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Le Christ aveugle

Ciné-chroniques

Film chilien de Christopher Murray
Avec Michael Silva, Bastiàn Inostroza, Ana Maria Henriquez, Mauricio Pinto, Gonzalo Villalobos
Sélection aux Festivals de Venise 73, San Sebastiàn, Cinelatino Toulouse

            

Une foi n’est pas coutume

 

Diplômé de l’Université catholique du Chili, section audiovisuelle, Christopher Murray a réalisé en 2010 un premier long-métrage quasi documentaire, Manuel de Ribera, décrivant l’existence d’un homme solitaire, venu habiter dans une petite île proche d’un village de pêcheurs en tentant d’établir des liens avec la nature et son environnement. Avec Le Christ aveugle, il poursuit sa recherche sur certains comportements humains qui le fascinent comme, par exemple, la foi qui échappe aux raisonnements rationnels mais nourrit toutes les religions (et les choix politiques !). Son scénario décrit la traversée d’une pampa chilienne désertique par Michael, un jeune mécanicien convaincu d’avoir reçu une révélation divine et qui croit pouvoir accomplir un miracle en allant guérir un ami d’enfance gravement blessé. A l’issue de ce long pèlerinage vers cette région aride, il découvre des paysans qui adoptent, dans l’attente du miracle annoncé, ce nouveau Christ venu les soulager d’une vie trop rude. Cette croyance naît spontanément et ne doit rien à l’influence de l’Eglise puisqu’il n’y a même plus de prêtre dans ce village. Michael ne délivre aucun précepte, il est seulement à l’écoute des autres : « La Foi ? c’est le son qui comble le vide » dit l’un d’eux.

 Ce phénomène de naissance imprévue de la foi mythique intrigue Christopher Murray qui, bien que diplômé d’une Université catholique, fait preuve d’une totale absence de prosélytisme. Même les sceptiques irréductibles pourront apprécier son récit, d’autant plus que Michael, prudemment, ne mènera pas sa tentative jusqu’à la Crucifixion suivie une Résurrection hypothétique. A l’exception du fascinant Michael Silva dans le rôle principal, ce film n’est interprété que par des acteurs non professionnels qui donnent une réelle authenticité à ce scénario original, fruit d’une longue collaboration entre les villageois et le réalisateur. En outre, cette intéressante parabole se déroule dans des lieux superbement photographiés où le vent, une brise musicale et…le silence, constituent une subtile bande sonore.

Henri Lanoë
Cinéchronque

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