L’immunité innée

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Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Quelques aspects de la réaction immunitaire

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Le système immunitaire nous protège contre les organismes infectieux : l’immunité nécessite leur reconnaissance et leur élimination. La réaction immunitaire est assurée par deux types de mécanismes : l’immunité innée et l’immunité adaptative. Nous nous intéresserons principalement à l’immunité innée, que l’on qualifie aussi de naturelle.

 

Parlons d’abord des caractéristiques générales de l’immunité innée.

· La réponse immunitaire innée constitue la première ligne de défense de l’organisme, à mise en jeu immédiate. Elle existe chez tous les organismes pluricellulaires et implique la reconnaissance globale d’agents pathogènes.

· Il faut se rappeler qu’il n’y a pas de mise en mémoire de la réaction dans l’immunité innée. On constate en effet que, lors d’une nouvelle infection par le même agent pathogène, le système immunitaire inné fonctionne exactement de la même façon.

· La réaction immunitaire innée engendre une inflammation. Celle-ci se traduit par des symptômes, localisés initialement au site d’infection qui sont les suivants : rougeur, chaleur, gonflement, douleur. Ces manifestations résultent de phénomènes dont l’ensemble constitue la réaction inflammatoire induite par la pénétration du pathogène.

Voyons ensuite comment se manifestent les symptômes inflammatoires.

· Tout débute par la reconnaissance des agents infectieux. Cette reconnaissance est effectuée par des cellules présentes en permanence dans les tissus : les macrophages, les cellules dendritiques et les mastocytes. Ces cellules possèdent des récepteurs capables de reconnaître des molécules uniquement présentes chez les microorganismes et qui n’existent donc pas dans l’organisme humain.

· Cette reconnaissance provoque l’activation des macrophages et des cellules dendritiques qui secrètent alors des médiateurs chimiques, les cytokines, et des mastocytes qui secrètent de l’histamine. Ces médiateurs agissent sur la paroi des capillaires sanguins, provoquant leur dilatation, ou vasodilatation, d’où un afflux localisé de sang responsable de la chaleur et de la rougeur au site inflammatoire.

· Les cytokines agissent également en augmentant la perméabilité de la paroi des capillaires, ce qui entraîne une fuite de plasma sanguin vers le tissu infecté, d’où le gonflement ou œdème.

· Les cytokines agissent aussi sur la paroi des capillaires et sur des leucocytes, en provoquant l’adhésion de ces leucocytes à la paroi puis leur passage entre les cellules de cette paroi des capillaires. Ce dernier phénomène s’appelle la diapédèse.

Examinons quelles sont les différentes cellules phagocytaires.

· L’ensemble des différentes actions précédentes a pour effet de recruter et de regrouper des cellules phagocytaires au niveau du site infectieux. Il y a des macrophages, des cellules dendritiques, des polynucléaires.

· Au cours de la phagocytose, le pathogène est d’abord entouré par la membrane du phagocyte puis enfermé dans une vésicule de phagocytose. Cette vésicule fusionne avec de petites vésicules contenant des substances qui tuent les microorganismes avant de les digérer grâce à leurs enzymes.

· Les polynucléaires, appelés aussi granulocytes, sont très nombreux sur le site d’infection. Ils ont une durée de vie limitée et meurent rapidement après avoir réalisé la phagocytose. Dans le foyer infectieux s’accumulent ainsi des granulocytes morts ou mourants, des débris de microbes et de cellules mortes. C’est cet ensemble-là qui constitue le pus. Les macrophages, qui eux ont une durée de vie plus longue, sont capables de phagocyter les éléments constitutifs du pus, résorbant ainsi celui-ci.

Avant de conclure, voyons comment se situe l’immunité innée dans la défense de l’organisme.

· Il faut savoir que les mécanismes de l’immunité innée suffisent souvent à stopper l’infection, qui peut même parfois passer inaperçue.

· Parmi les cellules phagocytaires, les macrophages et surtout les cellules dendritiques assurent le lien entre immunité innée et immunité acquise. Ces cellules, activées par la reconnaissance des pathogènes, sont de plus des cellules présentatrices d’antigènes.

· Les cellules présentatrices d’antigènes, aussi appelées CPA, possèdent plusieurs propriétés :

– Premièrement, elles ne meurent pas après la phagocytose des organismes pathogènes.

– Deuxièmement, leur phagocytose présente des particularités. En effet, les CPA tuent les microorganismes, mais la digestion des protéines de ces derniers conduit à la production de certains peptides. Ces peptides sont présentés, à leur surface, par des molécules membranaires appelées molécules du CMH. Rappelons que CMH veut dire complexe majeur d’histocompatibilité.

· Les ensembles constitués par les peptides plus les molécules du CMH ainsi présentés sont les antigènes. Ce sont ces antigènes qui seront reconnus par les lymphocytes qui sont les cellules de l’immunité adaptative. Vous comprendrez mieux dorénavant le nom de cellules présentatrices d’antigènes que l’on donne aux macrophages et aux cellules dendritiques.

Récapitulons.

La réaction immunitaire innée est souvent efficace à elle seule. De plus, elle est indispensable au déclenchement des mécanismes de l’immunité adaptative.