Le Proche et le Moyen-Orient depuis 1918

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Classe(s) : Tle S - Tle L - Tle ES | Thème(s) : Un foyer de conflits : le Proche et le Moyen-Orient depuis 1945 - Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale

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Pourquoi le Proche et le Moyen-Orient est-il un foyer de conflits endémiques depuis près d'un siècle ?

 

Examinons pour commencer la situation géopolitique et historique du Proche et Moyen-Orient.

• Tout d'abord, vous pouvez constater, en regardant une carte, que cette région est une zone carrefour entre l'Asie, l'Europe et l'Afrique, avec plusieurs passages stratégiques :
– les détroits du Bosphore et des Dardanelles ;
– le détroit d'Ormuz ;
– le canal de Suez, ouvert en 1869, qui offre le plus court chemin entre l'Europe et l'Inde.
• Le Moyen-Orient est aussi une des régions du monde les plus riches en pétrole. Depuis que le pétrole est devenu une source d'énergie indispensable, elle constitue un véritable enjeu géostratégique.
• Rappelez-vous aussi que cette région a longtemps été dominée par la puissance ottomane. Or, la dislocation de l'Empire ottoman, organisée par le traité de Sèvres en 1920, entraîne des tensions régionales entre mouvements nationalistes.
• Enfin, prenez bien la mesure des tensions religieuses et culturelles au Moyen-Orient. Berceau des trois religions monothéistes, cette région, est composée de trois ensembles culturels : Arabes, Turcs et Iraniens, à l'intérieur desquels les clivages confessionnels sont nombreux.

Un autre facteur d'instabilité du Proche et Moyen-Orient réside dans la création de l'État d'Israël en 1948.

• Le génocide des juifs par les nazis impose à l'ensemble de la communauté internationale la légitimité d'un État juif. L'ONU propose alors un plan de partage de la Palestine britannique entre un État juif sur 56 % du territoire et un État arabe sur le reste. Ce plan est immédiatement récusé par les pays arabes, qui déclenchent la première guerre israélo-arabe en 1948-1949.
• Si l'État d'Israël, créé en mai 1948, sort victorieux et agrandi de ce premier conflit, il ne cesse depuis d'être en guerre :
– en 1956, lors de la nationalisation du canal de Suez par l'Égypte ;
– en 1967, lors de la guerre des Six-Jours ;
– en 1973, lors de la guerre du Kippour ;
– en 1982, lors de l'opération israélienne « Paix en Galilée » au Liban.

Parallèlement aux guerres israélo-arabes, le Proche et Moyen-Orient devient un terrain d'affrontement des deux Grands lors de la Guerre froide.

• Les Etats-Unis et l'URSS profitent en effet de la crise de Suez, en 1956, pour s'imposer face aux anciennes puissances coloniales. Les Soviétiques fournissent une aide économique et militaire à l'Égypte de Nasser dès 1955, tandis que les Américains répliquent en 1957 avec la « doctrine Eisenhower », qui vise à protéger Israël et à stabiliser la région.
• Pourtant, les ambitions régionales perturbent les calculs des deux Grands. Ni l'URSS, ni les États-Unis ne parviennent à imposer leur domination.

Depuis les années 1970, de nouveaux facteurs de déstabilisation font évoluer les conflits au Proche et Moyen-Orient.

• Un premier facteur est la montée de l'islamisme politique, qui a été favorisée au cours des années 1970 par les États-Unis et son alliée l'Arabie Saoudite, et s'est ensuite retournée contre les États-Unis, en donnant l'impulsion au terrorisme. En Iran, après la révolution de 1979, une nouvelle constitution consacre ainsi la domination des fondamentalismes religieux.
• Un deuxième facteur de déstabilisation est la volonté de l'Irak et de l'Iran de dominer la région. Les deux pays s'affrontent lors d'une guerre très meurtrière, qui s'étend de 1980 à 1988.
De janvier à mars 1991, c'est la guerre du Golfe, une campagne militaire sous commandement américain qui contraint les troupes irakiennes à se retirer du Koweït, qu'elles avaient envahi.
• Un dernier facteur de déstabilisation est la transformation du conflit entre Israël et les pays arabes en un affrontement israélo-palestinien. La guerre civile au Liban, qui s'étend de 1975 à 1990, a des conséquences dramatiques pour les réfugiés palestiniens, confinés dans quelques quartiers de Beyrouth et dans des camps au sud du Liban. En réaction, les Palestiniens des territoires occupés par Israël (bande de Gaza, Cisjordanie et Jérusalem-Est) se soulèvent en 1987 : c'est la première Intifada. Ils se soulèvent à nouveau en 2000, sans plus de résultats. Depuis, les négociations pour la reconnaissance d'un véritable État palestinien ne cessent d'être mises en échec.

Quel avenir aujourd'hui pour le Proche et le Moyen-Orient ?

• La tension entre Israéliens et Palestiniens, le terrorisme islamiste et différentes rivalités régionales maintiennent cette région dans une instabilité chronique.
• Toutefois le « printemps arabe » de 2011, qui réclame la fin des dictatures et l'instauration de la démocratie, pourrait modifier la géopolitique de la région et désamorcer les sources de conflits.

 

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