Comment la littérature pose-t-elle la question de l’homme ?

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Classe(s) : 1re ES - 1re L - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : La question de l'homme dans les genres de l'argumentation

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De l’humanisme à la littérature de l’absurde, comment la littérature nous interroge-t-elle sur la question de l’homme ?

L’essentiel du cours

Si la littérature nous dit bien quelque chose de nos préoccupations, de notre manière d’envisager le monde et de notre rapport au monde, il est intéressant de suivre, de mouvement culturel en mouvement culturel, la manière dont elle traite de la question de l’homme.

Procédons siècle par siècle.

Au XVIe sièclel’humanisme met l’homme au centre du monde. Écoutez ce qu’écrit Pic de la Mirandole en 1846 dans son Discours sur la dignité de l’homme. C’est Dieu qui s’adresse à l’homme :

« Je ne t’ai donné ni une place définie, ni une apparence propre, ni aucun rôle particulier, ô Adam, afin que tu prennes et possèdes la place, l’apparence et les rôles que tu auras souhaités toi-même, par vœu et par ton propre avis. […] Je t’ai mis au milieu du monde, afin que de là tu regardes plus commodément autour de toi tout ce qui est dans le monde. »

Cependant cette vision optimiste est remise en question par les massacres engendrés par les guerres de religion.

À la fin du XVIe siècle et dans la première partie du XVIIe siècle, le mouvement baroque met l’accent sur la fragilité de l’homme : son inconstance et son caractère éphémère. Montaigne rappelle la petitesse de l’homme face au monde tandis que poètes et dramaturges illustrent le thème de l’inconstance à travers métamorphoses et jeux d’illusion.

<Quelques années plus tard triomphe le classicisme qui réaffirme la maîtrise de l’homme sur le monde. Ainsi Descartes écrit que l’homme est comme « maître et possesseur de la nature ».

Les écrivains classiques posent aussi la question de la place de l’homme dans la société : ainsi Molière, dans des pièces comme Le Misanthrope ou L’Avare, oppose l’honnête homme, mesuré et social, au monomaniaque tellement centré sur sa propre passion qu’il s’exclut du monde.

Les moralistes, tel La Rochefoucauld, font preuve de pessimisme en montrant que, derrière le vernis mondain ou moral, le seul moteur de l’action des hommes est toujours l’amour-propre.

L’optimisme est de retour au XVIIIe siècle avec les Lumières qui prônent l’usage de la raison contre l’obscurantisme. Écrivains et penseurs sont alors convaincus que le progrès est le moteur de l’histoire humaine.

 

Héritier des bouleversements politiques engendrés par la Révolution française et contemporain des changements économiques et sociaux apportés par la révolution industrielle, le XIXe siècle est plus difficile à cerner.

Pendant la période romantique, des écrivains comme Hugo s’intéressent aux conditions de vie des hommes et dénoncent les injustices sociales. Mais, parce que la réalité s’avère source de déception, les romantiques se replient sur eux-mêmes ou s’évadent dans un ailleurs lointain. Le héros romantique est un être révolté, en désaccord avec le monde qu’il habite.

 

En réaction au romantisme, le réalisme replonge dans le siècle, il observe l’homme et cherche les motifs de ses actions. Mais ceux-ci se réduisent souvent au désir de réussite sociale.

 

Au XXe siècleaprès le cataclysme de la Seconde Guerre mondiale, la question devient : quel sens donner à la vie si l’homme est capable de mener cette grande entreprise de déshumanisation que constituent le nazisme et ses camps de concentration ?

Le ciel est vide, l’homme est seul et dénué de sens. C’est ce constat qu’exprime la littérature de l’absurde aussi bien dans des romans comme L’Étranger de Camus que dans des pièces de théâtre telles En attendant Godot de Beckett.

 

Concluons : chaque mouvement littéraire pose de manière différente la question de l’homme, mais toujours reviennent les mêmes interrogations fondamentales : quelle est la place de l’homme dans l’univers ? Quelles valeurs prôner qui donnent un sens à l’aventure humaine ?