La mondialisation en fonctionnement

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Classe(s) : Tle L - Tle ES - Tle S | Thème(s) : La mondialisation en fonctionnement - La mondialisation, fonctionnement et territoires

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Savez-vous ce qu’est la mondialisation ? On peut la définir comme le processus de mise en relation des différents ensembles géographiques du monde. C’est un processus complexe avec des myriades de flux et d’acteurs. Alors, comment fonctionne cette mondialisation ?

 

Prenons l’exemple d’un produit mondialisé, le coton.

• Le coton est, en surface, le troisième produit agricole cultivé sur la planète, après les céréales et le soja. Il a constitué un marché mondialisé, dès la fin du xviiie siècle. Sa production est fortement consommatrice de main-d’œuvre dans les pays en voie de développement (à l’origine des trois quarts de la production mondiale), mais très mécanisée dans les pays développés.

• La production reste très concentrée. Les quatre premiers producteurs, Chine, Inde, États-Unis et Pakistan, fournissent près de 70 % de la production mondiale. Filatures et ateliers de confection se situent principalement dans les pays ateliers asiatiques. Mais les modèle sont conçus dans les pays du Nord, souvent par des firmes transnationales. La Chine est le premier importateur mondial de fibres de coton (40 %), destinées à alimenter une industrie textile fortement exportatrice.

• Le marché du coton constitue un enjeu à de multiples niveaux : il est au cœur de vifs débats au sein de l’OMC entre pays du Nord et du Sud. Les États-Unis et l’Union européenne subventionnent en effet la culture du coton face aux productions à bas coût des pays en développement. La culture du coton est également une culture qui nécessite des apports d’eau, de pesticides et d’engrais très importants. Des cultures biotechnologiques (ou OGM) ont donc été développées, principalement par la firme américaine Monsanto. Le coton biotechnologique représente plus de 35 % de la production mondiale.

 

À la lumière de cet exemple, peut-on identifier les processus et les acteurs de la mondialisation ?

• La mondialisation provoque une hiérarchisation de l’espace mondial, via la division internationale du travail et une spécialisation productive des territoires. On peut identifier trois phases historiques de mondialisation : une première mondialisation au xvie siècle, avec les Grandes Découvertes ; une deuxième au xixe avec la révolution des transports et les empires coloniaux ; une troisième après 1945, amplifiée après 1991, qui marque le triomphe du capitalisme libéral sur la quasi-totalité de la planète.

• La mondialisation a été favorisée par l’abaissement des barrières douanières et les mutations dans les transports : avions gros porteurs, navires spécialisés, transport multimodal et surtout porte-conteneurs. Mais elle a aussi été favorisée par la révolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication (téléphone, satellite, fibre optique, internet), qui permettent le transfert quasi immédiat de données à travers la planète.

• Qui sont les acteurs de la mondialisation ? On peut distinguer des acteurs publics et privés. Au premier rang, les FMN ou FTN (firmes multinationales ou firmes transnationales), qui exercent leurs activités sur l’ensemble du globe, au gré des avantages comparatifs identifiés. On compte actuellement plus de 70 000 FMN, qui possèdent plus de 800 000 filiales. La plupart appartiennent aux États de la Triade, mais elles sont de plus en plus originaires des pays émergents. Les FTN réalisent près de 10 % du PIB mondial et sont à l’origine de flux massifs d’IDE.

• Et les acteurs publics ? Le rôle des États, essentiel quoique moins décisif qu’auparavant, vise à promouvoir la compétitivité de leur territoire. Les organisations régionales ont aussi pour but de renforcer cette attractivité. Enfin, les organisations internationales, telles que l’OMC, le FMI, ou la Banque mondiale, veillent à favoriser les échanges et la libre concurrence, ainsi que le développement. De nombreux acteurs secondaires interviennent également en fonction de leurs intérêts propres : ONG, lobbies ou encore mafias.

 

Comment s’organisent les flux et les mobilités dans l’espace mondialisé ?

• Le nœud central de ce réseau mondial est l’Asie orientale, atelier du monde et principal pôle de croissance économique, aux côtés des États-Unis. Les trois quarts de ces échanges concernent les biens matériels, au premier rang desquels se trouvent les produits manufacturés (70 %). Les produits de haute technologie représentent aujourd’hui 20 % du commerce mondial. Les matières premières 30 %.

• Et les mobilités humaines ? Les mobilités touristiques sont les plus importantes et ne cessent d’augmenter : en 2010, 935 millions de touristes internationaux. Ces flux, principalement Nord-Nord, sont essentiellement des flux de proximité. Les mobilités de travail sont des migrations en plein essor. Elles peuvent concerner des populations bien formées (fuite des cerveaux) ou bien au contraire les populations les plus pauvres fuyant la misère. 214 millions de personnes ne vivent pas dans le pays où elles sont nées. Ces flux migratoires se dirigent principalement vers l’Amérique du Nord, l’Union européenne et le golfe Persique. Les flux de réfugiés, eux, sont principalement des flux Sud-Sud.

 

Quelques idées clés à retenir.

Les progrès des transports, la libéralisation des échanges, les progrès de la division internationale du travail ont permis la multiplication des flux et mobilités de toutes natures (hommes, biens, capitaux). L’espace mondialisé est ainsi constitué de territoires mis en concurrence les uns avec les autres, en fonction de leurs avantages comparatifs sélectionnés par les firmes transnationales.