La plante domestiquée

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Classe(s) : Tle S | Thème(s) : La plante domestiquée

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Il y a 10 000 ans environ, l’Homme est devenu agriculteur. Il a alors commencé à cultiver des plantes sauvages, notamment pour son alimentation. Comme nous allons le voir, il a fait évoluer ces plantes, par différents procédés, en favorisant les caractères qui l’intéressaient. C’est ce qu’on appelle la domestication, terme employé aussi pour les espèces animales. Ainsi, les plantes cultivées actuelles ont un phénotype bien différent de celui de leurs ancêtres.

 

Constatons déjà les différences entre une espèce actuelle et son ancêtre.

· Un exemple frappant est fourni par le maïs et son ancêtre sauvage, la téosinte. Celle-ci possède des tiges ramifiées et de nombreux petits épis avec quelques grains. Le maïs actuel a une tige unique, non ramifiée, portant un ou deux gros épis de 500 grains environ.

· En généralisant, nous pouvons dire que les céréales actuelles ont un nombre élevé de grains et une valeur nutritive très importante, ce qui est très intéressant pour l’Homme.

· En revanche, la domestication a fait perdre certains caractères sauvages. Ainsi, chez les céréales comme le blé ou le maïs, il n’y a pas d’égrenage naturel des graines. La dissémination naturelle des plantes cultivées est donc très médiocre, de sorte qu’elles dépendent en quelque sorte de l’intervention de l’Homme.

Voyons comment les agriculteurs ont fait évoluer les plantes dans un sens favorable à l’Homme.

· Les populations de plantes sauvages présentaient une grande diversité phénotypique. L’agriculteur repère les pieds les plus intéressants pour lui, sélectionne et fait germer leurs graines. Cette sélection artificielle, dite massale, fait évoluer le phénotype des populations.

· L’opération, répétée de génération en génération, permet d’améliorer progressivement les performances de la culture. Au fur et à mesure de l’extension de la culture d’une plante dans le monde, les caractères fondamentaux recherchés par l’Homme sont conservés.

· Selon les régions et en fonction du climat, des caractères particuliers comme la résistance au froid, à l’humidité, la précocité de la germination, etc., sont sélectionnés. On aboutit ainsi à des populations variées d’une région à l’autre.

Des variétés nouvelles créées par l’Homme.

· Les variétés exploitées aujourd’hui sont différentes de celles obtenues par sélection massale. À partir de la fin du xixe siècle, l’hybridation entre deux lignées pures permet d’obtenir à terme une nouvelle lignée pure, associant les caractères intéressants des lignées parentales.

· Le croisement des deux lignées pures aboutit à la production de semences hybrides F1. Ces graines F1 engendrent des plantes F1 qu’on laisse s’autoféconder. Les graines F2 récoltées sont semées et engendrent une population F2 hétérogène : certaines de ces plantes F2 présentent l’association des caractères recherchés mais ne sont pas obligatoirement de lignée pure.

· On sélectionne leurs graines F3 qui, semées, donnent des plantes F3 généralement encore hétérogènes et parmi lesquelles on sélectionne à nouveau celles qui associent les caractères recherchés. On répète cette sélection-autofécondation pendant 5 ou 6 générations, ce qui permet d’aboutir à une lignée pure nouvelle, celle qui était recherchée.

Qu’en est-il des organismes génétiquement modifiés ou OGM ?

· Au fait, qu’est-ce qu’un OGM ? Un OGM est un organisme dans lequel on a introduit, de façon non naturelle, au moins un gène provenant d’une espèce différente.

· Ainsi, il existe un maïs transgénique, fabriqué par l’Homme, qui élabore une protéine toxique pour les larves de pyrale, un ravageur des cultures de maïs. Cette toxine résulte de l’expression d’un gène d’intérêt, qui a été extrait d’une bactérie (Bacillus thuringiensis ou Bt) et introduit dans le génome de ce maïs. Ces deux opérations font partie des techniques sophistiquées très récentes du génie génétique.

Les OGM présentent-ils un danger ?

· Dans l’exemple précédent, un insecticide est élaboré dans toutes les cellules du maïs transgénique. Or cet insecticide peut être libéré dans le sol au niveau des racines, avec des conséquences sur des espèces de la faune autres que les larves de pyrale. Que deviennent alors les espèces touchées ? La question du devenir de ces molécules insecticides dans la chaîne alimentaire se pose.

· Dans d’autres cas, une plante peut être rendue tolérante à un herbicide : la plante génétiquement modifiée est alors une plante qui, comme les autres, prélève l’herbicide dans le sol lorsqu’il est répandu, mais qui, grâce au transgène, le tolère. Il n’en reste pas moins que cette plante prélève l’herbicide lorsqu’il est répandu… Mais que devient cet herbicide, chez l’animal qui se nourrit de cet organisme génétiquement modifié ? Et que devient-il chez l’Homme qui consomme soit directement cette plante soit l’animal qui s’en est nourri ?

· À partir de ces deux exemples, on comprend mieux certaines conséquences que peuvent avoir les organismes génétiquement modifiés, en premier lieu sur la chaîne alimentaire et notamment chez l’Homme.

Récapitulons.

Après la sélection massale qui a permis d’améliorer les plantes pendant des millénaires, l’hybridation suivie de sélection a conduit à des variétés vraies, réduites à un seul génotype, et donc beaucoup plus homogènes que les variétés-populations. Avec les OGM, l’Homme accroît encore plus sa maîtrise en modifiant directement le génome. Reste à bien en évaluer les conséquences…