Les territoires dans la mondialisation

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Classe(s) : Tle S - Tle ES - Tle L | Thème(s) : La mondialisation, fonctionnement et territoires - Les territoires dans la mondialisation

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La mondialisation privilégie des lieux, en délaisse d’autres. L’espace mondial est de plus en plus hiérarchisé. Quelle géographie des territoires dessine donc la mondialisation ?

 

 

 

Prenons l’exemple d’un de ces hauts lieux de la mondialisation : Londres.

• Londres est une ville cosmopolite de plus de 13 millions d’habitants. C’est une très grande ville qui concentre des fonctions de commandement de haut niveau et qui polarise un vaste territoire. À l’échelle mondiale, elle dispose de services et d’instances décisionnelles qui en font une ville mondiale de premier rang avec New York ou Tokyo. Carrefour majeur, Londres compte le quatrième aéroport mondial, Heathrow. Grâce au TGV et au tunnel sous la Manche, la ville dispose d’une très bonne liaison avec Paris et Bruxelles.

• L’économie londonienne est fortement tertiarisée : 80 % des Londoniens travaillent dans les services, avec une surreprésentation des activités tertiaires supérieures. Londres est le plus important centre financier du monde, avant New York. La ville concentre aussi des fonctions culturelles et universitaires de premier plan, avec les universités de Cambridge et d’Oxford. Les Jeux olympiques de 2012 ont été une occasion supplémentaire d’attirer les flux internationaux.

• Le paysage de la ville traduit sa puissance et son rayonnement international, en particulier grâce à la City, qui réalise près de 12 % du PIB du pays. La tertiarisation de l’économie et l’intégration à l’économie mondialisée ont amené la construction de nouveaux quartiers d’affaires, dont le plus important est Canary Wharf. Dans le même temps, la ségrégation socio-spatiale s’accroît. Les populations les plus pauvres sont concentrées dans les quartiers les plus mal desservis par les transports, alors que les centres connaissent un processus de gentrification.

Quels sont les pôles et les espaces majeurs de la mondialisation ?

• Au premier rang, on trouve la Triade : Amérique du Nord, Europe occidentale et Asie orientale. Ces territoires contrôlent l’essentiel du pouvoir politique et économique du monde, et cumulent puissance financière, militaire, diplomatique, culturelle et scientifique. Les flux échangés entre ces trois pôles représentent les trois quarts du commerce mondial. Au cœur de chacun d’eux, on distingue des mégalopoles : Mégalopolis américaine, dorsale européenne et mégalopole japonaise, où se trouvent les villes mondiales, à l’image de Londres.

• Le commandement exercé par la Triade est cependant menacé par la montée en puissance des pays émergents, en particulier les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qui comptent plus de 40 % de la population mondiale. Des centres secondaires de la mondialisation se développent : producteurs de pétrole et périphéries fournisseuses de matières premières ou de main-d’œuvre. Mais certains espaces se retrouvent marginalisés, comme les pays les moins avancés, qui attirent peu ou pas d’IDE. Les marges ignorées sont aussi parfois des États au ban de la communauté internationale comme Cuba, l’Iran, la Birmanie ou la Corée du Nord.

• À l’échelle infranationale, on trouve au sommet de la hiérarchie les villes globales, comme New York, Londres et Tokyo. Viennent ensuite des villes mondiales de rang inférieur, comme Paris, Pékin, Singapour ou Chicago. Ces villes mondiales fonctionnent en réseau et forment l’archipel mégalopolitain mondial. À l’inverse, les milieux ruraux isolés ne peuvent bénéficier des effets de la mondialisation : c’est le cas dans la Chine rurale intérieure. On retrouve ce contraste spatial dans les grandes villes des pays en développement, où les populations les plus pauvres des bidonvilles sont peu intégrées à l’économie mondialisée.

 

 

Prenons l’exemple particulier des espaces maritimes, si essentiels à la mondialisation.

• Les espaces maritimes, en raison de leur richesse, sont des lieux très exploités : ressources halieutiques, énergétiques et minières. Le transport maritime est une activité essentielle dans le cadre de l’économie mondialisée. Les autoroutes maritimes voient passer plus de 90 % du commerce mondial. Cette importance du transport maritime a considérablement accru le rôle des façades maritimes et provoqué une littoralisation de l’économie. Cette littoralisation se traduit par la constitution d’immenses zones portuaires, à Shanghai, Singapour ou Rotterdam.

• Les espaces maritimes sont devenus des enjeux capitaux pour les États, qui cherchent à sécuriser les voies commerciales et militaires, et à protéger leurs approvisionnements énergétiques. Les carrefours maritimes et les points de passage obligés les plus stratégiques, en particulier les détroits de Malacca ou d’Ormuz font l’objet de concurrences internationales. Les flottes de guerre des principales puissances les surveillent pour garantir la liberté de navigation, et participer à la lutte contre le trafic de drogue et la piraterie.

• Pour régler les contentieux maritimes, la convention des Nations unies sur le droit de la mer est signée, en 1982, à Montego Bay. Elle détermine, en particulier, la zone économique exclusive. Mais les États-Unis n’ont toujours pas signé cette convention.

 

Quelques idées clés à retenir.

Au total, retenons que la mondialisation hiérarchise le monde en espaces plus ou moins intégrés. La Triade constitue le pôle central de la mondialisation même si l’on assiste à l’émergence de nouveaux pôles compétitifs. Les villes mondiales et les grandes mégalopoles sont les centres d’impulsion de la mondialisation. Enfin, la maîtrise des espaces maritimes, dont dépendent les échanges, constitue un enjeu majeur de puissance.