Le continent américain

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Classe(s) : Tle ES - Tle S - Tle L | Thème(s) : L'Amérique : puissance du Nord, affirmation du Sud

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Le continent américain est d’abord celui des États-Unis. Cette influence états-unienne est sensible à l’échelle continentale, mais plus encore à celle du bassin caraïbe.

 

Dans quelle mesure peut-on dire que le bassin caraïbe est une interface américaine et une interface mondiale ?

• Le bassin caraïbe est un espace hétérogène marqué par de forts différentiels. Cette Méditerranée américaine est un immense espace, aux dimensions de l’Europe ! C’est un espace très fragmenté, tant sur le plan physique que politique, surtout dans les Antilles. Ce fut un espace d’intense brassage, culturel, linguistique, démographique, avec l’arrivée précoce et massive d’esclaves noirs d’Afrique.

• Dans le bassin caraïbe s’observent aussi certains des contrastes de développement les plus forts de la planète, par exemple entre États-Unis et Haïti. La limite Nord/Sud est très nette, même si les pays de la zone caraïbe ne figurent pas parmi les plus pauvres.

 

 

Comment le bassin caraïbe s’insère-t-il dans la mondialisation ? Quel rôle y jouent les États-Unis ?

• Le bassin caraïbe vit à l’ombre des États-Unis. Cette domination s’exerce sur tous les plans et se manifeste dans des flux multiples, contrôlés depuis les États-Unis, notamment Miami. Les inégalités de développement dans l’espace caraïbe et l’effet de proximité de la première puissance économique mondiale génèrent des flux migratoires majeurs.

• Avec leurs modèles économiques extravertis, les États caraïbes sont en position dominée dans les processus de mondialisation, car ils exportent souvent des produits bruts, agricoles, miniers ou énergétiques Pourtant, l’espace caraïbe compte aussi des activités à plus forte valeur ajoutée, telles les usines maquiladoras ou les zones franches, notamment sur la route maritime transocéanique majeure du canal de Panama. La plupart des États caraïbes ont aussi développé le tourisme, les activités de pavillons de complaisance et surtout des centres financiers offshore. Le bassin caraïbe compte 40 % des paradis fiscaux de la planète !

 

 

Comment s’organise le continent américain entre tensions et intégrations régionales ? Et comment les États-Unis y exercent-ils leur leadership ?

• Les États américains ont beaucoup en commun, mais nombreuses sont les tensions interétatiques depuis les indépendances, le plus souvent des contestations frontalières. C’est que ces États souffrent d’un contrôle territorial assez inégal, avec des frontières plus perméables que partout ailleurs, donc plus qu’ailleurs sujettes à différends.

• Les États-Unis ont affirmé très tôt leur volonté de contrôler le continent, avec la doctrine Monroe de 1823 ou la « big stick policy » du président Théodore Roosevelt. Cet impérialisme favorise lors de la guerre froide l’installation de régimes autoritaires en Amérique latine. La fin de la guerre froide en 1989-1991 favorise le retour de la démocratie en Amérique latine. Les interventions états-uniennes se recentrent sur la lutte contre la drogue et le terrorisme.

• L’impérialisme continental états-unien est relayé dans le domaine économique. Les États-Unis représentent de loin la première puissance économique du continent. Leur marché intérieur agit comme un aspirateur des exportations du reste du continent.

 

 

Quelles sont les tentatives d’intégration régionale en cours sur le continent américain ?

• Si la domination états-unienne connaît un déclin relatif, devant la montée des pays émergents, les tentatives d’intégration régionale se définissent toujours en fonction des États-Unis. Les États-Unis ont vu dans les organisations intégrées un moyen d’affirmer leur hégémonie, comme l’OEA en 1948. Mais ces organisations apparaissent trop dépendantes des États-Unis. Aussi le « Groupe de Rio » se constitue en 1986, hors de leur présence. À l’échelle régionale, des marchés communs se créent pour pallier les inconvénients économiques de la fragmentation politique, comme le Pacte andin.

• De nos jours, deux pôles majeurs organisent l’intégration régionale. L’Accord de libre-échange nord-américain  (ou ALENA) intègre depuis 1994 les économies des États-Unis, du Canada et du Mexique. L’accord prévoit la libre circulation des capitaux et des marchandises, mais pas des hommes, afin de limiter l’immigration mexicaine. En quinze ans, les échanges ont triplé, notamment dans la Mexamérique. Au sud, le Mercosur compte 10 pays membres et associés autour du Brésil et de l’Argentine. Les économies des pays membres ont initié une certaine division régionale du travail.

• Plus récemment, les États-Unis ont tenté de mettre sur pied une Zone de libre-échange des Amériques, puis des accords bilatéraux, avec le Chili ou le Pérou. Mais leurs adversaires ripostent avec l’Alternative bolivarienne pour les Amériques, puis l’UNASUR en 2008, qui tente d’intégrer toute l’Amérique latine. Au total, le continent paraît plus fragmenté qu’intégré. Et d’autres dynamiques sont à l’œuvre, à une échelle mondialisée. L’Inde et surtout la Chine sont ainsi de plus en plus présentes, notamment dans l’exploitation des immenses ressources naturelles du continent.

 

 

Quelques idées clés à retenir.

• Le bassin caraïbe fonctionne comme une Méditerranée américaine, une interface Nord-Sud. Son insertion dans la mondialisation se fait en position de dépendance, surtout envers le puissant voisin que sont les États-Unis.

• Le continent américain tout entier subit cette influence états-unienne, manifeste sur le plan économique et commercial. L’intégration régionale y progresse cependant, via l’ALENA ou l’UNASUR.

 

 

 

 

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