Le travail et la technique

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Classe(s) : Tle ES - Tle L - Tle S | Thème(s) : Le travail et la technique

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Le travail et la technique

 

Commençons par définir les termes.

D’abord, qu’est-ce que le travail ? Eh bien on peut dire que le travail est une activité visant à produire un résultat jugé utile et utilisable séparément. À la différence du jeu, le travail est donc une activité organisée en vue d’une fin autre qu’elle-même, autrement dit, ce n’est pas simplement pour travailler que l’on travaille. Mais cela signifie aussi que le travail est une activité technicisée, autrement dit, il n’y a pas de travail sans technique.

Qu’est-ce alors qu’une technique ? On peut répondre simplement : une technique c’est un ensemble de moyens, des procédés ou des savoir-faire permettant d’obtenir efficacement un résultat, et lorsque l’on voudra parler de l’ensemble des techniques, on parlera plus généralement de la technique.

 

Ajoutons une petite précision de vocabulaire : on doit dire que la nature engendre des réalités naturelles, la technique invente des techniques, le travail produit des objets ou des services et enfin l’artiste crée des œuvres.

On peut se demander si le travail et la technique sont spécifiquement et exclusivement humains, sont-ils le propre de l’homme ? Il est vrai que pour satisfaire leurs besoins, les animaux vont transformer leur milieu naturel ; de plus ils pourront le faire en utilisant certains moyens détournés, donc, certaines techniques. Enfin, chez certains animaux ces techniques feront l’objet d’un apprentissage et même d’une certaine transmission culturelle. On voit par exemple que différents groupes d’une même espèce de singes n’auront pas l’habitude d’utiliser les mêmes techniques. C’est donc que ces techniques ne sont pas transmises par l’hérédité biologique comme le sont les instincts mais sont transmises par un apprentissage social.

Cependant, chez l’homme le travail et la technique prennent une complexité et une dimension inégalée chez les autres espèces animales. Le travail et la technique deviennent chez l’homme des activités profondément culturelles et profondément soumises à l’évolution historique. Avez-vous depuis ce matin touché ou manipulé une réalité seulement naturelle ? Sans doute pas. C’est que l’être humain par son incessant travail ainsi que par la multiplication et le perfectionnement de ses techniques produit son propre milieu, produit son propre monde qui est une véritable technosphère.

 

Le travail et la technique permettent-ils la liberté, la libération de l’homme ou sont-ils au contraire ce qui le rend esclave ? Sont-ils au contraire aliénants ? On peut dire qu’un travail aliénant c’est un travail où l’on perd sa vie à la gagner, autrement dit, un travail vraiment libérateur doit être un travail qui permet au travailleur de développer au maximum ses capacités et ses potentialités humaines, il faut que le travailleur puisse se reconnaître dans son travail.

De même la technique pose problème lorsqu’elle conditionne notre rapport aux choses et aux êtres. En effet, avoir un point de vue seulement technique, c’est se préoccuper seulement des moyens d’atteindre un résultat mais sans se soucier de la valeur de ce résultat, autrement dit, avoir un rapport technique aux choses et aux êtres c’est se demander comment faire pour obtenir d’eux un résultat et non que faut-il faire avec eux et pour eux. Ainsi l’obsession du rendement et de la rentabilité, donc de l’efficacité qui anime la société industrielle, tend à faire des êtres humains, et des êtres naturels, de simples moyens et de simples ressources. Ainsi associé au productivisme, produire toujours plus, et au consumérisme, consommer toujours plus, le progrès technique a entraîné des effets négatifs, il a parfois poussé à l’extrême l’antique division du travail en parcellarisant les tâches. L’ouvrier qui n’a plus à faire qu’un simple geste peut-il encore, comme l’artisan, se reconnaître et s’accomplir dans son travail ? De même, le progrès technique a permis une exploitation forcenée et destructrice des ressources naturelles mettant désormais en péril les conditions mêmes de survie de l’humanité. La solution à ces problèmes ne sera pas d’abord technique, mais éthique, juridique et surtout politique.

 

 

À présent, quelques conseils finaux pour vous aider à bien traiter un sujet de baccalauréat.

Soit le sujet suivant : « À quoi servent les objets techniques ? ».

Quel est d’abord le sens de la question ? L’expression « à quoi servent » nous demande quelle est la fonction, quel est l’usage, quelle est la finalité, qu’est-ce qui est visé. Quant à l’expression « les objets techniques », elle peut désigner deux choses : ce peut être les produits de la technique mais aussi les instruments, les outils de la production technique.

 

Quel est maintenant le problème ou le débat ouvert par cette question ? Eh bien c’est sans doute de savoir si les objets techniques ont une finalité essentiellement ou simplement pratique ou si, au contraire, ils n’ont pas aussi une finalité autrement plus profonde, une finalité qui engage et définit peut-être même l’existence de l’homme ? Autrement dit, les objets techniques ne sont-ils que de simples moyens ou instruments offerts à la volonté de l’homme ou ne sont-ils pas, au contraire, ce qui conditionne la volonté de l’homme, ce qui détermine, ce qui influence, ce que veut l’homme ?

On peut imaginer ici une réponse en trois temps, en trois parties.

 

Dans une première partie, il faudrait montrer comment les objets techniques ont une finalité simplement pratique mais importante, ils accroissent l’efficacité de l’action humaine et permettent à l’homme de dominer ce qui l’entoure. L’analyse d’un simple outil tel que le marteau permet facilement de montrer comment cette technique augmente les capacités de l’être humain. Mais la technique c’est aussi les machines et cela conduit à une seconde partie où il faudrait montrer comment les objets techniques se substituent progressivement au travail humain et augmente cette fois-ci la richesse économique. Mais il faudrait dépasser ces deux points de vue en montrant dans une troisième partie comment les objets techniques finalement ne sont pas seulement des instruments dont l’homme se sert mais un milieu où l’homme habite. Les objets techniques finissent par constituer l’environnement même de l’homme, la technosphère dont nous parlions tout à l’heure et cette technosphère détermine en retour ce que l’homme peut vouloir.