L'Asie du Sud et de l'Est

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Classe(s) : Tle L - Tle ES - Tle S | Thème(s) : L'Asie du Sud et de l'Est : les enjeux de la croissance

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L’Asie du Sud et de l’Est est la zone du monde où la croissance est la plus forte. Elle concentre plus de la moitié de l’humanité, une population qui sort massivement de la pauvreté.

 

 

 

Mumbai est l’archétype de ces métropoles asiatiques entre modernité et inégalités.

• Mumbai est d’abord une mégapole en croissance : plus de 20 millions aujourd’hui et la plus peuplée du monde d’ici 2020. C’est aussi une ville de l’ultra-densité : 35 000 hab./km² avec des pics à 100 000, malgré un site d’îlots remblayés peu commode. Capitale de l’État géant du Maharashtra, Mumbai est la métropole la plus riche du pays. Mais c’est aussi une ville mondiale. Jadis interface privilégiée entre la métropole britannique et l’empire des Indes, elle est toujours aujourd’hui la porte d’entrée de l’Inde sur le monde. Son produit urbain brut est le premier de l’Asie du Sud. Elle concentre les sièges sociaux des multinationales et la plus grande bourse régionale. Le soft power y est bien représenté avec Bollywood.

• L’agglomération est aujourd’hui totalement engorgée par cette croissance hors normes. Les mutations spatiales de l’agglomération sont rendues nécessaires par son accession au rang de ville mondiale. Les classes populaires sont chassées vers les banlieues, selon un classique processus de gentrification. L’industrie est repoussée en périphérie, dans un corridor industriel qui se prolonge jusqu’à Delhi. Une ville-jumelle a été implantée de l’autre côté de la baie : Navi Mumbai.

• Le revenu moyen est le triple du revenu national. La classe moyenne symbolise l’émergence du pays. Mais Mumbai abrite aussi les populations les plus pauvres d’Asie dans des bidonvilles géants. Ces contrastes sociaux se traduisent dans l’espace urbain. Au Sud, se concentrent les quartiers de standing, et au Nord de nouveaux centres d’affaires ont été créés. Les slums (ou bidonvilles) abritent la moitié de la population et comblent les espaces interstitiels, souvent marécageux, proches des anciens quartiers industriels. Parmi ces slums, Dharavi, avec un million d’habitant.

 

 

 

Quels défis sont posés par la population et la croissance économique en Asie du Sud et de l’Est ?

• La masse démographique de l’Asie du Sud et de l’Est est colossale : 3,4 milliards d’humains, soit la moitié du monde ! Si les comportements démographiques sont très variables, en fonction du niveau de développement, ces populations sont très denses, en particulier les populations rurales de l’Asie des moussons, encore fréquemment majoritaires. Les problématiques de développement ne sont cependant pas les mêmes selon les pays, tant sont grandes les disparités entre la grande richesse (du Japon, par exemple) et l’extrême pauvreté (du Bangladesh, autre exemple).

• L’Asie du Sud et de l’Est est cependant une région en forte croissance économique. Cette croissance s’est réalisée par vagues, comme un « vol d’oies sauvages » : le Japon dès 1868, les Quatre Dragons vers 1960, les Tigres vers 1970, la Chine et les pays de 3e génération vers 1980, l’Asie du Sud vers 1990. Le résultat de cette croissance décalée dans le temps et dans l’espace est que les niveaux de développement sont encore très différents. Le Japon et les quatre Dragons apparaissent aujourd’hui comme des pays dominants dans la division régionale du travail. Mais, en raison de leur taille, la Chine et l’Inde sont des pays émergents à part : respectivement « l’usine du monde » et « le bureau du monde ». Leur développement accéléré bouleverse l’équilibre mondial, en raison de leur masse démographique.

• La croissance asiatique s’est partout réalisée grâce à une insertion réussie dans la mondialisation. Chaque pays a pris sa place dans une division internationale du travail impulsée par les firmes transnationales. Les échanges ont donc explosé. D’immenses façades maritimes se sont constituées qui sont aujourd’hui les grandes interfaces de la mondialisation. Parallèlement, les grandes métropoles asiatiques – Tokyo, Séoul, Shanghai, Mumbai, Singapour – sont devenues des centres d’impulsion de l’économie mondiale, concentrant les fonctions de commandement, commerciales et financières.

• Mais une telle croissance est-elle durable ? La croissance asiatique dévore en effet la main-d’œuvre et les matières premières à un rythme difficilement soutenable. Les conditions de travail sont encore souvent difficiles. Pourtant, le développement est incontestable. La pauvreté s’est réduite massivement. Les classes moyennes se développent. Ce développement est encore spatialement assez inégal : la puissance des processus maritimes privilégie nettement les littoraux sur les espaces intérieurs. Et la montée des inégalités sociales accompagne aussi le développement. Enfin, les conséquences environnementales de ce mode de développement sont catastrophiques.

 

 

 

Quelques idées clés à retenir.

 

• Mumbai est une mégapole en forte croissance. Principale interface de la mondialisation en Inde, c’est une ville mondiale sans cesse remaniée par des processus de gentrification et de modernisation. Les inégalités perdurent cependant, avec la présence des slums.

• L’Asie du Sud et de l’Est concentre la moitié de l’humanité. Cet ensemble fait aujourd’hui partie des grandes interfaces de la mondialisation. Sa très forte croissance économique par vagues a échelonné les niveaux de développement. Des doutes demeurent cependant sur la durabilité de cette croissance.

 

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