Etats-Unis et Brésil

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Classe(s) : Tle ES - Tle L - Tle S | Thème(s) : L'Amérique : puissance du Nord, affirmation du Sud

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Dix ans après le 11 septembre 2001, les États-Unis sont-ils finis ? À l’inverse, est-il enfin venu le temps du Brésil, ce « pays d’avenir qui le restera longtemps » ?

 

 

Quel que soit le domaine considéré, l’étude comparée des États-Unis et du Brésil oppose une puissance globale à une puissance émergente. Voyons cela en détail.

 

• Les fondamentaux de la puissance américaine sont manifestes : 3e superficie et 3e population mondiale (315 millions d’habitants) ; 1re puissance économique de la planète, produisant 25 % des richesses ; enfin, 4e exportateur et surtout 1er importateur mondial. Le Brésil, lui, est le 5e pays du monde, par sa superficie et sa population (200 millions d’habitants). Il est devenu la 6e puissance économique mondiale mais son poids est encore modeste et son développement est entravé par des inégalités persistantes, quoiqu’en réduction.

• L’avantage américain en matière de hard power est immense. Les États-Unis occupent dans les grandes institutions internationales une place prépondérante. Leur budget militaire représente 45 % des dépenses militaires mondiales ! En revanche, les dépenses militaires brésiliennes représentent moins de 2 % du PIB. Le Brésil compense par une diplomatie active, qui revendique une meilleure représentation mondiale.

• Le soft power témoigne là aussi de l’énorme avantage américain. L’anglais est la langue véhiculaire internationale et les industries culturelles états-uniennes sont mondialement présentes, même si d’autres modèles – chinois ou islamiste – contestent la toute-puissance américaine. Le Brésil, lui, bénéficie d’une image positive. Il trouve dans le football, relayé par la communauté lusophone, son principal atout charme.

 

 

Comment ces deux puissances s’intègrent-elles dans la mondialisation ? Quel rôle y jouent-elles ?

• Les États-Unis sont les leaders de la mondialisation. Ils détiennent 20 % des stocks d’IDE mondiaux et contrôlent en retour 25 % des stocks d’IDE dans le monde. 133 des 500 plus grandes firmes mondiales sont américaines. Leur puissance explique les fonctions mondiales que concentrent les métropoles américaines. Avec un stock d’IDE de seulement 3 % du total mondial, le Brésil est loin de pouvoir rivaliser. Cependant, les firmes brésiliennes progressent dans les classements mondiaux : 7 sur les 500 premières.

• Du côté des systèmes productifs, les États-Unis représentent encore 19 % de la production industrielle mondiale. Ils se spécialisent dans les productions à forte valeur ajoutée, à fort contenu technologique (logiciels, industries du web, bio-industries, aéronautique), ou dans les services à forte qualification. L’économie brésilienne bénéficie d’une grande richesse en matières premières. Son industrie s’est également diversifiée. Mais les investissements étrangers et les transferts de technologie jouent un rôle crucial. Enfin, le développement des services a été considérable, notamment les services financiers

• Les agricultures américaines et brésiliennes, enfin, sont franchement rivales. Les deux pays figurent parmi les géants agricoles mondiaux. L’agriculture américaine reste la première du monde. Mais le complexe agro-industriel brésilien est en pleine croissance. L’agriculture brésilienne dispose des vastes espaces propres aux pays neufs et d’immenses exploitations mécanisées, qui justifient son surnom de « ferme du monde ».

 

 

Dans quelle mesure leurs dynamiques territoriales sont-elles comparables ?

• Ce sont d’abord deux anciens pays neufs, deux États-continents. Les États-Unis sont construits par les pionniers, qui repoussent la « frontière » vers l’ouest, avec le chemin de fer. Le Brésil, en revanche, connaît une succession de cycles spéculatifs (sucre, café), qui favorisent le développement de régions mono productives, créant une structure territoriale en archipel. Tous deux ont profité de l’immigration européenne. Tous deux ont connu le système esclavagiste : très intense au Brésil, avec un important métissage ; avec moins de métissage aux États-Unis, donc des problèmes d’intégration.

• Chaque pays a des espaces centraux, métropolitains, qui jouent un rôle d’interface mondiale. Aux États-Unis, c’est d’abord le Nord-Est : Mégalopolis et Grands Lacs. Mais il décline relativement, au profit de la Sun Belt. Ce basculement est lié à des dynamiques spatiales à toutes les échelles : montée en puissance de la façade pacifique ; développement des dynamiques transfrontalières ; développement des interfaces maritimes et littoralisation de l’économie ; métropolisation. Les mêmes dynamiques sont d’ailleurs à l’œuvre au Brésil, qui ne compte cependant qu’une région centrale, le Sudeste.

• Les deux pays ont enfin des espaces périphériques, espaces de conquête, espaces de réserve. Au Brésil, les régions pionnières du Nord amazonien couvrent presque 50 % du pays. La forêt est progressivement défrichée par le front pionnier. À l’inverse, l’ancien centre historique du Nordeste reste bloqué dans le sous-développement. Aux États-Unis, le vieux Sud jadis esclavagiste a longtemps été en retard. Mais il se modernise par extension de la Mégalopolis. Le Grand Ouest, centré sur les Rocheuses, ne connaît de croissance que dans quelques centres urbains.

 

 

Quelques idées clés à retenir.

Les États-Unis sont une puissance globale, le Brésil est une puissance émergente. Les États-Unis dominent la mondialisation qu’ils ont initiée, le Brésil s’y intègre comme fournisseur de matières premières. Les dynamiques territoriales de ces deux pays neufs sont comparables, avec cependant deux centres américains (Nord-Est et Sun Belt) contre un seul brésilien (le Sudeste).