Les nouvelles conflictualités depuis la fin de la guerre froide

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Classe(s) : 1re L - 1re ES | Thème(s) : La guerre au XXe siècle

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Avec la fin de la confrontation Est-Ouest, l’espoir d’une paix durable réapparaît dans les années 1990. Mais de nouveaux conflits et menaces apparaissent. Quels sont-ils ? Comment installent-ils l’impression d’un « nouveau désordre international » ?

 Commençons avec la guerre du Golfe au début des années 1990 : celle-ci fait surgir l’espoir d’un nouvel ordre mondial. Voyons pour quelles raisons.

• Le 2 août 1990, l’armée irakienneenvahit le Koweït. Saddam Hussein, son dirigeant, souhaite en effet dominer le Moyen-Orient. Il convoite l’arme nucléaire et détient, après avoir proclamé l’annexion du Koweït, 20 % des réserves pétrolières mondiales.

• Lesréactions internationales sont immédiates. Les négociations ayant échoué, une résolution de l’ONU autorise une intervention militaire pour restaurer la souveraineté du Koweït. Même l’URSS, ancienne alliée de l’Irak, se range du côté des États-Unis : la guerre froide est bien terminée.

• Le 17 janvier 1991 les États-Unis, à la tête d’une coalition de 29 nations, déclenchent l’opération « tempête du désert ». L’Irak, bombardé, est rapidement vaincu. Il est placé sous embargo et doit détruire ses armes nucléaires et chimiques, sous le contrôle de l’ONU. Les Nations unies semblent avoir retrouvé pleinement leurrôle d’arbitre.

 Les espoirs d’un monde apaisé sont cependant vite déçus par l’émergence de conflits d’un nouveau genre, tel celui qui éclate en Yougoslavie fin 1991.

• Il faut tout d’abord rappeler que la Yougoslavie a été fondée en 1918, à l’issue de la Première Guerre mondiale, dans le but de réunir les Slaves du sud. Elle est devenue un État fédéral en 1946, constitué de six républiques et de deux régions autonomes fermement dirigés par le communiste Tito. Son décès, en 1980, et l’effondrement du communisme, en 1990, déséquilibrent complètement le pays. La fédération éclate alors en cinq États dont les populations sont d’origines ethniques et de confessions religieuses différentes.

• C’est la proclamation de l’indépendance de la Bosnie, en décembre 1991, qui entraîne un déchaînement de violence. Les Serbes engagent alors une politique de purification ethnique contre les Bosniaques, commettant viols, pillages et massacres. Sarajevo devient une ville martyre, assiégée par les milices serbes pendant près de quatre ans. L’Union européenne se montre incapable de mettre en œuvre une solution.

• Les casques bleus de l’ONU, eux,  n’ont pas la possibilité de s’interposer entre les belligérants. Finalement l’OTAN intervient contre les positions serbes qu’elle bombarde en 1994. Des accords sont signés en décembre 1995 à Dayton ; la Bosnie conserve ses frontières mais elle est composée de deux entités : l’une serbe, l’autre croate et musulmane.

 Une autre forme de conflictualité s’exprime avec les attentats du 11 septembre 2001 : celle du terrorisme international.

• Essayons d’abord de comprendre les origines idéologiques de ces attentats. Dans les années 1990, l’islamisme –  un courant de pensée qui défend une pratique religieuse strictement conforme au Coran – se radicalise. C’est notamment le cas dans les communautés émigrées en Occident, confrontées à des difficultés économiques et sociales. Cet islamisme radical prônelalutte contre les États-Unis et leurs alliés. Il s’incarne en particulier dans la nébuleuse terroriste Al-Qaida, fondée en 1987 par le saoudien Oussama Ben Laden, qui recrute des combattants en Afghanistan.

• Le11 septembre 2001, deux avions percutent les tours du World Trade Center qui s’effondrent. Un troisième avion s’écrase sur le Pentagone et un autre attentat, visant sans doute Washington, échoue. Les symboles de la puissance économique et militaire des États-Unis ont été pris pour cible. Le monde est sous le choc. Les États-Unis ripostent en lançant une lutte sans merci contre le terrorisme. Une opération militaire en Afghanistan est lancée avec l’aval de l’ONU et le soutien de l’OTAN dès le mois de décembre.

 Concluons.

• Après l’effondrement du communisme, le renouveau de l’ONU, symbolisé notamment par sa gestion de la guerre du Golfe, laissait espérer un nouvel ordre mondial. Pourtant, de nouvelles menaces pèsent sur le monde : conflits identitaires et ethniques, comme en Yougoslavie, terrorisme islamique depuis le 11 septembre 2001.

• La politique unilatérale, menée par les États-Unis depuis que son territoire a été directement attaqué, ne permet pas d’assurer la stabilité mondiale. Même la mort d’Oussama Ben Laden, annoncée le 2 mai 2011, ne laisse pas envisager une remise en cause du « nouveau désordre international ». Une nouvelle gouvernance mondiale est nécessaire mais elle peine à se mettre en place.