Vous imaginerez une fable dans laquelle un animal, fort et puissant demande de l’aide à un animal plus faible

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : La question de l'homme dans les genres de l'argumentation - L'écriture d'invention
Type : Écriture d'invention | Année : 2011 | Académie : Nouvelle-Calédonie
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet & Corrigé
 
Écrire pour instruire
 
 

Écrire pour instruire • Invention

Question de l’homme

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Nouvelle-Calédonie • Novembre 2011

La question de l’homme • 14 points

Écriture d’invention

> Vous imaginerez une fable en prose dans laquelle un animal, fort et puissant, pris dans un piège, demande de l’aide à un animal plus faible qui se trouve par hasard sur son chemin.

Vous veillerez à ce que votre récit ait une portée morale.

Vous ne signerez pas votre texte.

Comprendre le sujet

Analysez la consigne pour en cerner les contraintes.

  • Genre du texte à produire : « fable en prose ».
  • Sujet/thème : confrontation entre un animal fort et un animal faible.
  • Type de texte: « fable ». Il s’agit donc d’un texte narratif avec une « morale » (texte argumentatif).
  • Niveau de langue: soutenu ou courant (vous écrivez en tant qu’auteur).
  • Le registre ne vous est pas indiqué.
  • « Définition » du texte

Fable en prose (genre) narrative et argumentative (types de texte) sur une rencontre entre deux animaux (thème), vivante (adjectif) pour intéresser et montrer qu’« on a souvent besoin d’un plus petit que soi » (buts).

Les contraintes à respecter

  • Votre fable doit comporter deux composantes : une histoire, une morale. Les deux doivent être en cohérence, se correspondre.
  • Les deux personnages doivent être des animaux d’une part ; d’autre part l’un doit être faible, l’autre fort.
  • Une partie du schéma de l’histoire vous est imposée : l’élément déclencheur est la mésaventure de l’animal fort (« pris dans un piège »).
  • Une partie des paroles rapportées vous est imposée : l’animal fort doit « demander de l’aide ».

Les choix à faire

  • L’identité des animaux et leur description : vous pouvez leur donner un nom et leur attribuer des caractéristiques. Le lecteur doit s’imaginer clairement ces deux personnages opposés. Utilisez tous les procédés pour en rendre la description pittoresque.
  • Le déroulement de l’histoire : il vous faut imaginer le piège et la fin de l’histoire qui peut se terminer bien ou mal pour l’un ou l’autre des personnages.
  • La morale : vous devez en imaginer la teneur et décider si elle sera explicite (clairement exprimée) ou implicite (sous-entendue).
  • La façon de rapporter les paroles : style direct, indirect ou indirect libre.

>Pour réussir l’écriture d’invention : voir guide méthodologique.

>La question de l’homme : voir mémento des notions.

Corrigé

La Fontaine a écrit deux fables qui répondent parfaitement à la consigne : lisez « Le Lion et le Rat » et « La Colombe et la Fourmi ». Ici, nous vous proposons le travail composé par un élève en temps limité.

Le Mâtin qui s’en était allé chasser

Maître Mâtin, un beau matin, alla chasser à courre. Belle récompense, se disait-il, s’il rapportait quelque pâture fraîche au maître du logis. Il croyait déjà voir l’os à moelle juteux qu’on lui lancerait dans la cour : son œil gourmand brillait déjà de plaisir. La décision est prise, et notre jeune dogue, puissant, fier de ses muscles, se flatte déjà d’être un nouveau Nemrod.

Il part seul : alerte et vif, il s’enfonce dans le bois, galope, aboie, cherche des yeux sa proie. Notre jeune Mâtin réfléchit et se dit : « Il faut jouer de ruse et se tapir dans l’ombre. Là, restant bien tranquille derrière un fourré, je verrai bien jaillir d’un terrier quelque lièvre, quelque chevreuil, que dis-je, quelque cerf ! » Il s’exaltait et faisait des châteaux en Espagne. Son os, dans sa pensée, avait crû de moitié : pourrait-il seulement le traîner tant il était de taille respectable ?

Sitôt dit, sitôt fait : le voilà bien tapi sous un feuillage épais. Il attend, il écoute, il guette, l’oreille dressée et les yeux écarquillés. Et là, surgit un lièvre. « Et voilà mon affaire ! » se réjouit le dogue, salivant à souhait. Il saute hors du fourré, se précipite sur Jeannot, qui l’aperçoit, se rend compte de son imprudence.

Et notre lièvre de partir au triple galop. Il court, à perdre haleine, il sent que le chien se rapproche. Messire Mâtin, devant lui, ne voit plus que son os… Alors qu’il se croyait déjà pris, désespéré, au détour d’une allée, Messire Longues Oreilles tombe sur un marais. Agile comme un élastique, léger comme la plume, il saute, il évite la boue. Le mâtin n’a pas cette aubaine ! Aveugle au danger, il se précipite tête baissée, et, plus lourd, s’embourbe bientôt dans la fange. Le voilà donc bel et bien pris : il sent bien qu’il s’enfonce…

Alors terrorisé, il supplie : « Ô lièvre, mon ami ! Au secours, je m’enfonce ! Toi qui as évité heureusement ce danger, viens à mon aide ! Tu en seras remercié ! Tu seras l’hôte de mon palais… et friandises je te donnerai. Mais fais diligence, je n’y vois déjà plus guère… »

Mais le lièvre, sourd aux supplications, détale et ne l’entend plus guère. Le dogue se plaint alors en son langage, regrette sa vanité et pleure son aveuglement. Surgit un autre lièvre qui de loin avait observé la poursuite. Il était vieux, matois et sage, il avait du marais un vieil usage. Il s’approche lentement, quelque peu : l’âge apprend la prudence. Messire Mâtin autrefois avait croqué un sien cousin, tout frais et fringant, il s’en souvient ! Il reste donc à distance. Notre Mâtin se croit sauvé.

« Mon ami ! Sauve-moi ! Ne laisse pas ton prochain mourir sans lui prêter la main ! Pitié, mon bon lièvre ! De ce mauvais pas sauve-moi !

– Et par toi me faire croquer ? répond l’agile et sage animal. Je ne suis pas si sot, Dieu merci ! Nombre d’accidents font que l’on meurt ici-bas : la violence, la faim, la misère tous les jours font leur œuvre. Mais ce ne sont pas eux qui t’ont mis dans ce mauvais pas : ta sottise et ta gourmandise, tout autant que ta convoitise envers la gent aux longues oreilles que si souvent tu croquas sont cause de ton malheur. C’est bien auparavant que tu aurais dû songer qu’en toute circonstance on peut avoir besoin d’un plus petit que soi ! De ce piège-ci tu serais sorti si d’aventure on t’avait instruit de la fable « Le Lion et le Rat » ! Dieu me pardonnera, je pense, de n’être pas sot comme toi ! »