. – Tu détournes la conversation ! J’exige que tu me montres ce que tu écris sur ce téléphone ! Maintenant !

Jean. – Tu exiges ? Tu exiges ?

Ines. – Parfaitement !

Jean. – Eh bien non.

Ines. – Parfait, je ne vois plus donc qu’une seule solution.

Jean. – Qui est ?

Ines, se précipitant sur le portable que Jean tient serré dans sa main. – Donne-moi ce portable ! (Jean, beaucoup plus grand qu’elle, tient le portable bien haut au-dessus de leurs têtes. Inès, furieuse, sautille convulsivement pour l’attraper Jean, nonchalamment, la regarde avec un air apitoyé). Tu n’as pas le droit ! Tu n’es qu’un vaurien ! Un bandit ! (elle s’essouffle et saute de moins en moins vivement. Elle finit par s’arrêter.) Allons, sois gentil, donne-moi ce portable si tu n’as rien à te reprocher, comme gage de ta confiance, juste pour me montrer ta bonne foi… Tiens, en échange, tu pourras consulter le mien… Ce sera comme si nous nous ouvrions nos cœurs l’un à l’autre…

Jean, olympien. – Non. Tu es ridicule !

Ines, ne pouvant se contenir plus longtemps, à nouveau furieuse. – Peut-être, mais moi, au moins, je n’envoie pas des messages à mon amant dans ma maison, quasiment sous le nez de mon mari ! Vas-tu me donner ce portable, à la fin ? (Elle se précipite sur son mari après avoir pris de l’élan. S’ensuit une course-poursuite effrénée à travers le salon. Finalement, les deux personnages se retrouvent face à face, chacun d’un côté du canapé.)

Jean, après quelques instants de silence, la regardant avec dédain. – Bon, c’est fini, maintenant ?

Ines, d’une voix larmoyante, s’asseyant sur le canapé. – Tais-toi, je ne veux plus te voir !

Jean, haussant les épaules. – Dommage. J’avais prévu de t’emmener chez les Monceau pour fêter ton anniversaire. J’avais envoyé des dizaines de messages pour organiser tout ça ces derniers jours et réunir tout le monde. C’était censé être une surprise… Mais puisque tu ne comprends pas cela… tiens ! (Il regarde son téléphone et le jette en un geste dédaigneux sur le canapé à côté de sa femme.) Si tu veux, tu peux vérifier… (Il sort sous le regard honteux de sa femme.)

Ines, – Puisque je peux, après tout… (À part) Je vais pouvoir l’espionner… (Elle rallume le téléphone, hésite un instant, puis s’écrie) Chéri, c’est quoi ton code PIN ?