L’Europe de 1848 à 1850

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : Révolutions, libertés, nations, à l’aube de l’époque contemporaine

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En 1848, l'Europe est quasi totalement embrasée par un mouvement révolutionnaire. Après les premières insurrections victorieuses, la " réaction " des souverains ne se fait pas attendre. Mais, même si l'Europe organisée par le Congrès de Vienne semble restaurée, l'ébranlement est irrémédiable : partout l'espoir de voir triompher les principes démocratiques demeure vivace.

Commençons par examiner les raisons de cet embrasement révolutionnaire.

• Les peuples dominés et opprimés par l'Autriche fondent leur émancipation sur les principes de liberté et d'égalité, hérités de la Révolution française. Tous associent l'indépendance à la démocratie politique : autrement dit, les revendications libérales et les aspirations nationales animent ces mouvements de libération.

• Après des signes avant-coureurs à Milan et à Palerme au début de l'année 1848, c'est la Révolution parisienne des 22 et 24 février qui sert de déclencheur aux autres révolutions.

• Dès lors, des insurrections urbaines, avec barricades, ont lieu partout dans l'empire d'Autriche - donc en Italie et en Europe centrale - ainsi que dans la Confédération germanique.
- Dans un premier temps, les villes de Prague, Vienne, Berlin, Munich, Milan, Venise, Rome, Florence vivent la réalisation de leurs espoirs de liberté, car les souverains cèdent en acceptant une constitution, ou même abdiquent.
- C'est ainsi que Venise et Rome deviennent des Républiques, ou que l'empire d'Autriche change d'empereur.

• En Europe, au printemps 1848, l'embrasement révolutionnaire n'épargne que les royaumes du Nord, le Royaume-Uni, l'Espagne et la Russie.

Malgré leur généralisation, ces mouvements n'ont pas tous les mêmes caractéristiques : on peut en distinguer quatre types.

• D'abord, il y a ceux qui veulent se débarrasser du système d'oppression et qui exigent la mise en place d'un régime constitutionnel : c'est le cas de Vienne, capitale de l'empire d'Autriche, de Berlin, capitale de la Prusse, ou de Turin, capitale du royaume de Piémont-Sardaigne.

• Ensuite, il y a ceux qui aspirent à l'indépendance nationale : c'est le cas des Hongrois et des Tchèques.

• Puis, il y a ceux qui veulent associer l'unité nationale et l'État : c'est le cas des Italiens et des Allemands.

• Enfin, il y a ceux qui veulent faire triompher l'idéal démocratique au sein d'une République qui garantit l'égalité sociale et le droit au travail : c'est le cas de la France, de Venise, de Rome.

Malgré les premiers succès des insurrections, les souverains prennent très vite leur revanche.

• Les souverains considèrent les peuples comme des ennemis qu'il faut battre : ils organisent donc la reconquête de leur royaume. Ainsi, Prague et Vienne sont assiégées et bombardées, tandis que les troupes de Radetzky envahissent l'Italie du nord : la répression est épouvantable.

En 1849, l'Autriche réduit l'insurrection des Hongrois grâce à l'aide du tsar.

• Puis, tous les souverains qui, sous la pression révolutionnaire avaient cédé et avaient accordé une constitution, dénoncent toute réforme libérale. En 1849, le roi de Prusse disperse donc par la force l'assemblée des représentants allemands réunis à Francfort pour organiser une Allemagne libérale.

En 1849-1850, le principe dynastique triomphe au mépris de la liberté et du droit des peuples.

• Mais si l'Europe du Congrès de Vienne est rétablie, ce n'est pas pour longtemps car la bourgeoisie industrielle, qui se développe, aspire à un régime de libertés.

La situation de l'Europe en 1850 est donc la suivante.
- D'une part, elle est constituée d'États qui ont des régimes politiques très différents : tandis que la France a un régime démocratique modéré et que le Royaume-Uni, les États du nord et le Portugal ont une monarchie constitutionnelle, la Prusse est une monarchie constitutionnelle sans pratique libérale. L'empire d'Autriche et l'empire russe, eux, sont des monarchies autoritaires.
- D'autre part, l'industrialisation est en train de transformer radicalement l'économie et la société au Royaume-Uni, en France et dans l'Allemagne rhénane, tandis que les échanges, qui se multiplient, diffusent les idées libérales.

Conclusion
Le " printemps des peuples " a donné l'impulsion décisive à l'unification de l'Italie ainsi qu'à celle de l'Allemagne : l'une et l'autre deviennent des États unifiés en 1870.
Les révolutions de 1848 sont donc une des références majeures du mouvement ouvrier, parce qu'elles correspondent à la prise de conscience que le prolétariat forme une classe sociale. Enfin, il faut rappeler que le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels, publié en février 1848, commence par la célèbre injonction : " Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! "