Le désir

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Classe(s) : Tle ES - Tle L - Tle S | Thème(s) : Le désir

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Le désir

Comment définir le désir ? Eh bien le désir se définit comme une tendance du sujet vers un objet, objet réel ou imaginé, mais que le sujet se représente toujours comme source de satisfaction. Il faut prendre garde de ne pas confondre le désir avec d’autres tendances qui animent le sujet humain : l’instinct, le besoin, la volonté.

L’instinct est un programme comportemental transmis par l’hérédité biologique, il vise avant tout la conservation de la vie. Au contraire du désir, l’instinct est invariable et ne dépend pas de l’histoire de la biographie du sujet.

Le désir se distingue aussi du besoin. Le besoin est une nécessité vitale, il est ce que la vie exige comme condition de sa perpétuation, c’est donc un cycle naturel qui va se répétant identiquement à l’infini.

Le désir au contraire ne connaît pas cette limite naturelle, il se renouvelle sans cesse et même s’amplifie. Le désir vise donc bien autre chose que la simple survie, il arrache l’homme à l’emprise du besoin et à l’astreinte du nécessaire, il vise en fait le superflu, non pas manger mais bien manger en bonne compagnie, etc. Autre exemple, la sexualité relève du besoin, la satisfaction d’une pulsion sexuelle tandis que l’érotisme relève du désir. Dans l’érotisme, en effet, c’est du désir lui-même dont nous jouissons et de ses infinies et subtiles variations. Bien plus que le besoin ou la pulsion, c’est donc le désir qui est la marque distinctive de l’être humain. Le désir relève de la culture et de l’artifice comme l’écrit le philosophe Gaston Bachelard, « la conquête du superflu donne une excitation spirituelle plus grande que la conquête du nécessaire. L’homme est une création du désir, non pas une création du besoin ». Ce que nous dit donc Bachelard ici, c’est que le caractère superflu du désir est précisément essentiel à l’être humain. Pour finir sur ce point, il faut bien remarquer que la différence, la limite entre le besoin et le désir chez l’être humain reste flou. Comment, en effet, clairement savoir où s’arrête le besoin, et clairement déterminer où commence le désir ?

Il faut enfin distinguer le désir et la volonté. La volonté, en effet est une tendance, mais, appuyée sur la réflexion la volonté découle d’une décision rationnelle tandis que le désir découle plutôt de l’imagination et de l’affectivité et il semble même s’imposer à nous en dehors de toute décision. Il faut toutefois bien remarquer que cette distinction entre désir et volonté pose problème. Ainsi au lieu de poser radicalement désir et volonté, ne faudrait-il pas voir dans la volonté une certaine espèce de désir ? La volonté n’est-elle pas ce désir dont la satisfaction dépend de nous et symétriquement l’activité rationnelle, et caractérisant la volonté, n’est-elle pas aussi à l’œuvre dans le désir ? N’est-il pas dans le désir un certain calcul ? Bref, une certaine raison ?

La relation entre le désir et le bonheur peut paraître problématique. Le désir est-il ce qui permet le bonheur ou, au contraire, ce qui le compromet ? Bref, faut-il cultiver le désir ou au contraire le réprimer ? Une école philosophique de l’Antiquité propose une solution intéressante à ce problème en répondant : il faut apprendre à désirer seulement ce qui dépend de nous. Cette école, c’est le stoïcisme. Épithète qui en est un grand représentant écrit ceci : « Il ne faut pas demander que les événements arrivent comme tu le veux mais il faut les vouloir comme ils arrivent, ainsi ta vie sera heureuse ».

Examinons un dernier point. L’homme désire ce qui lui semble désirable, ainsi l’objet du désir semble précéder le désir lui-même et avoir ainsi une certaine objectivité. Il est clair que chacun d’entre nous a le sentiment de désirer des choses qui sont objectivement désirables. Mais n’est-ce pas là une profonde illusion ? Autrement dit, désire-t-on vraiment une chose parce qu’on la juge désirable ou, au contraire, ne juge-t-on une chose désirable parce qu’on la désire ? Les valeurs ne sont-elles pas au fond subjectives et produites par les désirs ?