Les inégalités économiques et sociales

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Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Justice sociale et inégalités

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10 % des ménages français avaient un niveau de vie moyen inférieur à 8 000 euros par an en 2009. 30 % des mêmes ménages français ne possédaient que 3% du patrimoine total. Le partage des richesses apparaît particulièrement inégalitaire entre les différentes parties prenantes de la structure sociale. D’où proviennent ces inégalités ? Comment se perpétuent-elles ?

 

Nous pouvons en premier lieu nous demander si les inégalités sont perçues de façons identiques dans toutes les formations sociales.

· Rien n’est moins sûr. Dans les sociétés traditionnelles, comme la société française d’Ancien Régime, les inégalités entre nobles et roturiers pouvaient être le plus souvent acceptées car elles étaient en conformité avec les valeurs et les normes dominantes.

· En revanche, dans les sociétés démocratiques fondées sur l’égalité des droits, les inégalités heurtent la sensibilité citoyenne dans la mesure où, selon la Déclaration des droits de l’homme de 1789, les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les inégalités sont, le plus souvent, repérées dans la sphère économique et au sein de la structure sociale.

 

? Voyons à présent les différentes formes prises par les inégalités économiques dans les pays démocratiques, ceux-là même où a été proclamée l’égalité des droits.

On peut distinguer des inégalités économiques liées au patrimoine, aux revenus et à la consommation. Toujours d’un point de vue économique, on constate également de profondes différences quant à l’accès au marché du travail en fonction de l’âge, du sexe et surtout du niveau de qualification.

 

? Mais les inégalités sont-elles exclusivement de nature économique ?

· Non, les inégalités sont aussi attachées aux rigidités de la structure sociale et à l’inégale répartition des ressources culturelles.

· Prenons l’exemple des inégalités associées à l’espérance de vie en fonction de l’appartenance socioprofessionnelle. À 35 ans, l’espérance de vie des hommes cadres est de 47,2 ans contre 40,9 ans pour les ouvriers.

· On peut également évoquer les inégalités face aux loisirs. 71 % des cadres partent en vacances contre seulement 41 % des ouvriers. Les consommations culturelles, comme le cinéma, le théâtre ou la visite des musées, varient certes en fonction des ressources économiques, mais elles sont surtout déterminées par les dotations en capital culturel mobilisées par les agents sociaux.

· Le plus souvent les inégalités se cumulent et sont liées entre elles. Une faible qualification entraîne de faibles revenus et une épargne modeste, qui interdit, par exemple, l’accession à la propriété de la résidence principale. Un faible niveau de scolarisation rend plus difficile les consommations culturelles, par manque de références livresques ou esthétiques. La culture savante, au sens du sociologue français Pierre Bourdieu, est surtout le privilège de la classe dominante.

 

Quelles sont les origines des inégalités ?

· Les inégalités se manifestent le plus souvent sur le marché, qui en révèle l’existence. Le marché comme institution socioéconomique sanctionne positivement ou négativement le niveau de ressources accumulées par les agents sociaux.

– Le marché des biens et des services est favorable aux individus disposant de moyens financiers leur permettant de satisfaire leurs besoins.

– Le marché du travail favorise celles et ceux qui ont un niveau de qualification susceptible de favoriser leur insertion professionnelle.

– Le marché financier est au service des détenteurs de capitaux.

· L’origine des inégalités révélées sur le marché trouve donc ses fondements dans les stratégies d’accumulation patrimoniale, en termes de capital économique, culturel et social. 

 

En conclusion

Les inégalités constituent un ensemble complexe révélé par le marché. Les inégalités se cumulent le plus souvent entre elles et ont tendance à se reproduire de génération en génération. Il appartient alors à la puissance publique de les réduire par des mesures d’équité favorable à la pérennité du consensus social.