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La Educación del Rey

Ciné-chroniques

Film argentin de Santiago Esteves

Avec Matias Encinas, German De Silva, Jorge Prado, Mario Jara, ElenaSchnell, Martin Arrojo, Walter Jakob, Marcelo Lacerna, Esteban Lamothe

Sélection Festival de San Sebastian 2017

 

 

Apprentissages diversifiés

 

Diplômé de l’Université de Cinéma de Buenos Aires, réalisateur de plusieurs courts-métrages primés puis monteur de longs-métrages, Santiago Esteves a estimé, à juste titre, qu’il serait temps de passer à la réalisation de son long-métrage. C’est chose faite. On ne peut pas dire que Reynaldo, le jeune délinquant de La Educación del Rey, ait suivi le même parcours. Comme nombre d’adolescents des quartiers défavorisés de Mendoza, il fait partie d’une bande de marginaux qui voit dans le vol le seul moyen de survie à leur portée. Un soir, l’opération tourne mal et, après une poursuite où il arrive à planquer son butin, Reynaldo tombe dans le jardinet d’un couple de retraités qui le cueille dans une serre qui s’est effondrée sous son poids. Mais, au lieu d’appeler la police comme le souhaite sa femme, Carlos décide de le garder afin qu’il répare les dégâts occasionnés, entre autres : car son véritable projet est de (re)prendre l’éducation de Rey(naldo) en mains.

Une des principales qualités de ce film réside dans l’évolution imprévisible de ce scénario qui échappe aux normes. Quand on voit le paisible Carlos enseigner l’usage des armes à feu au candide Rey, on se demande de quoi il est retraité : flic ou voyou ? Cette pédagogie imprévue lui permet surtout d’échapper à l’ennui de la retraite en lui redonnant une activité qui le ranime et rend service à son timide cambrioleur qui est bien trop vulnérable pour s’engager désarmé dans le banditisme, surtout que rien n’indique que la police locale n’est pas complice de ces délits. Par contre, restaurer les dégâts occasionnés à la serre, voilà un job digne d’intérêt et plein d’avenir. D’abord surpris par l’attitude insolite de Carlos, Rey va finir par se soumettre et même, peut-être, y prendre goût. Comme souvent, je n’en dirai pas plus afin de protéger la découverte de cette histoire aux futurs spectateurs qui ne devraient pas être déçus : c’est si rare un film original.

Henri Lanoë
Cinéchronique.com

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