États, frontières et environnement

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : Les enjeux du développement durable

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La Terre se divise en États de plus en plus nombreux. Toutefois la gestion de l'environnement étant devenu un enjeu planétaire, les frontières entre ces États ont-elles encore un sens ?

Un fait est indéniable : il y a de plus en plus d'États dans le monde.

• En effet, le nombre d'États a été multiplié par 3 depuis 1945. On en compte aujourd'hui plus de 200. On appelle " État " un territoire, délimité par des frontières et possédant un gouvernement pour le diriger.

• Cette augmentation du nombre d'États a 3 causes principales :
- les conséquences de la Première Guerre mondiale en 1918, avec l'éclatement des empires ottoman et austro-hongrois ;
- la décolonisation à partir de 1945 ;
- l'éclatement du bloc soviétique dans les années 1990.

Le terme de frontière paraît plus simple qu'il n'est en réalité.

• Une frontière est une limite séparant deux États, toutefois cette définition recoupe des réalités bien différentes.

- Tout d'abord, une frontière est toujours née d'une décision politique : elle est le résultat de l'Histoire, parfois de conflits, mais n'est jamais matérialisée par la nature seulement, avec un fleuve ou une montagne par exemple. Elle peut être une zone de tensions ou une zone de refuge quand des populations fuient leur pays en guerre. Elle peut enfin être une barrière infranchissable, appelée un glacis, quand la frontière est contrôlée par des régimes politiques qui s'opposent.
- Mais, une frontière peut aussi être de nature économique, comme celle qui sépare le Mexique des États-Unis : les différences de salaires, de monnaie peuvent engendrer beaucoup d'échanges.
- Enfin, une frontière peut être une représentation mentale des hommes, comme la frontière Nord-Sud entre les pays riches et les pays pauvres que nous avons déjà vue. Elle évolue, et n'existe pas concrètement. C'est aussi le cas des frontières " internes " aux pays, comme celle de l'ouest américain, le " far west ", sans cesse repoussée par les pionniers, ou celle de l'Amazonie au Brésil. Cette frontière est alors une limite que les hommes cherchent à faire reculer par leurs aménagements. On a bien parlé de frontière au sujet de la conquête de l'espace !

Les frontières dynamisées par les échanges d'hommes, de marchandises ou de capitaux sont appelées des " interfaces ".

• En effet, elles exploitent les différences qui existent de part et d'autre. Les frontières européennes, les frontières nord-américaines, mais aussi les façades maritimes sont des interfaces.

• La frontière séparant les États-Unis du Mexique offre un bon exemple de ce qu'est une interface : du côté mexicain, des usines, appelées maquiladoras, assemblent des produits conçus et fabriqués aux États-Unis, puis, une fois assemblés, ces produits finis sont revendus sur le marché américain. Cela procure donc du travail aux Mexicains, freine les migrations clandestines tout en permettant aux entreprises américaines de produire à moindre coût.

On peut se demander si, dans ce contexte, les frontières ne sont pas en train de s'effacer et si elles ont encore véritablement un sens.

• La mondialisation de l'économie passe outre les frontières. Les droits de douane baissent, les marchandises traversent la planète, les entreprises sont souvent des multinationales : on constate donc que les frontières ne stoppent pas les échanges économiques.

• Dans le cadre d'organisations régionales comme l'Union européenne, les frontières vont même jusqu'à s'effacer : les postes frontières sont fermés, le passage d'un pays à l'autre se fait sans contrôle. Toutefois ceci est réservé aux seuls pays membres de l'organisation. Au contraire, pour les produits provenant de pays étrangers à l'Union européenne, mais aussi pour leurs habitants, il est de plus en plus difficile de franchir la frontière externe de l'Union. Il en est de même pour tous les migrants venus du Sud qui tentent de venir s'installer au Nord.

• Enfin, les questions environnementales se jouent également des frontières qui n'arrêtent ni la pollution de l'eau ni celle de l'air. Le réchauffement climatique est un enjeu mondial, la gestion des risques implique donc des décisions globales, partagées entre tous les États comme l'a affirmé le sommet de la Terre à Kyoto en 1997.

Conclusion
Ainsi, les frontières sont de plus en plus des interfaces, c'est-à-dire des espaces d'échanges dans le cadre de la mondialisation.
Les frontières ont aujourd'hui tendance à s'effacer avec la création d'espaces régionaux, elles perdent surtout leur sens quand il s'agit de la protection de l'environnement devenue un enjeu à l'échelle mondiale qui concerne tous les États.