Civils et militaires dans une guerre totale

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Classe(s) : 3e | Thème(s) : L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945)

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L’essentiel du cours

Dans une guerre totale comme la Première Guerre mondiale, toutes les ressources et la population d’un pays sont mobilisées pour vaincre l’ennemi, au front comme à l‘arrière. Comment civils et militaires ont-ils participé à cet effort de guerre ? Comment cette mobilisation les a-t-elle profondément transformés ?

Au front, les soldats vivent une expérience combattante éprouvante. Quelles sont leurs conditions de vie et de combat ?

• 70 millions d’hommes sont mobilisés. Les soldats combattent dans des tranchées et utilisent de nouvelles armes : gaz, mitrailleuses, lance-grenades et lance-flammes.

• La vie quotidienne des soldats est particulièrement difficile : ils vivent dans la boue, en présence des cadavres de leurs camarades ; ils subissent les tirs d’obus mais aussi les rats, les poux, le manque d’hygiène et le froid ; ils font l’expérience de la peur des assauts et de la mort de masse.

À l’arrière, les civils ne sont pas épargnés par la guerre. Comment sont-ils mobilisés ? Quelles souffrances subissent-ils ?

• La guerre totale suppose la mobilisation de tous : les femmes, des populations venues des colonies travaillent dans les usines d’armement ou dans les champs pour ravitailler le front. Les civils financent la guerre par leurs impôts ou en souscrivant à des emprunts nationaux.

• Tous les civils souffrent du rationnement de la nourriture, établi pour limiter les effets de la pénurie et de l’inflation. L’arrière est aussi victime des violences de guerre : lors de l’invasion de la Belgique les civils subissent des « atrocités » commises par l’armée allemande. En 1915, un million et demi d’Arméniens sont victimes d’un génocide perpétré par les autorités ottomanes.

Civils et militaires sont donc acteurs mais aussi victimes de la guerre. Comment ont-ils pu tenir quatre longues années ?

• Protéger leur famille et le pays motive les Poilus : c’est le patriotisme défensif. La camaraderie des tranchées, c’est-à-dire la solidarité entre les combattants, explique aussi la ténacité des soldats. Leur moral est entretenu par les lettres de l’arrière. Mais la contrainte militaire n’est pas absente du front : les auteurs de mutineries ou les déserteurs sont jugés et parfois exécutés pour l’exemple.

• Civils et militaires sont sujets à une intense propagande : tous les supports de la vie quotidienne servent à véhiculer la haine de l’ennemi. La correspondance est censurée, la presse diffuse de fausses informations : c’est le « bourrage de crâne ».

Comment les populations impliquées dans la Première Guerre mondiale sont-elles transformées par le conflit ?

• Toutes les sociétés européennes sont en deuil en 1918. Elles cherchent à organiser le « souvenir » par des commémorations et la construction de monuments aux morts.

• Dans les pays vainqueurs, comme la France, les anciens combattants militent pour le pacifisme. Mais chez les vaincus, ou les déçus du traité de Versailles, comme l’Allemagne et l’Italie, un sentiment de frustration domine. La « brutalisation » des hommes pendant la guerre, favorise l’émergence de régimes totalitaires après celle-ci.

Quelques idées clés à retenir

La Grande Guerre a mobilisé aussi bien le front que l’arrière. Elle laisse des sociétés en deuil, traumatisées et brutalisées par les violences qu’elles ont subies.