Quelles sont les différentes formes de réécriture ?

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Classe(s) : 1re L | Thème(s) : Les réécritures

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Quelles sont les différentes formes de réécriture ?

L’essentiel du cours

 

On distingue trois grandes formes de réécriture : l’hypertextualité, l’intertextualité et la métatextualité. Examinons dans le détail ce que cachent ces mots un peu techniques.

L’hypertextualité regroupe la parodie, le pastiche et, de manière plus large, tout texte issu d’une transformation d’un autre texte, que ce soit par imitation, amplification ou transposition.

 

• La parodie (du grec : para- « à côté de » et odê « chant ») emprunte à un genre ses caractéristiques pour s’en moquer. On distingue la parodie de registre burlesque et celle de registre héroï-comique

Dans la parodie burlesque, le modèle est noble, le registre utilisé est bas. Il s’agit souvent de se moquer de grands textes de la littérature en vue de les démythifier.

Dans la parodie héroï-comique, le sujet est prosaïque et on le traite de manière exagérément noble.

• Le pastiche est une écriture « à la manière de », et suppose une étude attentive du style du texte-source que l’on cherche à imiter pour l’appliquer à un autre thème. Proust le pratique de manière explicite dans Pastiches et mélanges.

• Parfois le texte source devient une sorte de matrice à partir duquel le texte second se développe, sans qu’il y ait volonté de parodier ou de pasticher. On parle alors d’amplification. L’exemple type est celui de la réécriture par La Fontaine des fables d’Esope.

 

Après l’imitation ou l’amplification, examinons maintenantles possibilités d’hypertextualité par transposition : elles sont très variées.

 

• On peut transposer un texte d’un genre à un autre. Par exemple, faire une pièce de théâtre à partir d’un récit. Ainsi, les tragédiens français du XVIe et du XVIIe siècle transposent au théâtre les récits bibliques ou les récits des historiens latins et grecs.

• Mais on peut aussi transposer d’un art à un autre. Ainsi la peinture d’histoire retrace les grands récits historiques, mythologiques ou religieux.

On peut également évoquer le cinéma qui s’empare de tous les genres pour les mettre en images. On parle alors d’adaptation.

 

Venons-en maintenant à cette autre forme de réécriture qu’estl’intertextualité et qui regroupe la citation, le plagiat et l’allusion.

• La citation, littérale, est rendue visible par des marques typographiques, les guillemets par exemple.

• Le plagiat, quant à lui, est un emprunt littéral mais qui ne s’annonce pas comme tel : un auteur en copie un autre sans le citer ni y faire allusion.

• L’allusion, enfin, est plus ou moins implicite et non littérale. Elle demande au lecteur une activité de décryptage.

 

Troisième forme de réécriture : la métatextualité.

La métatextualité désigne tout commentaire qui unit un texte à un autre texte sans obligatoirement le citer.

Dans La route des Flandres, roman écrit par Claude Simon en 1960, on reconnaît un commentaire un peu ironique sur Rousseau et sur son œuvre à propos d’un personnage et de ses lectures : « […] le voyant en train de lire […] chacun des vingt-trois volumes de prose larmoyante, idyllique et fumeuse, ingurgitant pêle-mêle les filandreuses et genevoises leçons d’harmonie, de solfège, d’éducation, de niaiseries, d’effusions et de génie […] ».

 

Concluons.

Les formes de réécriture sont très diverses. Mais elles supposent toujours un lecteur capable de tisser lui aussi des réseaux entre les textes et les auteurs.