L’Homme, un primate au sein des primates

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Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Génétique et évolution

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Il existe de nombreux ordres de mammifères. L’Homme appartient à l’ordre des primates, dont les plus anciens représentants sont datés de – 55 millions d’années. L’Homme est plus étroitement apparenté avec certains primates qu’avec d’autres. C’est ce que nous allons voir, après avoir rappelé comment s’établissent les liens de parenté entre espèces, qu’elles soient actuelles ou fossiles.

 

Comment établir des liens de parenté à partir de données morphologiques, anatomiques ou embryologiques ?

· Pour le comprendre, on va comparer des caractères homologues. Par caractères homologues, on désigne des structures qui, prises dans des espèces différentes, ont la même organisation fondamentale et les mêmes connexions essentielles avec les organes avoisinants.

· Pour qu’un caractère puisse être utilisé, il faut qu’il présente au moins deux états différents et qu’on identifie quel est l’état initial ou ancestral, et quel est l’état dérivé. Seul ce dernier est pris en compte pour établir les parentés. L’état dérivé est en effet hérité d’un ancêtre commun qui n’est pas celui des espèces qui ont l’état ancestral.

· Si on considère plusieurs caractères, les espèces sont d’autant plus étroitement apparentées qu’elles partagent un plus grand nombre d’états dérivés des caractères, ce qui témoigne d’un ancêtre commun exclusif à ces espèces. Ainsi, les primates possèdent, contrairement aux mammifères non primates, un pouce opposable aux autres doigts, des ongles à la place des griffes et des orbites orientées vers l’avant permettant la vision binoculaire.

 

On peut aussi établir des liens de parenté avec des données moléculaires.

· L’analyse des génomes des espèces révèle la présence de gènes dont les séquences de nucléotides présentent de grandes ressemblances d’une espèce à l’autre : ce sont des gènes homologues, c’est-à-dire provenant d’un même gène ancestral possédé par l’ancêtre commun à ces espèces.

· Néanmoins, il existe des différences dans la séquence des gènes homologues de deux espèces. Ces différences sont dues à des mutations qui ont réussi à se fixer au cours de l’histoire évolutive des lignées de ces espèces, après leur séparation à partir de leur ancêtre commun. Nous en déduisons que deux espèces sont d’autant plus étroitement apparentées que le nombre de différences dans la séquence de leurs gènes homologues est faible.

Voyons comment ces deux principes vont nous servir à classer l’Homme au sein des primates.

· L’Homme est un hominoïde. Il est plus étroitement apparenté au gibbon, à l’orang-outan, au gorille et au chimpanzé qu’aux autres primates. L’état dérivé définissant les hominoïdes est l’absence de queue.

· L’ancêtre commun à tous les hominoïdes possède bien sûr les caractères définissant tous les primates. Mais cet ancêtre commun a, de plus, un nez à la place d’une truffe, pas de vibrisses, des orbites fermées, des narines ouvertes vers le bas, pas de troisième prémolaire et surtout des vertèbres caudales soudées en un coccyx. Rappelez-vous, nous venons de voir que l’absence de queue est un caractère dérivé des hominoïdes.

· L’utilisation des données moléculaires va nous permettre d’aller plus loin. En effet, la comparaison des gènes homologues entre hominoïdes indique que les gènes du chimpanzé ont de plus grandes similitudes avec les gènes de l’Homme qu’avec ceux du gorille, et surtout de l’orang-outan et du gibbon. Les chimpanzés sont donc plus étroitement apparentés à l’espèce humaine qu’aux autres hominoïdes. Autrement dit, le chimpanzé est l’espèce actuelle la plus proche de l’Homme. Cela signifie que l’Homme et le chimpanzé ont un ancêtre commun exclusif, qui n’est pas celui des autres hominoïdes.

Comment rattacher un fossile à la lignée humaine plutôt qu’à celle du chimpanzé ?

· Vous devez retenir qu’à partir de l’ancêtre commun à l’Homme et au chimpanzé, il y a évolution aussi bien dans la lignée humaine que dans celle du chimpanzé.

· Un fossile n’est rangé dans la lignée humaine que s’il est plus étroitement apparenté à l’Homme actuel que ne l’est le chimpanzé, c’est-à-dire s’il présente au moins un caractère dérivé qui se trouve chez l’Homme actuel. Par exemple, tout fossile présentant une caractéristique de son squelette témoignant d’une bipédie affirmée est placé dans la lignée humaine.

· Tous les fossiles rangés dans la lignée humaine sont des homininés. Et nous pouvons affirmer qu’entre – 6 et – 2 millions d’années plusieurs espèces d’homininés ont vécu en Afrique. On les range dans le groupe des australopithèques.

· À partir de – 1,9 million d’années apparaissent les premiers Homo (Homo ergaster en Afrique), genre auquel appartient l’espèce humaine actuelle. Ce genre Homo est défini par des caractères anatomiques témoignant d’une bipédie exclusive, identiques à ceux de l’Homme actuel, et d’un volume crânien inférieur à celui de l’Homme actuel, mais nettement supérieur à celui des australopithèques.

En conclusion.

Jusqu’à il y a 2 millions d’années, la lignée humaine a évolué uniquement en Afrique. Par la suite, les représentants du genre Homo ont gagné l’Asie et l’Europe. Au cours de cette évolution, les Homo sapiens apparaissent en Afrique, il y a 200 000 ans et, à partir de
– 70 000 ans, ils envahissent toutes les régions du monde, supplantant les populations d’Homo plus anciennes.