La gouvernance économique depuis 1944

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Classe(s) : Tle L - Tle ES - Tle S | Thème(s) : Gouverner à l'échelle mondiale : la gouvernance économique depuis 1944 - Gouverner à l'échelle mondiale : une gouvernance économique depuis 1975

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En 1944, des organismes internationaux sont créés afin de réguler l'économie mondiale. Avec la mondialisation, la régulation est devenue plus complexe et il est nécessaire de mettre en place une nouvelle gouvernance. Comment la gestion de l'économie mondiale a-t-elle évolué depuis 1944 ?

Comment l'économie mondiale est-elle réorganisée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ?

C'est en 1944 que se tient la conférence de Bretton Woods, qui cherche à réorganiser les échanges internationaux afin de garantir la stabilité économique et financière mondiale.
• Le système de Bretton Woods repose sur des institutions économiques internationales que vous devez connaître : le FMI, ou Fonds monétaire international, et la BIRD, Banque internationale pour la reconstruction et le développement.
• Même si cette coopération est internationale, les États-Unis y affirment leur hégémonie. Ils dominent le système monétaire international, où le dollar est la seule monnaie convertible en or, et ils le complètent par le plan Marshall, qui stimule la production américaine.

Quels sont les succès et les limites du système de Bretton Woods ?

• Jusqu'aux années 1970, le libre-échange progresse à la faveur des cycles de négociation du GATT, organisme crée en 1948 et chargé de fixer les droits de douane. Il accompagne la croissance des Trente Glorieuses, qui est elle-même soutenue par l'intervention des États.
• Toutefois, cette gouvernance économique mondiale est contestée. Le bloc socialiste refuse d'y participer. Les pays récemment décolonisés, le Tiers-monde, dénoncent les inégalités et fondent la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, ou CNUCED.

Comment expliquer la fin du système de Bretton Woods ?

• La croissance ralentit dès la fin des années 1960. Les États-Unis, endettés par la conquête spatiale et la guerre du Vietnam, dans le cadre de la Guerre froide, sont obligés de recourir à la fabrication monétaire. Les dollars en circulation dépassent alors cinq fois les réserves en or du pays. Le président américain Nixon n'a pas d'autre choix que d'annoncer la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971.
• Le choc pétrolier de 1973 aggrave la situation, tandis que la mondialisation s'accélère, et se traduit notamment par la concurrence économique croissante de l'Europe et du Japon.

Comment évolue la gouvernance économique mondiale entre 1971 et les années 1990 ?

• La crise favorise l'avènement du néolibéralisme. Née dans les pays anglo-saxons, cette théorie, dont Milton Friedman est le plus grand défenseur, attribue la crise aux perturbations monétaires et aux interventions de l'État dans l'économie. Pour combattre la crise, elle préconise des politiques de rigueur et l'ouverture aux échanges, c'est-à-dire une totale liberté des marchés.
• Ainsi, le FMI développe des programmes d'ajustement structurels dans les pays en développement et conditionne son aide à la réduction des dépenses publiques. De même, les tarifs douaniers sont régulièrement abaissés, dans le cadre des cycles de négociation du GATT.
• Ces politiques libérales font exploser les échanges de biens et de services, et contribuent à la création d'un marché mondial des capitaux : on parle de globalisation financière.

Qui sont les nouveaux acteurs de la gouvernance économique mondiale ? Comment tentent-ils de réguler la mondialisation qui s'accélère depuis les années 1990 ?

• Le déclin du FMI et de la BIRD se traduit par l'émergence de nouveaux acteurs économiques : les organisations régionales, comme l'ALENA et l'Union européenne, les firmes transnationales, le G8, qui regroupe des grandes puissances économiques mondiales, ou l'Organisation mondiale du commerce, qui remplace le GATT en 1995.
• Mais avec l'accélération de la mondialisation dans les années 1990-2000 et les crises financières qui se succèdent jusqu'à nos jours, le courant néolibéral est remis en cause et l'altermondialisme se développe. Émerge alors une aspiration à une nouvelle gouvernance mondiale, plus juste, plus soucieuse des pays émergents et de l'environnement. Le G20, qui remplace en 2008 le G8, tente de relever ce défi, mais les divergences entre les États restent grandes.

Quelques idées clés à retenir.

• Les lendemains de la Seconde Guerre mondiale et les accords de Bretton Woods marquent une étape majeure dans la construction d'une échelle mondiale de gouvernance. Fonctionnant sur un mode multilatéral, cette construction entérine néanmoins la domination des États-Unis.
• Dans les années 1970, les difficultés de l'économie américaine conduisent à l'abandon du système de Bretton Woods, à l'affirmation du néolibéralisme et à l'essor de nouveaux acteurs.
• Pour stabiliser l'économie mondiale, les États tentent de faire entendre leur voix face aux marchés financiers et aux firmes transnationales. Ils parviennent à édicter quelques règles pour « mieux gouverner » le monde. Cependant, une gouvernance durable, juste et associant tous les acteurs ne semble pas encore d'actualité.