Vous prolongerez le texte de Dumas en imaginant le discours que d’Artagnan tient aux mousquetaires pour se battre à leurs côtés.

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re ES - 1re S | Thème(s) : Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde
Type : Écriture d'invention | Année : 2016 | Académie : Nouvelle-Calédonie

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Nouvelle-Calédonie • Novembre 2016

Séries ES, S • 16 points

Actes de bravoure

Écriture d’invention

Vous prolongerez le texte de Dumas (texte B), en imaginant le discours que d’Artagnan tient aux mousquetaires pour se battre à leurs côtés.

Voir le texte d'Alexandre Dumas.

Les clés du sujet

Comprendre le sujet

Genre : « prolongerez le texte de Dumas » extrait de roman. Respectez les caractéristiques formelles de l’extrait de Dumas (prose, narrateur extérieur, …).

 Sujet : « se battre » aux côtés des mousquetaires.

Type de texte : « discours… pour se battre » le texte est argumentatif. D’Artagnan veut convaincre et persuader les mousquetaires de l’accepter comme compagnon d’armes.

Situation d’énonciation : qui ? D’Artagnan (il dira « je ») ; à qui ? « aux mousquetaires ». Tenez compte des rapports entre les personnages du texte de Dumas.

Le registre : non précisé, mais le discours peut être lyrique.

« Définition » du texte à produire, à partir de la consigne :

Discours dans un roman (genre), qui argumente sur (type de texte) son mérite et sa valeur (thème), ? (registre), enthousiaste, convaincant et persuasif (adjectifs), pour montrer ses capacités et se faire accepter parmi les mousquetaires (buts).

Chercher des idées

Le fond

Le personnage : vous devez analyser dans l’extrait du corpus le caractère de d’Artagnan (« jeunesse », enthousiasme, courage…). N’oubliez pas qu’il est Gascon (il vient du sud-ouest de la France). On doit sentir qu’il a du « cœur » et de « l’âme ».

Ses arguments : il peut reprendre les arguments que les mousquetaires lui opposent dans le texte de Dumas et y répondre par des contre-arguments (ex : la jeunesse n’a pas que des inconvénients et n’exclut pas la bravoure) ; ou en trouver d’autres : refus de la lâcheté, désir de gloire…

La forme

Le style du personnage : analysez et reproduisez la façon de parler de d’Artagnan dans le texte du corpus : niveau de langue (assez soutenu, politesse), phrases courtes, termes forts…

Le lyrisme : le discours peut être lyrique. Utilisez des exclamations, des questions rhétoriques, des interjections, des jurons sans vulgarité, habituels chez un soldat gascon (« mordious !, morbleu ! »), des hyperboles, des futurs déterminés…

Pour réussir l’écriture d’invention : voir guide méthodologique.

> Le roman : voir mémento des notions en fin d’ouvrage.

Corrigé

Corrigé

« Comment vous appelle-t-on, mon brave ? dit Athos.

– D’Artagnan, Monsieur.

Athos regarda d’Artagnan quelques instants, songeur.

– Allons, allons ! Prenons un parti ! répéta Jussac.

– C’est juste, dit Athos. Monsieur, merci, mais nous ferons sans vous : nous ne voulons point de la vie d’un enfant sur la conscience. Aramis, Porthos, en garde !

– Un enfant ! s’écria d’Artagnan. Je suis jeune, il est vrai, mais voilà mon épée : les âmes bien nées savent en jouer à n’importe quel âge. Et puis, capdedious ! l’enfant n’est point si jeune ! Donnez-m’en deux sur les cinq : je m’en charge, et ils ne seront plus que trois. Vous n’aurez plus à mourir ici et vous pourrez reparaître la tête haute devant votre capitaine.

Conseil

Si vous avez des connaissances sur l’œuvre dont vous devez vous inspirer pour l’écriture d’invention, tirez-en profit (ici : les jurons gascons qu’utilisent les mousquetaires dans l’œuvre de Dumas).

Je ne suis point mousquetaire ? Par la morbleu, qu’importe, si j’en ai l’étoffe ? Je ne suis d’aucune compagnie ? Hé bien tant mieux ! Je ne connais en cet instant que le devoir de venir en aide à mon prochain : m’empêcherez-vous de faire charité ? Ne me laisserez-vous point faire mon salut ? Vous préférez donc avoir ma vie sur la conscience plutôt que mon âme ! Assurément, Monsieur, cela n’est point très chrétien : je ne puis le croire une seule seconde.

Et puis reculer, fi ! Que dirait-on de moi ? Que nous étions quatre hommes et que l’un d’eux a fui ? Que trois furent valeureux et le dernier un pleutre ? On me méprisera et l’on aura raison : je n’aurai plus qu’à me tapir de honte au fond d’un monastère. Vertudieu, voilà qui n’est pas de mon tempérament ! C’est bien mal me connaître : nous autres, Gascons, nous ne l’abdiquons pas, l’honneur d’être une cible ! Je veux être des vôtres, Messieurs, en cet instant fatal où la mort rôde. Fuir devant la camarde, vous laisser l’affronter seuls ? Ce n’est point là d’un gentilhomme. Me ferez-vous l’affront de croire que je n’en suis pas un ? Mordious, si cela est, voilà une insulte qui ne se peut laver que dans le sang : quand j’aurai corrigé les deux messieurs que vous m’aurez cédés, nous nous en expliquerons.

Non, Messieurs, non, je ne partirai point ! Vous n’êtes point trois, nous sommes quatre. Si je n’ai pas l’habit, du moins ne revêtirai-je point ceux que donnent l’opprobre et la couardise. Beaux présents que vous me faites là ! Ces tuniques d’Hercule collent trop douloureusement à la peau. Or voyez-vous, j’aime être à mon aise dans mon pourpoint.

Sur l’honneur, vous ne m’empêcherez point de prendre part à cette algarade : j’ai pris mon parti ! Oh, libre à vous de vous retirer : je ne force personne. Mais ventre-saint-gris, j’avais rendez-vous pour me battre à midi aux Carmes-Deschaux et il ne sera pas dit que je ne me serai pas battu à midi aux Carmes-Deschaux ! Gascon, sans doute ; seul, peut-être ; mais couard, jamais ! Aussi, prenez votre parti, et vite, car ces messieurs s’impatientent et je m’en vais leur donner satisfaction, s’ils le demandent encore.

D’Artagnan se tourna vers Jussac et reprit :

– Écartez-vous, paltoquets ! Vous pouvez vous retirer, j’y consens. Sauvez votre peau, allez, vite ! »